‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 28 sur 244 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

dilions disent que, sous ce prince, l'empire avait une étendue de mille lieues du nord au sud. Yupanqui bâtit la célèbre forteresse de Guzco.

Tupac-Yupanqui, fils et successeur du précédent, dirigea contre le royaume de Quito, alors encore indépendant, une expédition qui avorta, mais qui ouvrit la route de cette magnifique contrée à Huayna- Capac, douzième souverain de la race des Incas.

Le royaume de Quito, riche et civilisé, mais hérissé de montagnes aux cimes gigantesques, couvertes de neiges aussi anciennes que le monde, était de Taccès le plus difficile ' .

Sa capitale , située à une prodigieuse hauteur, aux pieds des redoutables volcans de Pichincha et de Cotopaxi, jouissait d'un climat incomparable, bien qu'elle fût au centre de la zone torride. Sa position élevée lui assurait un printemps étemel. Elle dominait une superbe vallée, large de cinq à six lieues, peuplée de nombreux villages, admirablement cultivée et entrecoupée d'une fdule de ruisseaux qui se réunissaient pour former une rivière. Les fleurs et les fruits couvraient toujours à la fois les arbres de cette vallée, affranchie des ardeurs brûlantes de l'été et des frimas de l'hiver; en un même espace, on voyait le cultivateur occupé à recueillir, à semer ou à travail-

^ Yelasco, dans son Histoire du royaume de Quito, traite des rois de Quito et de la civilisation de ce pays avant la conquête par les Incas. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails étrangers au sujet qui nous occupe, et nous nous bornons à renvoyer nos lecteurs à cet intéressant ouvrage, publié dans le Recueil de Ternaux-Gompans.

1er soii champ; les récoltes se succédaient sans inter*> ruption sur ce sol privilégié.

De graves inconvénients lialançaient ces avantages. Des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des orages accompagnés de pluies torrentielles mena-» calent fréquemment d'une complète destruction ki capitale et les bourgades du pays, et engendraient des fièvres épidémiques. Toutefois la Providence avait placé le remède à côté du mal, car Tarbre de quinquina , le plus efficace des fébrifuges, croissait dans cette partie de T Amérique.

Malgré Téchec subi par son prédécesseur, Huayna-« Capac résolut de se rendre maître du royaume de Quito et d'ajouter ce magnifique fleuron à la couronne desincas. U eut affaire à de redoutables et intrépides adversaires, qui défendirent leur terrain pied à pied; mais, après trois ans de luttes, Quito se soumit à lui. Huayna réussit à se faire aimer de ses nouveaux sujets et à leur rendre chère la domination péruvienne par la justice el la douceur de son administration et par une générosité qui ne se démentit jamais. Garcilassa de la Yega dit, en parlant de lui, que dès les pre-^ mières années de son gouvernement les populations de rem{Hre le vénéraient comme un dieu.

L'Inca, après sa victoire, fit fabriquer une chaîne d'or longue de six à ^pt cents pieds, et qui servit à exécuter certaines dansés très-soIennelles* Au moment où on la terminait naquit le fils aîné de Fempereur, qui, pour cette raison, fut nommé Huascar (chaîne).

Huayna-Gapac, pour mieux s'assurer la possession^

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