Il
dans , précipilait avec elle une grande quanlilé de crapauds , de couleuvres , de grenoiiilles , qu'elle avait lances dans l'air , el qui nalnrellement ne pouvaient pas y rester.
Lorsqueles spectateurs qui, comme nous , s'e'taient tenus loin du danger , aperçurent cette foule d'hommes et de femmes subitement changés en nègres, ce furent des cris de joie, des huées, des baltemens de mains à n'en pas finij' , et j'avoue que moimême je ne pus m'empecher de rire aux éclats en voyant les élégantes de Dieuze , la plupart en robes naguères blanches, maintenant tellement couvertes de bouCj qu'elles ne saraienî plus où poser leurs mains, et n'osaient avancer un pied , dans la crainte de rencontrer quelque reptile. Quelques unes prirent le parti de se soustraire aux railleries en se sauvant
^r\ns une praiiie voisine ; niaÏ3 cVtait , comme on dit , tomber de Crjrybde en Scilla ; caries trois écluses de l'étang voraifsaient une si grande quantité d'eau, qu'en un instant la prairie fut inondée , et nos dames, réfugiées sur un tertre , se mirent à jcler les hauts cris et à implorer le secours des assistaos. Quelques hommes galants alUrcnt cour.igeusement leur présenter leurs dos , et les portant sur leurs épaules , parvinrent à les mettre en sûreté.
Nous les laissâmes rajuster leur toilette comme elles purent ^ et nous retournâmes à Dieuze , où nous rîmes encore long-temps ^ en nous rappelant les scènes grotesques qni nous avaient tant amusées. Ma tante était de retour; mais soit qu'elle fût fatiguée , soit qu'elle voulût éluder mes questions , elle s'était retirée en priant qu'on la