‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 190 sur 244 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

durant un modèle accompli de vertu pour ses compapagnes, elle mourut en odeur de sainteté.

En i629, Marie de Flores, devenue veuve, entra au couvent de Sain te -Catherine, y fit profession et y termina sa vie. La dot exigée pour être admise dans le* monastère était de quatre mille livres d'argent, mais la fondatrice avait établi que, par exception, on y recevait gratuitement quelques personnes de mérite privées de fortune. La mère de Rose jouit la première de cette exemption; en prenant le voile elle se souvint des paroles que lui avait adressées sa fille alors qu'elle la traitait de fausse prophétesse.

Quarante années après la mort de notre sainte, le couvent comptait plus de deux cents religieuses, et Ton pouvait dire en toute vérité que l'esprit de saint Dominique et de sainte Catherine de Sienne régnait dans cette paisible demeure. Les personnes qui l'habitaient étaient réellement les roses et les lis destinés à arriver au ciel par la voie de la croix et à former une immortelle couronne au Seigneur, ainsi que Rose l'avait annoncé à la suite de ses visions '.

Retournons maintenant à cette aimable sainte* Longtemps avant la fondation du monastère dont il vient d'être question, Catherine de Sienne était en haute vénération à Lima. On y avait établi, en son honneur, une confrérie très-nombreuse, et trois fois

* Bolland., /. c, ch. xxv, p. 970 et suiv. — Gonzalez, ch. xviii, p. 68 et suiv. — Ott, ch. xxv, p. 193 et suiv.

Le peuple de Lima désignait indifféremment le couvent sous le nom de Sainte-Catherine et sous celui de Sainte-Rose.

par an la statue de la sainte était portée processionnellement dans les rues de la ville \ En ces occasions on décorait magnifiquement Fimage, et tant que Rose vécut la confrérie la chargea de cette décotation, car personne n'y réussissait comme elle. Les dames de Lima lui prêtaient leurs colliers et leurs bijoux pour rehausser l'éclat de la solennité, et pendant que la sainte ornait la statue de sa chère maîtresse^ elle la couvrait de baisers, répandait des larmes d'attendrissement et lui adressait fréquemment la parole. Un jour on l'entendit qui lui disait à demi-voix : c< Mère bien aimée, si je possédais quinze ou seize doublons, je serais si heureuse de vous parer d'une belle robe blanche ! » Ces mots venaient d'être prononcés, lorsque arriva la servante de Hieronima de Gama, noble dame de la cité; elle remit à Rose un billet cacheté de la teneur suivante : « Que Dieu vous bénisse, ma chère )» enfant; je pense que vous êtes occupée à décorer » l'image de notre vénérée patronne , je vous adresse » ci-inclus seize doublons, afin que vous les employiez » de la manière qui vous semblera la plus convenable » en son honneur. » — « Oh ! très-aimable Jésus , s'écria Rose, après avoir achevé la lecture, vous êtes le plus fidèle des amisi » Puis elle acheta un magnifique satin blanc dont elle revêtit la statue*.

En une autre occasion la sainte faisait ^es préparatifs pour la procession. Elle cousait le scapulaire de Cathe-

* Bolland., /. c, ch. xx, p. 954 et saiv. — Gonzalez, eh. xir, p. 55, 56. — Ott, ch. XX, p. 152 et soiv.

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