‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 32 sur 244 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

tenait presque tout l'espace compris entre les deux murs parallèles du temple \ A droite et à gauche de la représentation du dieu se trouvaient les corps des souverains défunts, rangés par ordre de dates, et si bien embaumés qu'ils semblaient vivants*. Assis sur des trônes d'or, ils avaient le visage dirigé vers l'entrée du sanctuaire; HuayQa^Capac seul, le plus vénéré des descendants de Manco-Capac, à cause de ses grandes qualités, était tourné du côté de l'autel. »

Tout auprès du temple on voyait la demeure des prêtres chargés de le desservir. Une plaque d*or, large de cinq pieds, en ornait le faite dans son pourtour.

Cinq grands pavillons carrés, surmontés de toite pyramidaux, s'élevaient autour du cloître des prêtres. Le premier, dédié à la lune, femme du soleil, était entièrement revèlii à l'intérieur de plaques d'argent, et sur son autel on admirait la lune représentée par , un disque de ce métal , sur lequel on avait gravé un visage de femme ^ Les corps embaumés des reines

' Lors du pillage de Cuzco, Timage du soleil,, qui valait une somme énorme, échut en partage à un Espagnol; il la perdit le même jour au jeu de dés.

^ Aussitôt que Flnca régnant mourait, on déposait ses entrailles dans le temple de la ville de Tampu, h cinq lieues de Ciizco^ on embaumait son corps, et on le transportait très-solennelle* ment au temple du soleil , où on lui offrait des sacrifices comme à une divinité. Habituellement ses serviteurs les plus aimés et ses femmes se irisaient enterrer vivants pour aller le rejoindre dans un monde meilleur. Le deuil national durait un an.

eo LE PÉROU.

décédées se trouvaient rangés autour de la sainte image.

On vénérait l'étoile chevelue (Vénus), les pléiades et les autres constellations, attachées au service de la luncy dans le second pavillon.

Le troisième, dans la décoration duquel For avait été prodigué avec une somptuosité inouïe, était consacré au tonnerre et aux éclairs; on adorait l'arcen-ciel dans le quatrième, et le cinquième servait de sacristie et de salle de délibérations au sacerdoce.

Pour ajouter à la magnificence du temple du soleil et de ses dépendances, on les avait entourés d'un merveilleux jardin où l'on admirait les arbres, les plantes et les fleurs du pays, représentés en métaux précieux ciselés et émaillés avec un art infini.

La demeure des vierges consacrées au dieu du jour, voisine des édifices que nous venons de décrire, les égalait par la richesse de ses ornements. On y remarquait, entre autres, des salles de bain aux cuves et aux tuyaux d'or et d'argent.

Ces vierges, toutes filles d'Incas, étaient au nombre de quinze cents et spécialement chargées de l'entretien du feu sacré et des détails du culte du soleil. Sévèrement cloîtrées, elles n'avaient jamais de communication avec l'extérieur; le souverain régnant, seul entre tous les hommes, pouvait pénétrer duns leur demeure. Mais il usait fort rarement de ce privilège, et d'habitude il chargeait la reine, ou quelque princesse du sang, d'aller visiter de sa part celles qu'on nommait les vierges choisies. Celles-ci faisaient en

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