CHAPITRE SEPTIÈME
de la rançon du monarque tant qu'il vivrait, et que, sous ce prétexté , on n'exclût du partage ceux qui n'avaient pas pris part à la surprise de Caxamarca. Ils demandaient impérieusement sa mort, afin que désormais tous les envahisseurs du Pérou fussent sur un pied d'égalité parfaite. * '
Les circonstances semblaient conspirer toutes contre l'infortuné captif. Soto et Barco, envoyés à Cuzco , en revinrent l'imagination remplie de l'incroyable quantité d'or qu'ils avaient vue dans les temples et dans les palais, et des splendeurs de cette immense capitale. Pizarre fut pris d'une fiévreuse impatience de s'emparer de ces richesses, qu'un ordre secret de l'Inca pouvait faire mettre à couvert.
Les historiens Herrera et Gareilasso de la Yega rapportent que des sentiments de haine piarticulière contribuèrent également à pousser l'atelântado à Texécution de son perfide dessein. La facflilté de lire et d'écrire était de tous les arts européens celui qui avait le plus étonné Atahualpa ; mais il désirait savoir si ce talent était inné ou acquis. Pour écltircir son doute il se fit écrire, sur l'ongle du pouce> le mot Dieu par l'un des soldats auxquels sa garde était confiée. Tous les ofiiciers auxquels il le montra le lurent sans hésiter, François Pizarre seul resta muet; et l'Inca ne sut pas dissimuler le mépris que lui inspirait cette ignorance. François en fut profondément blessé et ne respira plus que la vengeance.
Cependant il fallait un prétexte : on ne tarda pas à
le trouver. Au nombre des gardiens du roi était l'In«>
(lien Philipillo, que Pizarre avait emmené lors de sa première expédilioo au Pérou pour en faire un interprète. Ce misérable, éperdument amoureux de la femme d*Atahualpa, résolut de perdre le prince pour pouvoir s'emparer de l'objet de sa passion. Il accusa le prisonnier d'avoir organisé une vaste conspiration dans le but d'exterminer les Espagnols.
Cette prétendue révélation arrivait à souhait. Pour donner un semblant de légalité à leur atroce conduite, les geôliers du monarque observèrent toutes les formes de la justice. Pizarre, Almagro et deux conseillers nommés par eux, se constituèrent en* tribunal. On donna à l'accusé un conseil pour sa d^ense, afin que rien ne manquât à cette abominable comédie. Parmi les chefs d'accusation on reprochait à Âtahualpa : son usurpation sur son frère Huascar, son idolâtrie, son concubinage, les impôts qu'il avait continué à percevoir frauduleusement après l'arrivée des Espagnols, maîtres^légitimes du pays. On entendit des témoins, et comme l'infâme Philipillo remplissait les fonctions d'interprète, il traduisit les dépositions les plus favorables de façon à les convertir en charges accablantes. Atahualpa fut condamné à périr par le feu ; il demanda à être envoyé en Espagne et jugé par le souveraia du pays. Pizarre lui opposa un impitoyable refus et consentit seulement à ce qu'il fût étranglé, au lieu d'être brûlé vif, s'il recevait le baptême avant de mourir. L'Inca, épouvanté à la vue du supplice affreux qui se préparait pour lui, se soupit à ce qu'on exigeait, pour échapper au bûcher. Le garrot mit fin à ses jours (1 533).
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Plwieursde8copipagaoq8de Pizarre, Burco etSotOy entre autres, protestèrent noblement contre les aotes odieux que nous venons de raconter} on ne les écouta pas, L'atelantado » débarrassé de Huascar et d*Atahualpa , les deux seuls hommes qu'il eût à redouter, voulut cependant placer encore provisoirement une sorte de fantôme de roi sur le trône du Pérou, pour masquer ses projets aux yeux des indigènes. Son choix se porta sur un des fils d'Atahualpa, nommé Paul Inca par les historiens espagnols ; les populations de la capitale et de ses environs proolamèrent Manco* Çapac, frère de Huascar,
Malheureusement, les démêlés entre les deux fils de Huayna^Capac, la guerre civile qui s'en était suivie ^ et Tarrivée des Espagnols au milieu de ce désordre avaient singulièrement a&ibli le prestige de la royauté au Pérou; bientôt le pays fut livré à une effroyable anarchie* Plusieurs des généraux qui avaient combattu pour l'un ou l'autre des prinees rivaux osèrent même aspirer au trône, attentat sans précédent dans les ré^ gions soumises à Tautorité des descendants deManco- Gapac, Ruminagui, l'un des principaux chefs du parti d' Atabualpa , réussit à s'emparer de la province de Quito et fit massacrer queique&*uns des fils et l'un des frères de 90n ancien maître.
Pizarre se décida à profiter des avantages que lui assurait cette situation pour pénétrer au cœur de l'^m^ pire et s'emparer de la capitale Cm^eo. D^ renforto nouvellement arrivés avaient port4 «a petite armée à cinq cents hommes. La terreur qu'inspiraient aux indi*"
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