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CHAPITRE NEUVIÈME

dans le ressort de l'audience, beaucoup trop éloignée, de Panama.

Au lieu de désigner pour remplir les hautes fonctions de vice-roi Vaca de Castro, qui connaissait déjà par expérience les difficultés de la position, l'Empereur fixa son choix sur Blaso Nugnez Vêla, commissaire général des douanes de Castrlle; les personnes nommées pour composer l'audience nouvelle furent le docteur Lison de Texada et les licenciés Cépéda , Alvarez et Pedro Ortez de Zarate. Augustin de Zarate, le plus ancien des historiens de la conquête du Pérou, devint trésorier général.

Lorsque la nouvelle de ce changement de gouvernement et de l'irrévocable intention de Charles de faire exécuter rigoureusement ses derniers décrets arriva au Pérou, il y eut une formidable explosion de murmures. « Des hommes, dit Robertson, accoutumés à vivre dans l'anarchie virent nécessairement avec une extrême répugnance l'établissement d'un viceroi , d'un gouvernement régulier et d'une cour suprême. Ils se plaignaient à grands cris de l'injustice et de l'ingratitude du souverain qui voulait les priver, sans daigner les écouter, du fruit de tant d'années de services, de travaux et de souffrances. Ils rappelaient qu'ils avaient couru les plus grands dangers pour servir la patrie, et que c'était à leurs frais, sans être soutenus par l'État, qu'ils avaient soumis à la couronne de Castille les magnifiques contrées sur lesquelles on ne voulait plus maintenant leur reconnaître aucun droit. ».

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Bienlô t les mécontents se décidèrent à ne tenir aucun compte des ordres de Charles-Quint et à s'opposer à rentrée du vice-roi dans le pays. Toutefois, Vaca de Castro réussit encore à les calmer, en ei^;ageant les chefs du mouvement à attendre Tarrivée de Vêla et à soumettre à son appréciation ce qu'il pouvait y avoir de fondé dans leurs réclamations.

Peu de temps après, le vice-roi débarqua à Tumbez; c'était un homme droit, mais haut, intraitable, et qui manquait des qualités qui lui eussent été nécessaires pour pacifier adroitement les esprits, tout en obéissant aux ordres de la cour.

Au lieu de préparer doucement l'affrandusseiDent des Indiens par quelques 8ages mesures appropriées aux circonstances, il déclara, au moment où il mit le pied sur le sol péruvien, qu'il n'écouterait ni plaintes . ni observations, et qu'il ferait exécuter les volontés du prince à la lettre et avec la plus inflexible sévérité.

£n se rendant à Lima, il refusa d'employer les Indiens pour transporter ses bagages , il dépouilla les fonctionnaires publics de leurs terres et de leurs travailleurs, et il rendit la liberté à tous les indigènes des localités situées sur sa route* C'était se conformer strietematitaux injonctions du maître, et l'on s'y fût résigné peut-être; mais Nugnez Vêla alla plus loin : à peine arrivé à la nouvelle capitale, il fit jeter en prison quelques-uns des principaux citoyens de la colonie, parce qu'ils s'étaient permis de l'engager à procéder avec plus de mesure ; puis , ne triant aucun compte de la probité, du désintéressement dB Vaea de Caslro

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