CHAPITRE PREMIER
lement l'usage de s'allonger le plus possible les oreilles , de façon à en faire pendre les bouts sur les épaules. On ne sait pas avec certitude quelle a été leur religion, mais la plupart des historiens estiment qu'ils adoraient le soleil , et que ce fut des bords du lac Titicaca que Manco-Capac transporta à Cuzco le culte de cet a&tre, qui avait été celui de ses ancètres* L'orientation des temples aymaras à l'e&t, les bas-reliefs des portiques dans lesquels on retrouve le soleil entouré de ses rayons et le condor , donnent une grande vraisemblance à cette supposition.
Les Atacamas étaient la troisième des nations principales soumises à la domination des Incas. Les débris de cette race, comptant aujourd'hui de huit à dix mille individus, occupent le versant occidental des Andes du 19* au 22* degré de latitude méridionale ^ — Garcilasso de la Yega la fait descendre d'un peuple auquel il donne le nom d'Olipes ou Llipi. Les Atacamas ont beaucoup d'analogie avec les Quichuas, mais ils parlent une langue entièrement différente. Leurs habitudes sont pacifiques et sédentaires; ils sont adonnés à peu près exclusivement à la pèche et à l'agriculture. On ne découvre d'autres vestiges de leur civilisation antique que des tombeaux. Ces sépultures sont d'ailleurs fort curieuses; elles sont construites sous terre, en pierres sèches et en forme de caveaux. Les morts qu'elles renferment sont assis, les jambes pliées, et entourés de vases en terre cuite,
* Les provinces de Tarapaca et d'Atacama.
d'ustensiles de ménage, d'aliments, de vêtements et d'armes, ou de fuseaux et de fil, suivant le sexe du défunt. Ces tombeaux sont couverts de pierres et de terre de façon à se trouver au niveau du sol ; jamais on ne les rencontre isolés, ils sont toujours réunis en très-grand nombre.
Les ChangoSy la dernière des anciennes nations principales du Pérou, sont à peu près éteints aujourd'hui. Ce qui en reste se borne, d'après M. d'Orbigny, à une tribu qui compte environ un millier d'individus. Ils habitent les rivages de l'océan Pacifique entre le 22^ et le 24* degré de latitude sud. Les Changes ont le teint plus brun que les Quichuas; ils sont plus petits que ces derniers et n'ont pas le nez aquilin. A ces différences près, une grande similitude physique et morale règne entre les deux peuples. L'antique civilisation péruvienne a disparu à peu près entièrement parmi les Changos; vivant sous un ciel constamment serein , ils habitent de misérables tentes construites en peaux de phoques; quelques pauvres ustensiles, et des peaux de moutons sur lesquelles des familles entières couchent pêle-mêle constituent leur mobilier. Les Changos ne connaissent pas d'autre industrie que la pèche. Ils n'ont pas de barques et s'aventurent en mer en s'agenouillant sur deux outres liées ensemble, et qu'ils dirigent avec beaucoup d'adresse. Établis sur ces frêles embarcations, ils vont faire avec succès la chasse aux phoques et harponner les poissons. Lorsqu'une famille chango voyage ou change de lieu, les femmes