CHAPITRE VINGT. DEUXIÈME
» que je lave mes péchés pour trouver grâce devant » vous ! »
Souvent aussi elle s'adressait au crucifix qu'elle tenait constamment serré sur son cœur et lui disait ^ : « mon adorable Jésus, lorsque autrefois je vous sup- » pliais de m'envoyer des douleurs , je croyais que )) vous m'en destiniez de semblables à celles qui me » sont depuis longtemps connues , mais vous m'en » accordez d'autres : bénies soient votre libéralité et » votre miséricorde 1 »
Quelqu'une des personnes qui l'entouraient lui ayant exprimé une profonde compassion au sujet de la paralysie qui avait envahi la moitié de son corps, elle lui répondit d'un air enjoué et sur le ton de la plaisanterie* : « J'avais exprimé il y a quelque temps au » Seigneur le désir d'accueillir et d'élever un petit » orphelin, afin de l'envoyer annoncer l'Évangile aux » idolâtres, et Dieu a jugé à propos de m'en donner » deux, je porte l'un sur mon pied, l'autre sur mon » bras gauche, y a-t-il de quoi se plaindre ? »
Rose ne demanda qu'une chose à son céleste Époux, à savoir, de modérer un peu ses épouvantables maux de tète, car elle craignait qu'ils ne finissent par lui enlever l'usage de la raison. Elle fut exaucée et conserva jusqu'au dernier moment la parfaite lucidité de son esprit, parfois seulement elle eut de profonds éva-
* Bolland., /. d, ch. xxvii, p. 960 et suiv. — Gonzalez^ op, c, ch. XXI, p. 73 et suiv. — Ott, op, c, ch. xxvn, p. 221 et suiv.
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434 SAINTE aOSB DE LIMA.
Qûuissements; ceux qui rentouraient^sa mè^esurtout^ crurent qu'elle dormait et voulurent voir dans ee pré- (andii somoieil un Bymptâme d'amélioration. Marie de Flores exprima cet espoir à sa fille. Mais Rose, convaincue de sa mort prochaine , lui dit avec une douce compassion : « Non, ma mère, je n'ai pas dormi e| le » sommeil n'approchera plus de mes paupières; je ne » suis pas éloignée du but) — avant d'y arriver il » faut que je vide jusqu'à la dernière goutte le calice » que m'a préparé mon Bien-aimé. »
A tous les maux qu'endurait notre sainte vint s'ajouter une soif ardente, inextinguible et semblable à pelle que Jésus avait soufferte sur le Calvaire. Elle regarda Marie de la Massa d'un œil voilé par les larmes» et lui demanda un peu d'eau, disant que du fiel et du viupigrie lui paraîtraient doux si elle en pouvait avoir. Marie, bien que saisie de pitié, lui répondit qu'elle ne pouvait céder à son désir, les médecins ayant défendu formellement de lui donner à boire. Rose lui rappela la promesse qu'elle lui avait faite quatre mois auparavant 9 et son amie ayant persisté dans ses refus, il ne lui resta plus qu'à s'écrier de sa langue desséchée, comme le Sauveur, dont elle partageait les douleurs : a J'ai sôif^ 1 »
Cependant les symptômes d'une fin prochaine commençaient à se manifester'. Rose en éprouvait une
* Bolland., /. c, ch. xxvii, p. 973 et snîv. — Gonzalez, op. c, ch. xlx, p. 73 et suiv. — Ott, ch. xxvii, op. c, p. 221 et suiv.
* Bolland., /. c, ch. xxviii, p. 981 et suiv. — Gonzalez, op. e., L c, — Ott, op. c, ch. XXVIII, p. 227 et suiv»