CHAPITRE PREMIER
ruines plus remarqoablesi plus imposantes, que toutes celles que renferme le Pé^ron, et qui sont évidemment le produit d'une civilisation très-ancienne. « Ces ruines, dit M. d'Orbigny*, se composent : d'un tumulus élevé de près de cent pieds et entouré de pilastres ; — de temples décent à deux cent» mètres de longueur, bien orientés à l'esf, ornés dg suites de colonnes anguleuses colossales; — de portiques monolithes, que recouvrent des grecques et des reliefs plats d'un dessin grossier, mais d'une exécution régulière et représentant des allégories religieuses du soleil et du condor , son messager ; — de statues colossales de basalte, chargées de reliefs plats, dont le dessin à tête carrée est demi-égyptien ; — et enfin d'un intérieur de palais, formé d'énormes blocs de roche parfaitement taillés, et qui ont souvent jusqu'à sept mètres quatre-vingts centimètres de longueur sur
quatre mètres de largeur et deux d'épaisseur Les
vastes dimensions des temples et des palais, les masses imposantes dont ils se composent ^ dépassent de beaucoup en beauté comme, en grandeur tout .ce qui a été bâti postérieurenimt par les IncaS. D'ailleurs on ne connaît ni sculpture, ni reliefs dans les monuments des Quichuas de Cuzco, tandis que tous en sont ornés à Tiahuanaco. »
La nation aymara, puissante et nombreuse occupait le plateau des Andes du i S"* du SO^ degré de latitude australe. Les Incas, devenus maîtres de la plus
* L'Homme américain^ t. 1, p. 824.
grande partie da Pérou, résolurent de la soumettre; ils n'y réussirent que sous le règne de Yahuar-Huacac, septième souverain de la dynastie de Manco-Capac. Les Incas avaient pour règle invariable' d'établir dans tout leur empire l'unité de langage , cependant jamais la langue Âymara ne fut absorbée par celle des QuicHpas, elle ne se mêla point à elle. — L'aymara est encore parlé de nos jours; c'est un idiome excessivement riche, dit-on, poétique, élégant dans la construction de ses phrases, pouvant exprimer avec précision les pensées les plus variées, mais trèsdur, guttural, et dont les nombreux redoublements de consonnes rendent la prononciation excessivement difficile.
Les Aymaras ressemblaient beaucoup aux Quichuas sous le rapport du physique, de la taille, de la couleur, des facultés intellectuelles, des usages, des mœurs; plusieurs savants en ont conclu que ces nations étaient deux branches, issues originairement d'une souche commune.
Les Aymaras du sexe masculin avaient la bizarre coutume de s'aplatir la tête; la forme des crânes découverts dans leurs tombeaux confirme ce que la tradition rapporte à ce sujet. En examinant ces restes humains on reconnaît que la dépression se pratiquait circulairement et d'avant en arrière. Il en résultait que le cerveau était refoulé vers la nuque, et que les parties postérieures de la tète prenaient un prodigieux développement au détriment de ses parties antérieures. Les Aymaras avaient adopté éga-