CHAPITRE PREMIER
et leur petit volume ne les rend pas propres à la navigation. Au contraire, d'immenses fleuves, grossis par de gigantesques affluents, sillonnent en tous sens les contrées situées à Test des Andes et vont se déverser dans rocéan Atlantique*
M. de Humboldt, se fondant sur la direction de quelques-uns de ces fleuves, a formulé dans Je temps le projet d'établir à travers le Pérou une communication entre les deux océans et a démontré que cette grande œuvre, si importante pour le commerce, serait parfaitement exécutable.
Quelques géographes, Malte-Brun entre autres, dépeignent le Pérou comme un pays pauvre, peu fertile et maltraité par la nature. Celte assertion est erronée : les anciennes (traditions de l'empire des Incas, les relations des conquérants espagnols et des voyageurs modernes, des Humboldt, des d'Orbigny, des Dupetit-Thouars , entre autres, prouvent au contraire que ce pays possède d'immenses éléments de prospérité et de richesse, et qu'il ne lui manque que d'être bien gouverné. Les cultures les plus diverses y sont favorisées par la variété du climat. H produit dans ses vastes plaines le tabac, le coton, le sucre ^ le café, le cacao, la coca, la vanille, la cannelle, le piment, l'anis, la cochenille, le blé, le maïs, le riz, le chanvre, l'olive, la vigne et des fruits exquis. Jamais la végétation ne s'arrête sur le littoral occidental du Pérou, les récoltes s'y succèdent sans interruption , le sol y est exubérant de fertilité partout où les arrosements sont possibles.
Aux pieds des cordillères, on admire ces magnifiques forêts dans lesquelles abondent les bois de construction, d'ébénisterie et de teinture. Dans les régions plus élevées, on récolte le quinquina, une foule de plantes médicinales, de gommes, de résines et de baumes précieux.
Nulle part on ne trouve autant de richesses minérales qu'au Pérou. Tout son sol est en quelque sorte une mine immense dans laquelle l'or et Targent existent en filons innombrables. On y découvre également diverses sortes de pierres précieuses, — surtout des émeraudes, — du mercure, du cuivre, du plomb, du sel gemme, et de la pierre de Galinazo, sorte de verre volcanique noir servant en guise de miroir. Le règne animal aussi y est très-riche ; sans entrer ici dans de plus amples détails, nous nous bornerons à rappeler que le lama , la vigogne , le chinchilla et les plumes peuvent devenir les objets d^un commerce important.
Après avoir tracé un aperçu de l'aspect physique du Pérou, passons à ses anciens habitants. Quatre nations distinctes et de nombreuses peuplades de moindre importance occupaient autrefois l'empire desincas.
On rencontre aujourd'hui encore les débris de ces différentes nationalités; elles ont été examinées et étudiées par M. d'Orbigny; il a publié le résultat de ses observations dans son savant ouvrage intitulé VHomme américain. Nous nous attachons à ce livre dans le court résumé que nous allons présenter à nos lecteurs.