‹ Le perroquetChapitre 6 sur 15 · LETTRE XLIII · texte numérisé non relu

LETTRE XLIII

Louis Friedel à John JVolf.

Do la ferme de Bockenheim, le...

j.f JLes batleries sont dressées , la mine est préparée , la mèche est allumée , et demain les ennemis sauteront. Le frère Caton est enfin décidé à traîner au loin ses vertus et sa mélancolie :

j'ai eu bien de la peine à l'y déterminer ; mais enfin c'est une affaire faite , et demain, jeu serai débarrassé , ce jYsp'.Ve que ce sera pour long-temps.

J'aurais bien voulu le faire partir mcogn'ilo , mais je n'ai pu gagner ce point-là; il veut ab->olnmeul faire ses adieux au bonhomme ; il espère Patiendiir par ses humes ; je sais qu'il en

( i49 ) versera , mais ce seront des larmes tic rage , des larmes de sang. Il fera ses adieux, mais ce ne sera pas au bonhomme , qui pourrait se laisser gagner par une explication : ce sera à la mai' son paternelle. Maintenant, attention, Philistin ; écoute tt reliens bien le mot d! ordre.

Par un faux avis donné à mon pèi e , il doit sortir dès le matin, et ne rentrer cme le soir; il doit aussi t'emmener avec lui. Ava.nl de sortir, !u fttws semblant d'avoir perdu un papier important, que tu rroiras avoir misdans l'armoire qui est dans le cabinet de mon père: il l'ouvrira cette armoire , et lu allirt ras son attention sur une petite cassette qui s'y trouve , et qui est remplie de ducats. Celle manoeuv vre n'a pour but que de faire souvenir le bonhomme , en temps et lieu, quesa casselle c lait en bon état, et clan*

( >5o) son gîte accoutumé, lorsqu'il est sorti avec toi.

Il n'est guères possible que lu devines mon intention; mais tu ne dois pas encore être dans le secret : quelque bon comédien que tu sois , ton étonnement sera plus persuasif, quand il sera naturel , que s'il était joué.

Souviens-loi seulement que t depuis hier, je suis sur la roule d'Amslerdam ; que mon voyage , ne souffrant aucun délai, j'ai laissé mon coquin de Williams pour faire mes malles, el nie rejoindre en poste.

J'ai eu encore une scène terrible avec ce coquin de notaire , qui s'obstine toujours à garder mon obligation ; je l'ai traité comme il le méritait. Il s'est emporté , et le drôle a fiai par me mellre à la porte : il n'y mettra plus personne. Demain , ta jugeras si je sais récompenser les services et punir les offenses.

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