‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 56 sur 244 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

ne pourraient tout emporter, et de les enrichir au delà de leurs plus brillantes espérances.

Les propositions du malheureux Atahualpa furentacceptées; mais il avait oublié qu'en s'avouant possesseur de trésors incalculables, il excitait au plus haut degré la cupidité de son geôlier et s'exposait à des exigences qu'il lui serait finalement impossible de satisfaire.

Cependant le captif, comptant sur les promesses de Pizarre, dépêcha des messagers dans toiltes les directions, afin qu'on se hâtât de réunir l'or stipulé pour sa rançon. Les Indiens, qui chérissaient leur prince, commencèrent à arriver de différents côtés, courbés sous le poids du métal destiné à son rachat. Mais, comme il fallait le rassembler des extrémités de l'empire, les Espagnols trouvèrent qu'on ne répondait pas à leur impatience et soupçonnèrent quelque artifice dans cette lenteur. Pizarre exprima son mécontentement à Atahualpa; rinca n'eut pas de peine à se justifier: il fit observer que la plus grande partie de ses trésors se trouvait à Guzco, ville éloignée de près de deux cents lieues; qu'il fallait transporter l'or par des chemins difficiles, à dos d'hommes, et donner à ceux-ci le temps de franchir deux fois une distance aussi considérable ; enfin il proposa à son vainqueur d'envoyer deux de ses officiers à Guzco, afin qu'ils vissent par eux-mêmes qu'il était en état de tenir ses promesses. Les officiers ayant déclaré qu'ils ne se fiaient pas assez aux Indiens pour entreprendre un aussi long trajet, le prince leva cette nouvelle difficulté en leur offrant de les faire porter, munis de sauf-conduits , dans deux de ses

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propres litières; « d'ailleurs^ ajouta-tUi vous nous » tenez ici captifs, luoi, Bia femme et mes enfatto, que » craignez* vous, ne sommes -nous pas des otages » suffisants ? »

Feraaod de Soto et Pierre de Barco se préseulèreut alors pour faire le voyage. Ils parUreot, portés au pas de course par les Indiens, qui firent ainsi , les pre^ miers, l'apprentissage du métier d'esclaves des enyalûssenis de leur pays*

A quelques journées de Gaxamarca , Soto et sm compagnon reoeonirèrent «ne somptueuse litière d'or qu'entouraient trois mille bommes armés; dans to litière se trouvait l'Iaca Huascar, prisonnier de l'up des capitaines d' Ataluialpa ; on le conduisait vers Caxamarca, où son rival lui* même était dans les fers. Suascar savait déjà ce qui s'était passé entre son frère et les Espagnols. £n voyant les deux voyageurs, il demanda et obtint l'autorisalion de s'entretenir avec euK. U les supplia de retourner auprès dn Pizarre, et de kU dire que s'il consentait à la soutenir et à le rnplacer, lui souverain légitime^ sur le UAue de ses pèren, il comUerait d'or toute k chambre qu' Alabualpa ne s'était engagé à remplir que jusqu'au tiers de sa bautev. Pour vous donner ce qu'il vous a promis, ajouta*t-il, mon frère devra se résigner à dépouiller la temple du soleil ; quant à moi, je puis faire infiniment fki% que lui en usant de mes seules ressources , car je possède les immenses trésors et les pierreries de mon illustre père; je suis le plus riche des dmx, c'est donc moi qu'il importe de protéger*

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Soio et Barco «a eooteiitèrmt de êum tma râpoose évasive et coalitHièraot leur voyage.

Atohuaipa fut propapteineQt infonné de la coiiversatioa <ie Hiiaaear arec lea offiders de Pizarre; oraigaa&t que tes af]giimeiit$ de llfica ne parus^eot trré»slibtes au générai espagnol , il crut rkénem^m à sa pffopf^ eéreté de samfier «on frère et envoya à ceunqot l'ayaieni fait prisonnier l'ordre de le tuer i^r**le*<^fflp.

Bien qu'Aiahttaipa fût captif, «es fidèies lui ofaéiasaient tout cottme a'ii eàt été sur le tréne; Huascar fat tHunoié, et Iftzarre se tronira débamttsé de la aorte du seni homme dont il eût pu rodonler le piw* tige dans ravenif.

Cependant la joie que ees succès foitaient éprouver à Fatelantsdo fut trout^ée par l'arrivée inopinée de Diego d'Alœegro^ avec tin aases& fort détachement levé à Pianamn. François sentit que dorénavant îi Imsdratt admettie cet associé incowmode an partage des tnteors et du comoiandenient. H en éprouva un dépit lya'il ne diflsimnia peut-être pas assez^ et dès ioffs une rivalité d'abord sourde y mais qui devait prendre çim îMd de tenrihlea j^portkms, a'éievn entre ces deux

Le einquième à peine de la nnçon d'Atahmflpa était arrivé à Caiiamansa lorsque Pimrre en &t le premier pari^kge« On fondit îni{»t0fni)le6^nt nnequantilé de vases et d^ustensiles magn^nes, mettant aenieffiirat de o^ quelques pièces d'un travail fort cnrieni:, pour le roi d'Espagne. Le etnapnème réservé à

la couronne produisit, ea argent, trente mille marcs et, en or, neuf cent mille livres d'ancienne monnaie de France. On distribua cent mille pesos d'or aux. soldats d'Almagro, et il y en avait encore un million cinq cent vingt-huit mille cinq cents pour Pizarre et ses compagnons. Chaque cavalier eut pour sa part douze mille pesos (quatre-vingt mille francs), et chaque fantassin en reçut neuf mille. Le reste fut partagé entre Pizarre et ses lieutenants. Soixante hommes demandèrent Tautorisation de retourner en Espagne pour y jouir paisiblement de leurs richesses. Le général en chef y consentit , persuadé que l'exemple d'une fortune si promptement acquise lui attirerait un grand nombre de soldats. 11 ne se trompait pas : la renommée des richesses fabuleuses du Pérou y fit venir en peu de temps une foule de gens de toute condition.

François Pizarre désigna son frère Fernand pour aller porter à Charles-Quint la part du trésor qui revenait à la couronne, et lui annoncer la conquête de Tempire. Âtahualpa s'était attaché à Fernand, il prit tristement congé de lui et versa des larmes au moment de son départ.

Cependant le malheureux Inca croyait que, sa rançon ' une fois payée , il serait remis en liberté et maître de retourner à Cuzco. Telle n'était pas l'intention de Pizarre ; alors déjà le supplice d' Atahualpa avait été résolu , car l'atelantado ne voyait plus dans son prisonnier qu'un embarras inutile. D'ailleurs, Almàgroet ses compagnons craignaient que l'or et l'argent que l'on recevrait ne fussent considérés comme faisant partie

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