CHAPITRE NEUVIÈME
et des grands services qu'il avait rendus, il osa raocu* ser d'avoir fomenté la rébellion et Je faire chai^r de chaioes*
Ceux mêmes qui avaient murmuré contre le ^^verfiement de Castro furent indignés d'une ausd cnante injustice ; le nombre des mécontents grossit de jour en jour*
Mi^rs enfin , Gonzale Pizarre revint de son expédition au fleuve des Amazones. Il était le derni^ représentant d« sa famille au Pérou: sesfrères avaient péri , sauf Feinand , toujours retenu prisonnier en Bspagne. .
Tous les hommes que les décrets royaux et l'arrogance du vice-roi avaient irrités se groupèrent autour de Gonsale , se déclarèrent. {M^ts à le reconnailre en qualité de- chef et l'engagèrent à s'emparor du pouvoir qui lui revenait par droit d'héritage^ et à se venger de l'ingratituite de la cour d'Espagne. L'intérêt et l'am* bition poussaient Pizarre à se rendre à ces pressantes sollicitations; cependant il hésita longtemps, tant Ja pensée de prendra les armes contre le représentant de son souverain légiUme et d'en venir à la révolte ouverte lui inspirait de teireur. Enfin, vaincu par des instances sans cesse renouvelées, voyant qu'il di^^osait de forces imposantes et qu'il avait toat à craindre du despotisme du vice-roi, il céda.
Aussitôt après avoir pris sa dédsion, il se raiMlità Oizco; les colops l'y reçurent avec un enthousiasme qui lui fit bien augurer du succès de son entreprise. Les Espagnols le nommèrent procureur général de
leurs affaires au Pérou ei le chargèrent de se rendre en armes à Lima, pour exposer à Faudience leurs réclamations et leurs plaintes. Pizarre coounença par s'emparer du trésor royal et de Tartillerie, puis il leva des troupes et se dirigea vers la ville des rois.
Nugnez Vêla s'y trouvait toujours ; sa position était fort critique. Par sa morgue excessive, il avait éloigné de lui les membres de Taudience ; il ne comptait que des ennemis dans les rangs de ceux qui auraient dû être ses coopérateurs, et bientôt les juges do tribunal suprême , loin de seconder le vice-roi , le contrecarrèrent en toutes choses, acquittèrent les gens qu'il traduisait à leur barre, remirent en liberté ceux qu'il faisait enfermer et entretinrent ouvertement des relations avec les personnes les plus hostiles à son administration. Telles étaient la situation «et la disposition des esprits au moment où Gonzale arrivait aux environs de Lima. Yela ne put songer à entrer en lutte sérieuse avec lui ; haï de tous ceux qui l'entouraient, il fut saisi dans son palais sans que ses propres gardes se missent en peine de le défendre, et déposé dans une ile déserte du littoral. 11 devait y rester jusqu'au moment où on jugerait à propos de le renvoyer en Europe.
Aussitôt après le départ du vice-roi, les membres de l'audience suspendirent les nouvelles ordonnances de la cour d'Espagne. En même temps ils enjoignirent^ pour la forme, à Pizarre de licencier son armée. Ils n'ignoraient pas que , loin de leur obéir, il profiterait de l'occasion pour s'emparer du pouvoir, mais ils