CHAPITRE PREMIER
desseins et dont ils doivent faire usage pour agir efficacement sur leurs semblables.
L'apôtre saint Paul nous apprend que ces dons sont au nombre de neuf , et saint Thomas d'Aquin les divise en trois catégories, à savoir :
1 ** La science des choses divines, à laquelle se rattachent les dons de foi, de sagesse et de science ;
2* Les moyens nécessaires à la transmission, audessous desquels se groupent le don de discernement des esprits et le double don des langues, car il faut comprendre et savoir se faire comprendre;
3® Les garanties pour la vérité de ce qui est transmis j comprenant les dons de prophétie, de guérison et des miracles.
Nous ne croyons pas devoir entrer ici dans Fexamen détaillé des dons surnaturels ^ ; rappelons seulement que ceux de la dernière espèce se retrouvent dans tous les siècles qui se sont écoulés depuis la venue de Notre-Seigneur *, et que les adversaires de rÉglise, fermant volontairement les yeux aux preuves les plus irréfragables, se sont efforcés de les reléguer dans les temps apostoliques. Le don des miracles, en particulier, a été nié avec la mauvaise foi la plus insigne. Ârrètons-nous-y un instant.
La Genèse nous apprend qu'originairement T homme possédait Yempire sur la nature et lui commandait en
* On en trouve également les définitions dans les ouvrages de théologie.
^ Ce fait a été constaté de la façon la plus authentique dans les procès de béatification et de canonisation.
souverain. Nous le disions en commençant ce pre* mier chapitre. Nous ajoutions qu'Adam s'étant révolté contre le Tout-Puissant, ses sujets avaient à leur tour refusé de lui obéir.
La descendance de notre premier père ne reprend aujourd'hui d'empire sur la création qu'en usant de violence, et son pouvoir est semblable à celui qu'exerce un maitre sur un esclave irrité, toujours disposé à l'insurrection. Toutefois, lorsque l'homme dirige cette violence contre ses sens, ses facultés, sa volonté, pour les briser et se remettre sous le joug salutaire de l'obéissance qu'Adam avait rejeté, il retrouve plus ou moins sa dignité originaire, et Dieu permet alors quelquefois qu'il ressaisisse la royauté dont il avait été primitivement investi, et que la nature reconnaisse de nouveau en lui son chef et son seigneur.
Les vies des saints nous font connaître les actes de cette souveraineté exercée sur la création ; la biographie de Rose de Lima nous en présentera d'admirables exemples.
Il nous reste à parler d'un état qui constitue le degré le plus élevé et le couronnement de la renaissance spirituelle de l'homme , c'est Vétat eootatique.
Dans l'état habituel de veille, la créature conserve la conscience d'elle-même vis-è-vis des objets extérieurs.
Dans l'extase, au contraire, elle est hors 'd'ellemême, tout absorbée dans la contemplation de Dieu, et elle perd le sentiment réflexe du moi ^
^ Nous ne nous occupons ici que de Vextase mystique on spi-