‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 225 sur 244 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

s'occupa en aucune façon des derniers devoirs à rendre à son corps * .

Les douleurs physiques de Rose augmentaient d'heure en heure; elle les supportait avec un courage héroïque et s'écriait* : « Coupez, brûlez, broyez, » Seigneur; ne m'épargnez pas, j'en mériterais davan- » tage encore. » Un pieux prêtre, placé à côté d'elle, lui dit pour la consoler: a Vous voyez déjà devant » vous le terme de vos maux; votre âme, purifiée par » la souffrance, va se réunir pour l'éternité au céleste » Époux. — Oui , mon père , se hâta de lui répondre » Rose, c'est pourquoi je le supplie de ne pas me don* » ner de relâche ici-bas. »

On voyait qu'à mesure que le corps de la sainte approchait de la dissolution , son âme devenait plus forte et plus joyeuse. Les ravissements devenaient aussi plus fréquents et plus doux. Revenant d'une de ces extases, elle dit au P. François Nicelo, qui veillait auprès d'elle • : « mon père , s'il me restait plus de » temps, j'aurais à vous raconter des choses ineffables » de l'éternité et de la douceur infinie de Dieu. Je pars » le cœur plein de joie; je m*élance vers le ciel » pour jouir à jamais de la présence de Celui que j'ai » toujours cherché ici-bas. »

Marie de Flores se trouvait à côté de sa fille expirante ; mais son époux, malade lui-même, n'avait pas

*• Bolland., /. c, eh. xxyiii, p. 981 et suiv. — Gonzalez, op, c, l. c. — Ott, op. c, ch. XXVIII, p. 227 et suiv.

2 Ibid.

3 Ibid.

pu venir. Rose supplia (]u'oti le chercliàt^ car elle ne voulait quitter la terre que munie de la bénédiction de 069 parents. On porta Gaspard de Flores à la maison de la Massa; lorsqu'il vit sa fille ^ il fondit en larmes; il y eut un moment de silence solennel. Rose, saisissant les mains de son père, les baisa avec res* pect et lui dit ' : u Je vais quitter la vie terrestre que )i vous m'avez donnée ; — placée sur le seuil de »rétemité, j'implore votre dernière bénédiction. » Après l'avoir reçue, et celle de sa mère ensuite, elle voulut avoir aussi celle de Gonzalve et de Marie de la Massa ^ auxquels elle avait voué une affection filiale^ Elle fit alors approcher deux de ses frères, et, d'une voix très-émue^ elle leur recommanda d'aimer, de respecter et de servir très -fidèlement leurs père et mère. Ensuite elle appela les deux filles cadettes de Gonzalve 9 que leur innocence lui avait rendues particulièrement chères, et leur adressa une très-touchante exhortation sur la crainte de Dieli^ sur l'obéissance et la soumission que des enfants chrétiens doivent aux auteurs de leurs jours. Enfin elle donna d'admirables conseils aux serviteurs de la maison. c< Ce n'était pas une femme qui parlait, — dit le pre« » mier historien de la sainte; — on croyait entendre )> un apôtre. »

La parfaite lucidité de Rose fit croire au P. de Lorenzana qu'elle passerait encore la nuit. Il était huit heures du soif, vigile de là fêle Ae saint. Barthélémy. Le père

* Bolland., /. c, ch. xxviii, p. 981 et suiv. — Gonzalez, op. c, l, c, — Ott, op. c, ch, xxviii, p. 227 et suiv.

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