‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 33 sur 244 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

entrant dans le cloitre le vœu de virginité perpétuelle; la loi condamnait à être enterrée vive celle qui aurait manqué à son engagement; en outre, son complice et toute la famille de ce dernier encouraient la peine de mort ^ Mais la tradition , confirmée par les anciens auteurs espagnols, assure que jamais le crime que cette loi cruelle était destinée à punir n'a été commis dans le monastère des filles du soleil à Guzco. Outre les fonctions importantes que ces vestales remplissaient dans les cérémonies du culte, elles s'occupaient dans rintérieur de leur maison de divers travaux de femme; elles filaient, elles tissaient et confectionnaient des vêtements destinés soit au souverain, soit à être distribués par Tlnca a des hommes qui se distinguaient par une conduite exemplaire ou par des actions d'éclat utiles à la patrie. Cinq cents jeunes vierges, également de race inca, faisaient le service des vestales; les ustensifes de la maison, depuis les plus relevés jusqu'aux plus vulgaires, étaient d'or ou d'argent, et dans le jardin du monastère on

* Outre le cloître des vierges du soleil , dont nous venons de parler, il y avait dans Tempire un grand nombre de maisons organisées à peu près d'après le même plan , et dans lesquelles on recevait des filles de toutes les classes. Les Incas ne se faisaient aucun sérupule de pénétrer dans les cloîtres autres que celui de Cuzco et d*y choisir leurs concubines. Ces sortes de faveurs du monarque étaient considérées comme un honneur insigne pour celles qui en devenaient Tobjet et pour leurs familles. Toutefois ce droit ne s'étendait pas au delà de la personne de Tlnca régnant : la vierge qui aurait eu un commerce avec tout autre que le souverain encourait , ainsi que son complice, les sévérités de la loi.

admirait les mêmes magnificences que dan<^ celui du temple.

On désignait sous le nom d' Yntip^Raymi ou de Raytni, la principale des fêtes qui se célébraient en rhonneur du soleil dans les lieux que nous venons de décrire; elle avait lieu au mois de juin. Les grands de Tempire se rendaient à cette occasion à la capitale. On se préparait à la solennité par trois jours du jeûne le plus sévère, durant lesquels on n*allu« mait pas de feu dans la ville, et par une sorte de con-^ fession que les hommes faisaient aux prêtres, les femmes à d'autres femmes. Tout rapport entre mari et femme était complètement interdit pendant ce même temps. La veille de la fêle, tes prêtres incas disposaient toutes choses pour les sacrifices du lendemain, et les vierges du soleil employaient la nuit à préparer certains petits gâteaux, composés de miel et de fleur de ferine, nommés cancu, à faire diverses liqueurs et à apprêter les viandes qui devaient être mangées par la famille des Incas.

Au point du jour, le monarque, revêtu des insignes de sa dignité, mais pieds nus, se rendait à la grande place de Cuzco. Une longue procession le suivait : elle se composait des princes du sang, des grands de l'État , des curacas ou gouverneurs de provinces et des représentants des diverses nationd qui composaient l'empire. Tous ceux qui prenaient part à la procession marchaient pieds nus, mais ils portaient d'ailleurs des vêtements aussi riches que bizarres. Les uns étaient couverts de peaux de

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