‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 6 sur 244 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les quatre peuples principaux du Pérou étaient : les Quichuas ou IncaSy les Aymaras, les Atacamas et les Changes.

Lqs Quichuas formaient jadis la nation souveraine et dominante de l'empire. Ils occupaient une longue bande de terrain qui suivait la chaîne des Andes du nord au sud, depuis Quito jusqu'au célèbre lac Titi* caca; puis on les retrouvait sur une partie du versant orientai; les Andes les bornaient vers l'ouest; les plaines chaudes et boisées, du côté l'est. Une foule de petites peuplades diverses les avoisinaient de toutes parts.

On reconnaît encore les caractères distinctifs de l'antique race quichua. Elle est petite, bien consti* tuée. Ses formes ont quelque chose de massif; elle a les épaules larges, la poitrine longue, bombée et volumineuse, les pieds et les mains remarquablement petits. Le teint des Quichuas est bronzé comme celui des mulâtres , ils ont la tète grosse^ oblongue et déprimée sur les côtés, le front à la fois bombé et fuyant, la figure large , le nez aquilin recourbé en forme de bec d'aigle et garni de narines trèsouvertes, les yeux petits, fendus en ligne droite, la bouche grande, les dents fort belles, peu de sourcils et de barbe, les cheveux noirs, épais, giossiers, lisses et plantés très-bas. Leur idiome est riche, plein de figures et de comparaisons, mais rude et difficile à prononcer.

* A partir de Gochamba jascjpi'à Sant-Yago del Estero.

Le caractère de ce peuple est doux et aimable; il est très*hospitalier, porté à ia reconnaissance, sobre, discret, laborieux, résigné dans la souffrance, trèstendre et affectueux dans les relations de famille.

Plusieurs voyageurs ont fait ù tort aux Quichuas une réputation de lâcheté; ils ne sont nullement dépourvus de courage personnel , mais les anciennes institutions de l'empire des Incas ont exercé sur eux une influence qui a traversé les âges et ne s>st jamais complètement effacée. Reconnaissant dans leurs souverains les descendants directs de la Divinité, les Péruviens considéraient tout acte d'opposition à leur volonté comme un sacrilège, ils s'habituèrenft de la sorte à une soumission absolue, à une obéissance passive envers l'autorité et finirent par perdre tout sentiment d'initiative.

Les Aymaras habitaient dès avant la domination des Incas les pays voisins du lac Titicaca. Nous verrons, lorsque nous tracerons l'aperçu de l'histoire ancienne du Pérou , que Manco-Capac , le monarque puissant qui fit sortir le pays de la barbarie et lui donna ses lois, venait également du lac Titicaca. Beaucoup d'érudits en ont conclu que Gapac appartenait à la nation aymara, que celte nation jouissait, bien des siècles avant l'apparition du grand législateur, des avantages de la vie policée, et qu'elle a été le berceau de la civilisation péruvienne. — Différents faits semblent venir à l'appui de celte assertion; l'on trouve à Tiahuanaco, près de ce même lac Titicaca, centre de la puissance aymara, des

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