‹ Le Pérou et Sainte Rose de Lima:Chapitre 85 sur 244 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

et demeurait foncièrement attachée a ses usages et à son culte ' .

Peu à peu on organisa ]a hiérarchie ecclésiastîqiie en Amérique. Des évécbés furent fondés à lima, Cuzco et Quito. Lima devint archevêché et métropole du Pérou vers le milieu du seizième siècle , aii temps où Mexico fut érigée en métropole de la Nouvètie* Espagne sous le vertueux archevêque Zummaraga. Dans ce temps aussi , les deux grands empires du nouveau monde étaient gouvernés par des vice^rois qui se montrèrent zélés défenseurs des droits et dés intérêts des indigènes^ et qui assurèrent à ces derniers la paisible possession de leurs propriétés et les soutinrent contre les violences et les injustices des colons, sans tenir aucun compte des plaintes (le ces derniers. Les Indiens commencèrent alors enfin à respirer, et les efforts du clergé étant secondés , les conversions se multiplièrent. On fonda divers collèges pour les néophytes, et on plaça à leur tête des religieux aussi dis* tingnés par la science que recommaudables par la vertu. L'aptitude dont beaucoup d'indigènes firent preuve pour les sciences les plus abstraites causa lin étonnemeût général ; au bout de quelques années, on compta dans leurs rangs des savants trè&*distingués.

L'éducation des filles ne fut pas négRgée non plus. Des religieuses du tiers ordre dé saint François, arri*

' Dix ans après la conquête, un tiers au moins de la population indigène avait été dévoré par les guerres, les épidémies et les mauvais traitements. La moitié de ce qui en restait devait périr durant les cinquante années suivantes.

at LE PÉROU.

vées d'Europe y réunirent les jeunes indigènes et leur enseignèrent la religion et les travaux propres à leur sexe.

D'après le mode d'administration établi dans le nouveau monde , lorsque Tordre succéda enfin aux orgies de la conquête , tout Indien était ou vassal immédiat de la couronne, ou dépendant de quelque autre vassal , à qui le district dans lequel il habitait avait été cédé pour un temps limité ' sous le titre de commanderie. Les rois d^Espagne réunirent la plupart des commanderies à la couronne , après l'expiration du temps pour lequel elles avaient été concédées.

Les Indiens des commanderies payaient au fisc les trois quarts de la taxe très-modique à laquelle ils étaient soumis; le dernier quart revenait à l'usufruitier du domaine ; le bénéfice de leurs services se partageait dans la même proportion. Ces services étaient de deux sortes : les premiers comprenaient les travaux d'utilité publique, tels que la culture des grains, la garde des troupeaux, la construction des ponts, des routes, etc.; les seconds avaient rapport à l'exploitation des mines et à la purification des métaux, travaux pénibles et malsains. Des lois réglèrent la manière dont ces services devaient s'accomplir, et en dépit des réclamations souvent renouvelées par les avides possesseurs des mines, les vice-rois mirent énergiquement la main à leur stricte exécution*; ils

' C'était habituellement pour deax générations.

' Nous devons toutefois faire observer ici que Texploitatiou

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