‹ Le perroquet (volume 2)Chapitre 5 sur 32 · LETTRE LX · texte numérisé non relu

LETTRE LX

Lady Borman à Lord Delmott.

Heidelbergj le...

JLlAssEMBLEz loutcs VOS forccs ; armezvous de tout votre courage, Milord, vous en avez besoin. Voire consentement est arrive trop lard; Clara, l'infortunée Clara vient de rendre le dernier soupir : son âme pure et sans tache , habite maintenant un séjour où Tautonté d'un père inflexible ne pourra plus altérer son bonheur. Pardon , Milord , pardon^ je ne veux pas ajouter au poids de vos afflictions par mes reproches. Hélas ! à quoi serviraienl-ils?

ils ne me rendront pas Clara ! Pleurez^

(57) MilorJ , pleurez ; je ne connais point de consolations pour voire malheur.

Je viens de quitter ce corps inanimé , jadis le modèle des grâces , et maintenant Texemple terrible de la destruction. J'ai e'té obligé d'entraîner Gottlieb : son désespoir est égal au mien , au vôtre, peut-élre; mais que nos douleurs sont faibles en comparaison de celles qui accablent le malheureux amant de Clara! Je viens de le voir; j*ai cru que la mort avait pris un corps pour venir m'effrayer : ses yeux sont éteints; ils semblent fixes et immobiles dans leur orbite ; sa voix, devenue sombre et lugubre , est l'organe de la douleur ; son esprit semble aliéné. Et cependant l'infortuné ignore encore toute l'étendue de son malheur : la seule idée de savoir Clara Rîalade , a suffi pour le réduire en cet état. Juste ciel l que sera-ce , quand il apprendra qu'elle n'existe plus !

Il venl la voir , dit-ii , il est sûr que sa présence lui rendra la sanlé. Tan lot il se jelle à nos genoux pour nous supplier de lui permetUe de le laisser entrer ; tantôt il s'emporte en menaces et en imprécations : il nous fait tour à tour pleurer et frémir.

Je ne sais quel parti prendre. En vain Golllieb a essayé de l'enlraîner loin de ce lieu de désolation , il a résislé de loutes ses forces ; et Golllieb , inconsolable de la mort d*une sœur qu'il chérissait si tendrement , est obligé de suspendre sa propre douleur pour rassurer , pour consoler son ami.

Il est parvenu jusqu'ici à lui donner le change ; mais cela ne pem durer , et nous tremblons tous pour le fatal instant où il découvrira TafFreuse vérité. Ah ! Milord , quelle passion vio* lente que l'amour ! Elle a donné la mort à Clara , et je ne meurs pas du regret de l'avoir perdue L

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