‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 58 sur 244 · CHAPITRE HUITIÈME. 4n · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. 4n

Cependant Pedro Âlvarado , le cruel alelantado des Etats guatémaliens , informé des succès de Pizarre et enflammé du désir de prendre part au dépouillement du Pérou y s'embarqua avec un corps de cinq cents hommes , prit terre à Puorto-Viejo et se dirigea également vers Quito, en suivant le cours du Guayaquih Il franchit les Cordillères auprès de la source de cette rivière. Sa petite armée eut à endurer les phjs épouvantables souffrances pendant ce périlleux voyage, et au moment où Âlvarado croyait toucher au but, Diego d'Âlmagro se présenta à lui pour lui barrer le passage. Déjà les deux chefs se préparaient au combat^ lorsque quelques officiers des deux partis s'interposèrent et obtinrent une trêve de vingt-quatre heures. La trêve fut suivie d'un traité; Alvarado consentit à évacuer le pays à la condition qu'on lui remettrait, pour lui-même et ses compagnons, cent mille pesos d'or à titre d'indemnité. Il s'éloigna en effet, mais beaucoup de ses soldats refusèrent de le suivre et se mirent au service d'Almagro.

Ce chef, voyant ses forces augmentées, crut le moment propice pour s'affranchir de l'autorité de Pizarre. La rumeur publique, en lui apprenant que la couronne lui avait décerné le titre de gouverneur d'une vaste étendue de territoire, situé au sud de celle concédée à son rival, le confirma dans ses ambir tieux desseins ; il réussit à s'attacher Fernand deSoto, et feignant de croire que Cuzco n'était pas comprise dans les domaines de i'atelantado, il v entra en maître.

François Pitarre s'était éloigné alors de la capitale du Pérou pour fiiire une tournée datis différentes provinces; il avait laissé à Cuzco ses frères luan et Gonzale avec un petit corps d*armée. Oes capitaines résistèrent énergiquement aux prétentions d'Atmagro; deux partis se dessinèrent dans la ville et furent plusieurs fois au moment d*en venir 'aux mains. Mais, sur ces entrefaites, François Piïarre arriva; sa présence rétablit le calme; Almagro, tout en Conservant au fond du cœur sa rancune et ses projets, subit une fois encore Tinfluence de son ancien associé. On conclut un arrangement \ il fui convenu que Diego se dirigerait vers le Cbili, qu'il s'y établirait s'il y trouvait un pays à sa convenance; sinon il devait revenir au Pérou pour y partage l'autorité avec François.

Aimagro partit ep effet, et Pizarre donna tous set soins à la construction de la nouvelle capitale qu'il voulait fonder dans l'empire en un lieu voisin dta l'Océan et propice aux transactions commerciales. Il posa to premiètie pierre de Lima le jour de l'Epiphanie 1595; cette circonstance fit donner d'abord à la cité espagnole, qui succédait à la cité indigène, le nom de vitte des fois.

Pi2ârne avait choisi un site magnifique, à deux lieues lie ta mer^ à l'entrée d'une profonde vallée formée par les Andes et arrotsée par i« Rimac , rivière doul les eaux limpides coulent sur un pavé de cailloux, el au milieu de laquelle s'élèvent de petites ttes cMivertes de verdure. La ville fut bâtie avec une prodigieuse

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