CHAPITRE huitième; 4S
commandait l'armée ennemie, périt dans la mêlée. Don Diego, témoin, quoique à distance, de la déroute des siens, alla se réfugier dans la citadelle de Guzco; il y fut pris et jeté en prison.
Après son succès , Fernand exécuta le dessein qui avait été arrêté d'avance ettire lui et son frère François ; il fit juger et condamner à mort Diego d'Almagro, comme coupable de trahison.
^ Almagro, lorsqu'on lui lut la fatale sentence, sentit faiblir le courage dont il avait donné tant de preuves au milieu dei^aventures les plus périlleuses. Il demanda humblement qu'on lui laissât une vie à laquelle son grand âge devait mettre un terme prochain ; il rappela que, membre principal de l'association fondée à Panama en 1524, il était le premier auteur de la grandeur des Pizarre; il représenta à Fernand que, peu de temps auparavant, il lui avait rendu la liberté, lui Almagro, contrairement à l'avis de ^^ officiers, lesquels demandaient la mort du captif. Ces sollicitations furent à peine écoutées. On étrangla Diego dans sa prison, puis il fut décapité en place publique. Avant de mourir, il désigna son fils, alors prisonnier de François Pizarre à Lima, pour lui succéder dans son gouvernement.
François^ que la faveur royale avait créé marquis de las Charcas et chevalier de Saint-Jacques, considérait la guerre civile comme terminée parce que Aima* gro avait disparu de la scène. Désirant procurer un aliment à l'inquiète activité de quelques-uns de ses subordonnés, il les envoya à la découverte et à la con-
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quête, tandia qu'il donutf lui-même ses soins à l'admi* nistration intérieure de T empire.
Parmi les expéditions ordonnées ou consenties par Pizarre, les plus célèbres sont celle de Pedro de Valdivia au Chili et le voyage de Gonzale Pizarre et d*Orellana dans les contrées situées à Test de la province de Quito, au delà de la Cordillère et lo long du fleuve des Amazones. Ce voyage dura deux années, coûta la vie à quatre mille Indiens et à deux cent dix Espagnols. Ses terribles péripéties ont été racontées par les Zarate, les Garcilasso^de la Vega, les Herrera ; nous nous bornons à en faire mention ; le récit détaillé des faits des trois hardis aventuriers ne rentre pas dans le cadre de notre travail.
L'atelantado , disions-nous, s'occupa de Torganisao tion de Tempire qu'il avait conquis. Il partagea le pays en districts, y établit des magistrats, régla la percep* tion des impôts, l'exploitation des mines, etc. Il distribua à ses parents, à ses amis et à ses créatures , sous le nom de r^artitions, les terres les phis riches du Pérou. Les indigènes, jadis heureux et indépendants, restèrent attachés au sol en qualité de serfs ou plutôt d'esclaves, et se virent livrés, tout comme les Indiens de l'Amérique centrale, aux impitoyables caprices de leurs nouveaux mattres , qui daignaient à peine les considérer comme des membres de la grande famille humaine. En confisquant le sol, on confisqua la liberté de ceux qui l'habitaient.
La cour d'Espagne , grâce surtout aux incessantes sollicitatioos de la pieuse impératrice Isabelle, avait