‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 55 sur 244 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

pas si Taccnsatioft est fondée (m non. Il adressa à rinca un discours où se mêlaient )« politique et fa religion d'une façon peut-être difficile à comprendre surtout par interprète. Alahualpa écouta patiemment Valverde, dont les paroles lui furent très-^împarfaite* ment traduites. La réponse du prince péruvien fut drgtie et courte; puis comme il demandait sur quoi s'appuyait ce qu'on lui prêchait : Sur ce Kvre, répliqua Valverde en montrant l'Évangile au prince. Afahuaipa saisit le volume , l'approcha de son oreille et le rejeta avec dédain en disant : Cela ne me parie pas.

Furieux de cette profanation , le religietrx s'enfoil avec indignation du c6t6 des Espagnols.

Était-ce un signal convenu , comme le soutiennent plusieurs historiens protestants, ou Pizarré jugea-^t^t que le moment était propice po«ir commencer Tattaque? On l'ignorej ce qu'il y a de positif^ c'est qu'eft eel instant les cavaliers se démasquèrent , l'artillerie commença à tirer et l'atelaniado se précipita à la têfe de l'infonterie^ vers la litière de Flnca, le saisit par sa longue touffe de cheveux et le fit tomber à terre.

Les Indiens y exaspérés de l'outrage qu'on vient â'iniiger à leur souverain^ et espérant le dégager^ se jettent alors sur ses agresseurs et font pendant e^e\» qiies instants des prodiges de valeur, tâm l'infanterie espagnole frappe snr eux à coups redk^ubfés; Vhetrte

fard de grands mais inutiles efforts pour arrêter les effets de la cruauté de ses compatriotes. Il retourna en Espagne en 1534^ revint au Pérou en 1538 avec le titre d'évêquede Cuzco, et fut massacré par les Indiens en 1543.

profite du désordre pour terrasser Atahualpa et remmener; en même temps, l'artillerie fait d'énormes trouées dans les rangs des ind^ènes, la vue des chevaux qui se précipitent au milieu d'eux les remplit d'une insurmontable terreur; ils songent enfin à leur propre salut et prennent la fuite dans toutes les directions. On les poursuit y on en fait un effroyable carnage. Une foule de princes de la race des Incas , les grands de l'empire, tout ce qui composait la cour d' Atahualpa est impitoyablement égorgé. On ne fait même pas grâce aux vieillards, aux femmes cl aux enfants, accourus de divers côtés pour assister a l'entrevue de leur souverain avec les étrangers.

Cette journée décide du sort du Pérou et rend Pizarre maître de l'empire '•

Atahualpa avait été enfermé au palais de Caxamarca. Il connaissait déjà assez les Espagnols, d'après les rap* ports qui lui avaient été faits, pour savoir que l'avarice était leur passion dominante, et il espéra les fléchir en leur promettant d'immenses trésors. Amené en présence de François, il lui demanda de le traiter généreusement, avec les égards dus à sa qualité de roi, et lui promit de lui donner pour sa rançon autant d'or qu'il en tiendrait dans la salle où ils se trouvaient alors, jusqu'à la hauteur où sou bras atteindrait; il offrit d'y ajouter de l'argent en telle quantité que les vainqueurs

' La tradition péravienne affirme que, pendant le désordre , quelques Indiens précipitèrent la litière d*or d' Atahualpa dans le cratère de la source bouillante , pour empêcher qu'elle ne tombât au pouvoir des Espagnols. Il est de fait qu*elle n*a pas été retrouvée.

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