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CHAPITRE DIX-HUITIÈME

«Ayez boa courage, j'ai .vu à l'instant une lumière

» très-brillante qui brûle pour vous devant les saints

» tabernacles. » La lumière dont parlait le père.n'était

autre que Rose ; prosternée en présence du Seigneur,

elle implorait la guérison de son directeur. Bientôt

après, le père sacristain entra dans la cellule du

malade, chargé de lui annoncer de la part de la

sainte que la santé lui serait rendue , et que Notre-

Seigneur voulait encore se servir de lui sur la terre.

Dès le lendemain Barthélémy Martinez put reprendre

ses occupations habituelles.

Louis de Bilbao, qui avait dirigé pendant quatorze

ans laconscience de Rose, gisait malade d'une fièvre

tellement opiniâtre que les médecins, désespérant de

le guérir, ne lui donnaient plus de remèdes. Presque

privé de l'usage de la voix, ce fut avec peine qu'il

chargea l'individu qui le soignait d'un message

pour Rose. Il désirait que notre sainte lui fît savoir

Irancliement si sa maladie allait à la mort, et que

dans ce cas elle le soutint de ses prières au moment

du redoutable passage. Il lui demandait cette faveur

au nom de la confiance filiale qu'elle lui avait toujours

témoignée. Rose répondit à l'envoyé du religieux dans

les termes suivants : « Il est toujours salutaire de pen-

» ser à la mort et de s'y préparer, mais le révérend père

)> ne mourra pas de cette maladie; il prêchera à la fête

» prochaine du Rosaire. Je vais lui envoyer mon mé-

» decin ; qu'il le place auprès de son lit , qu'il le regarde

» souvent, l'invoque, et ne doute pas de sa guérison. »

Le médecin dont parlait la sainte était unei^harmante

statuette de TEnfant Jésus, «ciselée en bois, et qu'elle aimait beaucoup. Louis de Bilbao ajouta foi aux paroles de Rose et fut promptement rétabli. Toutefois il ne pensait pas prêcher à la fête du Rosaire, car le provincial Gabriel de Zarate devait faire le sermon. Mais le père Zarate tomba malade trois jours avant le sermon et chargea Bilbao de le remplacer.

Vers la même époque, un certain Juan de Solto entra au noviciat des dominicains de Lima; au bout d'un certain temps, on reconnut qu'il était sujet à des attaques d'épilepsie, et Pierre de Loaysa, le maitre des novices, se préparait à le renvoyer. Tout ceci se passait dans le plus profond secret ; cependant au jour fixé pour le renvoi deSotto, Rose arriva avant le lever du soleil à l'église des dominicains, et pria le sacristain de faire venir immédiatement les pères prieur et Loaysa. Ils se rendirent à l'appel de la sainte , fort surpris de recevoir sa visite à une heure aussi indue ; leur étonnement augmenta lorsqu'ils en connurent le motif: elle venait les supplier de jjfi pas renvoyer le novice. L'un des pères lui répondit assez sèchement que Sotto ne pourrait être admis à faire profession. « Votre dessein est opposé à celui de Dieu , » dit alors Rose avec calme; Sotto guérira, fera » profession et deviendra un sujet d'édification pour » l'ordre par la sainteté de sa vie. » Tout ce qu'elle avait annoncé s'accomplit.

Trois pieuses sœurs, que nous avons eu occasion de nommer déjà, Philippa, Catherine et Françoise de Montoya, étaient amies d'enfance de notre sainte.

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