‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 35 sur 244 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

sacré; la garde en était confiée aux vestale?; elles l'entretenaient avec soin jusqu'au Raymi prochain.

Les neuf journées suivantes se passaient en banquets, en festins, en réjouissances, en danses, en pantomimes grotesques et en représentations théâtrales.

Outre la fêle de Raymi, oh en célébrait trois autres à Cuzco en l'honneur du soleil. Deux de ces fêtes n'offraient rien d'extraordinaire; la troisième , destinée à écarter les maladies et les différents fléaux, et nommée Citu, avait ses rites particuliers.

On s'y préparait par un jeûne de vingt-quatre heures. Durant la nuit qui précédait la solennité, on pétrissait des petits pains ronds, dans la moitié desquels on faisait entrer du sang de jeunes garçons âgés de cinq ans au moins et de dix au plus. Pour l'obtenir, on pratiquait aux enfants une saignée entre les deux sourcils. Tous ceux qui avaient jeune se lavaient soigneusement quelques instants avant le lever du soleil; puis, prenant un des pains mêlés de sang, ils s'en frottaient dévotement toutes les parties du corps afin de le purifier. Le chef de chaque famille, se munissant ensuite d'un morceau de cette même pâte, en enduisait la porte de sa maison donnant sur la rue et l'y laissait attaché, pour prouver aux passants que sa demeure avait été sanctifiée.

Les prêtres accomplissaient les mêmes cérémonies

au temple, au couvent des vestales, et à Huanacauri,

autre sanctuaire du dieu du jour, situé à une lieue

de la capitale et très-vénéré des Péruviens, parce que

Manco-Capac s'y était arrêté avant la fondation de

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Cuzco. Le plas âgé des oncles do souverain exécataîl les rites prescrits, au palais de l'Inca.

Au moment du lever do soleil, la popoiation de Cazco se prosternait et suppliait l'astre divinisé de détourner le» calamités qui pouvaient menacer la ville, puis chacun mangeait un morceau du pain pétri la veille, sans mélange de sang. An même moment, un membre de la famille des Incas, richement vêtu, ayant sa robe retroussée autour du corps, et tenant une lance garnie de cercles d'or et de plumes de conteurs variées, sortait du fort de Cuzco et descendait de la colline de S€iC8(ûiuamain en qualité de courrier du soleil. Il brandissait sa lance d'un air menaçant; quatre Incas pareillement vêtus et armés se réunissaient à lui à la grande place; il touchait lears lances de la sienne et lenr ordonnait, de la part du dieu du jour, de chasser toutes les maladies et tous les fléaux, de la capitale et de ses environs. Les quatre Incas se mettaient aussitôt en course, en suivant les quatre rues principales de Cuzco; à on quart de lieue de la ville, ils trouvaient (^atre autres Incas, qui les relayaient et qui, après un quart de lieue de marche, étaient remplacés à leur tour. Ce même manège continuait jusqu'à ce qu'on fAt arrivé à six. lieues dans toutes tes directions. Les derniers messagers plantaient leurs lances en terre pour fixer aux malheurs publics une infranchissable barrière. Les habitants de Cuzco se portaient sur le passage des courriers célestes, les saluaient en jetant de grands cris, en se frottant de la tôte aux pieds et en

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