CHAPITRE SEPTIÈME
sant des souverains, désirait le voir et lui offrait son amitié. Âtahualpa répondit avec assez de hauteur qu'il acceptait volontiers l'amitié du roi d'Espagne, à la condition toutefois que les sujets de ce prince lui rendraient l'or et l'argent dont ils s'étaient déjà emparés dans ses Etats , et qu'ils les quitteraient surle-champ. Il ajouta que pour s'entendre à ce sujet avec le chef des étrangers , il irait le trouver le lendemain à l'endroit appelé le Bain des Incas.
Le Bain desincas, situé à une lieue de Gaxamarca^ se composait d'un bâtiment entouré d'une grande enceinte murée et dominé par une colline d'où s'écoulaient deux sources, l'une bouillante, ayant un cratère d'une immense profondeur , l'autre froide.
Pizarre s'y rendit de bonne heure avec tout son monde; le rapport que lui avait fait son frère en revenant de chez l'Inca et ce qu'il avait dit de la nombreuse armée du prince indien ne laissaient pas de lui causer une certaine inquiétude. Mais se souvenant des avantages que la prise de Montezuma avait procurés à Fernand Cortès , conquérant du Mexique , il 3e décida à tout risquer pour se rendre maître de la personne de l'Inca, et il' fit ses préparatifs en conséquence. Il rangea ses cavaliers derrière un mur, afin qu'ils effrayassent les indigènes en apparaissant tout à coup à leurs regards; il se mit à la tète de l'infanterie et tourna son artillerie de campagne du côté par où le monarque devait arriver.
Bientôt Atahualpa vint à la tête de vingt- cinq à trente mille hommes; son front était ceint du bandeau
rouge el d'un cercle d'or, signes dislînclUs de la puissance souveraine y quelques-uns des seigneurs de sa cour portaient sur leurs épaules sa superbe litière d'or BMssif. Trois cents Indiens , uniforméoieat vêtus ^ étaient occupés à débarrasser des nAOÎndres obstacles le chemin que suivait le cortège royal. Les caciques et les grands de l'empire qui s'étaient allacliés à la fortune d'Atabualpa depuis le commencement de la guerre civile le suivaient, portés également dans de magnifiques palanquins.
Les historiens ne sont pas d'accord sur les dispositions qui animaient l'Inca au moment où il allait trouver Pizarre. Suivant les uns, ses intentions étaient pacifiques, et il s'avançait sans défiance, en engageant ses officiers « à ne pas offenser ces étrangers qui étaient certainement des messagers célestes »• D'après les autres, au contraire, son dessein aurait été de combattre les Espagnols, et il était convaincu qu'il lui suffirait de se montrer pour les forcer à se disperser.
Quoi .qu'il en soit, la litière impériale ne se trouvait plus qu'à quelques pas des étrangers, lorsque Vincent de Yalverde, religieux castilla» qui accompagnait Pizarre en qualité de missionnaire, s'avança vers Atahualpa*
On a souvent dépeint Yalverde comme un homme animé d'un sombre fanatisme, étranger aux douces vertus et à la tendre charité , que Ton trouve dans le cœur du vrai prêtre catholique'. Nous ne savons
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