CHAPITRE NEUVIÈME
Suite des révolutions du Pérou. — Arrivée de la Gasca.
Fin de Gonzale Pizarre.
François Pizarre avait envoyé son frère Fernand en Espagne, pendant ses démêlés avec Almagro père, pour rendre compte à la cour de ce qui s'était passé entre lui et ^on ancien associé, et afin de présenter sa conduite sous le jour le plus favorable.
Mais alors déjà l'Empereur était informé des événements du Pérou. Barthélémy de las Casas, rimmortel représentant de la charité catholique au milieu des horreurs qui accompagnaient en tous lieux la prise de possession de l'Amérique, avait élevé la voix en faveur des infortunés indigènes; ses énergiques accents étaient parvenus aux pieds du trône de Charles-Quint, et l'Europe connaissait la condition affreuse à laquelle les Indiens se trouvaient réduits dans les pays nouvellement conquis. Las Casas affirmait que si on ne mettait promptement un terme à ce hideux régime, la population indigène du nouveau monde disparaîtrait au bout de quelques années.