‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 72 sur 244 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

tous ses subordonnés reconnaissent publiquement Tautorité de l'envoyé du roi et lui livrent la flotte et l^a ville de Panaitia. Gonzale fait alors décréter d'accusalion la Gasca pour s'être emparé de ses vaisseaux et avoir corrompu ses officiers; les membres de l'audience de Lima ont la lâcheté de déclarer coupable de haute trahison et de condamner a mort le représentant de leur prince. Cette folle condamnation impressionne lu foule des aventuriers ignorants répandus dans le Pérou; ne voyant plus en la .Gasca qu'un trattrc frappé par la loi, ils vont grossir la troupe de Pizarre, qui se trouve ainsi à la tète de mille hommes parfai* (ement équipés.

Mais le président de l'audience^ bien que condamné par ceux qui devaient être ses plus fermes appuis, ne perd pas courage ; il fait venir des troupes des différents établissements espagnols du voisinage; il détache de la flotte une petite escadre qui longe la côte péruvienne et y répand à profusion des copies d'un acte d'amnistie et de révocation des dernières ordonnances. Cette sage mesure a pour résultat une réaction en faveur de la Gasca , et beaucoup d'Espagnols, que l'orgueil et les prétentions de Gonzale avaient froissés, se détachent de son parti.

Sur ces entrefaites, Centeno, officier hostile aux Pizarre, et qui, depuis la défaite du viee-noi, vivait caché dans les montagnes, instruit des événements du jour, sort de sa retraite, réunit autour de sa personne cinquante à soixante soldats déterminés et se rend mattre de Cuzco dans une attaque nocturne habilement

dirigée , bien que cette ville fût défendue par une (2;arnison de cinq cents hommes. Ceux-ci passent tons au service de Genteno.

Pizarre, menacé du côté du midi par ce dernier adversaire , de celui du nord par la Gasca , se décide à marcher d'abord contre Genteno. Il s'avance avec une prodigieuse rapidité; la moitié de ses forces déserte en route; mais les quatre cents hommes qui lui restent sont Télite de sa troupe.

Les armées se rencontrent à Huarina; celle des royalistes est de beaucoup la plus nombreuse des deux, mais Genteno, accablé par la fièvre, ne peut monter à cheval et est obligé de se faire porter dans une litière. Un combat acharné s'engage, la victoire se déclare pour Pizarre, grftce surtout aux conseils et à l'infatigable activité de son fidèle Garvajal. Trois cent cinquante royalistes et cent des hommes de Gonzale restent sur le terrain, sans compter les blessés.

Gette bataille relève le crédit du gouverneur général dans le Pérou méridional, et en peu de jours son armée est triplée par les partisans nouveaux qui lui viennent de différents côtés.

La situation est toute différente dans le nord de Tempire. Lima, délivrée de la présence de Pizarre et fatiguée de sa tyrannie, arbore l'étendard royal. La Gasca arrive à Tumbez avec cinq cents hommes, tous les Espagnols des districts voisins se rangent sous ses drapeaux; le président de l'audience s'avance, des paroles de paix sur les lèvres, offrant à tous les rebelles le pardon et l'oubli du passé;

Page 1