‹ Le perroquet (volume 3)Chapitre 6 sur 18 · rj · texte numérisé non relu

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( 74 ) je fus sur le point de violer la promesse que je lui avais faite, et d'aller à sa recherche, au risque de tout ce qui pourrait m'arriver. Mais, de quel côlë diriger mes pas '} Clara n'avait pas voulu nie'dir'è où elle allait ^ ni ce qu'elle voulait faire. Je passai encore trois mortelles heures dans cet état d'anxiété; j'étais attentif au moindre bruit ; le roulement de chaque voiture me faisait courir à la croisée , et je la quittais pour voler à la porte , dès que je croyais etitendre les pas de quelqu'un sur l'escalier. Enfin , fatigué d'attendre , de craindre , et d'espérer , j'étais tombé dans cet état d'immobilité Mi''âme, où l'on ne voit, où l'on n'ent^end plus rien. Je ne m'aperçus que l'on avait "ouvert ma porte et qu'on était ienlré chez moi, qu'au moment où je senïis les bras de mon «pouse autour de nlon cou, et ses lèvreç sur les miennes.

— Clara , m'eciiai-je î enfin ta m'esl rendue ! O que j'ai souffert de ton absence !

— Je le crois, mon ami; mais, rejouis-loi, j'ai complclement re'ussi^ noire liberté ne court plus aucun danger, grâce à cet homme généreux, la modèle des amis.

Alors, seulement, je remarquai un homme qui se tenait debout à l'entrée de la chambre. Cet homme, dis-je, quel est-il ?

Qu'on juge de mon étonnemenl, lorsque celui-ci s 'étant de'barrassé d'un grand ch-jpeau qui crachait sa figure, et d'un ample manteau qui enveloppait loutsôn corps , offrit à mesyeiix ..«• Caavell , oui, Garwell lui-même.

Malgré ce que Cl *ra venait de me dire, je ne pus me défendre d'ua mouvement d*effroi, à la vue d'un anai oulr.igé, et qui, sans doule, venait

(76) me demander sadsfaclion : je le croyais , du moins ; car mon esprit troublé par les événemens de la journée, n'était plus en état de réflécliir et de juger sainement. Rempli de celte idée, je m'avançai vers Carwell : Je vous ai offensé, lui dis-je, je sais ce que l'honneur exige de moi, je suis prêt à vous suivre.

A ces mots , Carwell partit d'un celai de rire; je restai stupéfait. Quand son accès de gaîté fut passé , il s'approcha à son tour , et me prenant la main ^ue jelui abandonnai machinalement, il me tâta le pouls avec la gravité d'un docteur : Mon ami, dit-il , lu n'es pas bien, la Tièvre le galoppe , voilà ce qu'on gagne à soigner des malades.

' Je^ regardai Clara , elle sourit : il sait tout , dit-elle , je lui ai tout raconté. O ! il mérite bien que l'on ait pleine confiance en lui.

— As-lu oublie qu'il a promis cent guine'es....

— A celui qui me donnerait des nouvelles de la retraite ? C'est Clara qui les a gagnées.

— Comment, ce n'e'tail donc pas pour me livrer à la justice ?

— C'était pour te mettre l'abri de la justice. Ne t'ai-je pas dit que mon amitié était inébranlable comme un roche ?

. •— O mon ami !

Je mie jetai dans ses bras , il me serra étroitement dans les siens, et deslarmes d'attendrissement coulèrent sur ses joues, tandis que Clara, le»

mains et les yeux levés vers le ciel , jouissait délicieusement de son ouvrager.

— En voilà assez pour le moment, dit Carwell , il s'agit de tromper l'ennemi , de mettre les espions en défaut ,

( "8 ) il fiiut partir sur-le-champ : etes*- >0ijs prêts? Je voulais avoir quelques explications ; demain , dit-il , demain nous aurons tout le temps de parler ; mais à présent il faut me suivre.

Nos malles furent bientôt faites, Carwell les fit porter lui-même dans une voiture qu'il avait amenée; il donna la main à Clara j qu'il appelait Sfi belle infitlèle ; nous descendîmes dans la cour, Carwell nous fit placer dans la voiture, s'y mit avec nous, dit quelques mots à l'oreille de son cocher, qui mit ses chevaux au galop, et bientôt nous fûmes loin de Londres,

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