CHAPITRE NEUVIÈME
Charles, irrité du peu de compte qu'on avait tenu des ordres royaux, fit jeter Fernand Pizarre en prison et publia de nouveaux règlements destinés à couper le mal dans sa racine.
L'Empereur chargea spécialement les membres du clergé de protéger les Indiens, dans leurs propriétés et dans leurs personnes.
Il décréta que les Américains espagnols, réputés hommes libres comme les autres sujets de la couronne, ne seraient plus soumis qu'à une taxe modique qui varierait dans les différentes provinces et serait répartie conformément aux principes de la plus rigide équité.
Il abolit les répartitions et tout ce que les mesures des officiers rovaux avaient eu d'arbitraire et ordonna que les indigènes devenus esclaves des gouverneurs, des lieutenants de la couronne et des colons, fussent immédiatement remis en liberté, sans que personne pût se soustraire à cette injonction sous quelque prétexte que ce fût.
Il défendit sous les peines les plus rigoureuses de marquer les prisonniers.
Il interdit de contraindre les indigènes aux travaux malsains des mines, de la fonte des métaux et de la pêche des perles et exigea qu'on leur payât régulièrement un salaire modéré. Il décréta également qu'on ne les emploierait plus gratuitement en qualité de portefaix ou pour faire la guerre.
Enfin Charles décida que tous les tributs payés par les habitants de la nouvelle colonie seraient versés
désormais dlfittis les caisses publiques pour le compte de la coQTOiine , ei il reconnut aux nobles péruview les mettes dnoîls qu'à ses sajels européens^ eii leur permettant d'épouser des femmes espagnoles.
L'Empereur ne se contenta pas de porter les rè^emenis qne nous venons de citer, il résolut d'envoyer au Pérou un homme sur la fidélité duquel il pAl compter.
Son choix s'arrêta sar Vaca de Castro, lîœwcié, homme d'un désintéressement éjHtMivé, 4'nn «oMe caractère et jouissant, à juste titre, de l'^lime générale.
Castro partit pour le lieu de sa destination et arriva à Quito au moment où la révolution, dont nous avons rendu compte au chapitre précédent, venait de s'accomplir.
Infermé de la fin tragique de François Piearre, il se fit reconnaître en qualité de ^gouverneur du Nrou, en vertu des lettres patentes dont il était porteun
Tous les hommes qui ne s'étaient pas jetés tète baissée dans le parti d'Almagro s'empressèrent de lui prêtée serment; dans leur nombre se trouvaient Benat«* cazar, gouverneur de la province de Popayan, et Pedro de Puelles, gouverneur de Quito, en l'absence de Gonzare Pizarre, lequel n'était pas enccne revenu de son expédition au fleuve des Amazones.
Tandis que Castro voyait ses partisans se grouper autour de lui à Quito, Âlvarado et Holguin réunis* saient leurs forces pour les mettre à la disposition du nouveau gouverneur, et Almagro se dirigeait vers