‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 235 sur 244 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME. m

solennel se fit, personne ne voulait perdre un mot du panégyrique de Rose. Bilbao rappela en paroles éloquentes sa vie pure et mortifiée^ il peignit cette innocence parfaite conservée depuis le baptême jusqu'à la mort et que jamais le péché n'avait ternie; il parla de la charité et des œuvres de pénitence de celle que tous proclamaient sainte, des lumières extraordinaires et des grâces exceptionnelles dont le Seigneur l'avait comblée, et de son amour séraphique pour Dieu. Pen<dant la durée du sermon des larmes coulaient de tons les yeux, et toutes les fois que le prédicateur prononça le nom chéri de Rose chacun inclina la tète en signe de respect'.

Lorsque Bilbao fut descendu de la chaire, Turrjbius s'approcha du catafalque et donna l'absoute. Puis le provincial des dominicains et les autres chefs d'ordre enlevèrent le cercueil, et en présence de la cour et des autorités de la ville, ils le déposèrent dans un caveau pratiqué à la droite du maître-autel. L'inté-» rieur de ce caveau était entièrement doré, il fut entouré extérieurement d'un fort grillage, également doré, et disposé de façon que l'on p4t voir le cercueil, mais non s'en approcher.

La confiance du public en Rose de sainte Marie grandit encore après cette translation. L'affluence des fidèles qui venaient prier auprès de son tombeau et y suspendre des eœ-voto devint tellement considérable

^ Rolland., i. c», Gloria poMwma, $ 3, p. 987 et soiv. — Gonzalez, op. c, cb. xx, p. 80 et suiv. — Ott, op. c, ch. xxx, p. 246 et suiv.

que souvent il en résultait de l'embarras pour les prêtres qui officiaient au mattre-autet. Il fut décidé qu'on transporterait le cercueil dans un autre lieu , et on désigna la chapelle de sainte Catherine de Sienne. C'était là que Dieu voulait que les restes de son humble servante fussent définitivement placés '•

Cependant le saint-siége, instruit des merveilles qui avaient accompagné la vie et la mort de Rose et des miracles nombreux qui s'opéraient à son tombeau, envoya à l'archevêque de Lima un bref pour ordonner une enquête à ce sujet. L'audition des témoins, qui étaient au nombre de cent quatre-vingt-trois, commença le 17 mai 1630; elle fut plusieurs fois interrompue et se termina au mois de mai 1632*. Suivant Tusage, on procéda ensuite à un nouvel examen des reliques. Jean de Texeda et Jean de Vega, docteurs en médecine, Aloyse de Molina, chirurgien, Jean de Velanzuela et Barthélémy de Tincio , secrétaires de la commission ecclésiastique , en furent chargés. L'examen eut lieu en présence du P. Gabriel de Carrate, provincial des dominicains. Les vêtements de Rose tombaienten poussière; ses os, parfaitement intacts, étaient couverts de chaijr desséchée. L'odeur balsamique était la même que lors de la première ouverture d u cercueil .

Les examinateurs se rendirent aussi au clottre où se trouvait le premier tombeau de Rose ; ils savaient

* Rolland. , /. c, Gloria posthuma, § 3 , p. 987 et suiv. — Gonzalez, op. c, ch. xx, p. 80 et suiv. — Ott, op. c, ch. xxx, p. 246 et suiv.

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