‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 209 sur 244 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

ancienne cellule, qui lui resta chère tant qu'elle vécul. Quand elle en sortait, elle exprimait naïvement son regret de ne pouvoir se retirer dans un désert, au fond d'une grotte ignorée du monde enlier, comme les anciens solitaires de la Tbébaïde, auxquels elle portait une sainte envie. Semblable encore sous ce rapport à sa maîtresse Catherine de Sienne, Rose eût voulu ne vivre que pour le Bien-aimé de sou cœur* !

Les directeurs de la sainte, comprenant qtie la fréquente communion était un besoin impérieux pour cette âme embrasée de l'amour du Seigneur, l'avaient autorisée depuis longtemps déjà à s'approcher tous les jours du banquet eucharistique. Rassasiée surnaturellement par l'aliment divin, Rose n'avait besoin pour ainsi dire d'aucune autre nourriture. Parfois elle restait des semaines entières sans rien prendre; dans l'habitude de la vie, elle se contentait d'une ou au plus de deux bouchées de pain par jour.

Nous avons eu occasion de parler déjà des sentiments avec lesquels Rose recevait la très-sainte eucharistie. Ces sentiments, avons-nous dit, se manifestaient extérieurement par l'éclat extraordinaire du visage de la sainte, il devenait en quelque sorte diaphane, et autour de sa tête apparaissait une brillante auréole. Son confesseur lui ayant demandé, durant les dernières années de sa vie, ce qu'elle éprouvait en

* Boliand., /. c./ch. ix, p. 926, — Gonzalez, op, c, ch. vu, — Ott, op, c, ch. IX, p. 74.

communiant : « Il me semble, lui répondit-dte avec » l'expression de la joie la plus intime , il me seinlMe «que le soleil- descend dans mon cœur pour rillumi- » ner et le pénétrer djB ses rayons* Car, de même que » Tastre du jour éclaire et réchauffe la nature entière, » fait naître les fleurs et les fruits de la tçrre et les 3» perles de la mer, de môme qu'il enrichit de teur » parure les montagnes et les plaines, de même qu'il )) réjouit les plantes, les animaux et les oiseaux du » ciel , de même la très-sainte présence du corps de » Notre-Seigneur Jésus-Christ vivifie et anime tout M mon être et le remplit d'une joie que la parole 7> humaine est impuissante à exprimer*, n

Rose, après son entrée chez les de la Massa, se

"^rendait à l'église des dominicains dès l'aube, pour

la première messe, puis elle assistait dans le plus

profond recueillement à toutes celles qui s'y célébraient

jusqu'à l'heure de midi.

Notre sainte rendait honneur aux espèces consacrées, alors même qu'elle ne pouvait pas les voir. Quand elle en entendait parler, elle ne manquait jamais de s'incliner profondément; lorsque la cloche des églises annonçait le moment de la consécration, les battements accélérés du cœur de Rose et l'expression de son visage indiquaient ce qu'elle éprouvait. Toujours assidue à la prédication de la parole de Dieu, elle redoublait d'attention quand te sermon roulait sur l'eucharistie, et on a remarqué en maintes occasions

' BoHand., /. c., <;h. xxi, p. 957: — Ottj op. c, ch. xxi, p. 162.

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