‹ Le perroquetChapitre 7 sur 15 · LETTRE XLIV · texte numérisé non relu

LETTRE XLIV

Lady Borman à son neveu Gottlieb*

Franc'ort-sur-Ie-Mein, le*n.r

\J mon cher Gottlieb , de quelle scène d'épouvante et d'horreur nous avons été frappées la nuit dernière ÎLe danger est passé, et cependant je n'y puis encore songer sans frémir ! Clara, ma chère Clara, au milieu des flammes, et à chaque instant menacée d'être engloutie sous les décombres! Pendant que lu nous attendais avec toute l'impatience de l'amour fraternel , tu étais loin de l'imaginer que la mort , la mort , sous la forme la plus hideuse , menaçait ta tante et (a nièce.

Mais il faut reprendre d'un peu plu»

loin cet horrible récit,

( 'Sa) Nous sommes arrives hier à Mayenee , vers midi ; Clara , qui brulait d'impatience de voir son frère , nous donna à peine le temps de faire rafraîchir les chevaux ; il fallut parlir. Nous n'étions plus qu'à qualre lieues de Francfort , lorsque l'essieu de notre voiture se rompit. Ce contre-temps causa infiniment d'humeurà ma nièce, qui voulait absolument continuer la route à pied ; mais je m'y opposai de toutes mes forces , et je parvins à la de'tourner de ce projet , en lui représentant que la vitesse de nosche vauxnous ferait regagner le temps perdu , et que même , en partant à pied , nous n'arriverions pas plus tôt , quYn attendant que notre voilure fut réparée. Cependant on employa quatre giandes heures avant qu'elle fut en état de marcher, et il était tics-tard lorsque nous arrivâmes à Francfort*

Persuadée que des personnes de notre rang ne seraient point embarrassées de trouver un logement dans une ville aussi considérable, j'avais négligé d'en faire retenir un d'avance ; mais j'eus tout lieu de m'en repentir : on était dans le temps de la foire , qui y ailire une foule prodigieuse de marchands et d'acheteurs > de sorte qu'après nousêtre présentées, sans succès, dans cinq ou six hôtelleries, je vis le moment où nous serions réduites à passer la nuit dans la rue. Nous déplorions notre malheur assez haut pour être entendues, lorsqu'un homrne,d'un extérieur honnête , quoique très-simple , nous aborda , et nous dit , avec l'acceut d'un honnête homme : « Ces dames sont étrangères , à ce que le hasard m'a f lit entendre de leur conversation; je vois qu'elles sont embarrassées de se loger. Si j'avais le bonheur de leur

inspirer assez de confiance pour me suivre, j'ai deux chambres à leur dispo sition , dont elles pourraient s'accommoder , en attendant qu'elles aient trouvé un logement plus convenabîe ou plus commode. »

Je regardais ma nièce , comme pour deviner ce qu'elle pensait de cette offre obligeante. Clara regardait l'homme officieux , comme pour lire dans ses traits, si l'on pouvait se fier à lui; mais la figure de cet homme était si honnête , que nous nous écriâmes presque toutes deux en même temps :

« Nous acceptons votre offre avec reconnaissance,Monsieur». Il parut flatte de notre confiance , et nous conduisit , à quelques pas de là , dans sa maison. Cet homme était un notaire , veuf, pauvre, et chargé de huit enfans. J'eus bientôt lieu de m'apercevoir que son inclination à obliger l'avait s«ule

porté à nous offrir un asile ; j'entendis qu'il donnait , dans une chambre voisine , l'ordre à sa servante de déplacer ses deux aines , pendant que nous serions à table , et de veiller à ce que les chambres et les lits fussent de la plus grande propreté. Nous fûmes fâchées du dérangement que nous causions à ce brave homme et à ses enfans , et nous nous promimes bien de les en récompenser.

Bientôt un repas, aussi bon que la circonstance le permettait , fut préparé dans la chambre voisine ; le notaire vint nous inviter d'y passer , et nous fîmes un souper extrêmement agréable j par la conversation.de cet homme rempli d'esprit , de jugement et de connaissances. Quand nous eûmes fini , je suis fâché , nous dit-il , Mesdames , que la disposition de cette demeure ne me permette pas de voua

( '56) logercommejele dé>irerais, et comme vous l'auriez peut-être souhaité vousmêmes ; les deux pièces où je vais vous faire conduire sonl très-petites, et à une certaine distance Tune de l'autre. Il vous en coûtera , sans doute, d'être séparées ; mais une nuit est bientôt passée , et demain , j'espère que nous trouverons le moyen* de vous loger d'ime manière plu* agréable.

Nous remerciâmes l'honnête notaire, et , après lui avoir souhaité une bonne nuit ainsi qu'à ma chère nièce, je me fis conduire . par la fiile , dans la chambre qui m'était destinée. Je me déshabillai Mule , ri me couchai. J'ignore depuis combien de temps je dormais , lorsque je me sentis éveiller par un craquement qui ébranla jusqu'à mon lit, du moins je le crus. Mes jeux t que j'ouvre avec

ipeine, sont frappés d'une lueur éclatante , qui se réfléchit sur le mur en face de ma croisée; je t'ouvre ! Je suis saisie d'épouvante , en apercevant des tourbillons de flamme et de fumée sortant par les fenêtres d\ine chambre qui est précisément au-dessous de la mienne. Déjà les cris horribles :

au feu ! au feu ! répétés le long de la •rue , font accourir les habilans en. ioule, vers la maison du notaire. Éperdue , hors de moi , je prends à peine le temps de jeter un schall sur mes épaules ; je m'élance hors de ma •chambre , je remplis le corridor de mes cris : Clara ! Clara ! ou est-elle? J'ignore dans quelle parlie de la maison on l'a mise ! Je redouble mes cris, et Clara ne me répond pas. Dans ce moment , je vois passer le notaire , chargé de deux enfans, et criant de toutes ses forces, sans doute à sa sei>

(.58) vante : « Lîsbeth i où étes-vous? Sauvez mes enfans ! » En vain je lui crie : Où avez-vous mis ma nièee ? où est ma Clara ? Le malheureux ne m'entend pas , il n'est occupé que de ses enfans. Je m'attache à ses pas , et je le suis jusque dans la rue , où il dépose les deux petils malheureux qu'il vient de sauver. Il remonte en toute hâte pour chercher les autres ; je veux le suivre ; la foule , qui se grossit , me sépare de lui ; je me tors les bras , et je remplis l'air du nom de Clara. Tout-à-coup, je crois reconnaître sa voix plaintive ; je lève les yeux : c'est elle , c'est Clara ! Elle crie au secours, à la fenêtre du second étage; je trouve enfin le moyen de me précipiter dans l'allée, et je me dispose à monter pour la sauver; mais le feu a déjà gagné l'escalier, la flamme et la fumée m'empêchent d'aller plus loin. Je sors , je

( i5g) m'adresse à tous ceux qui m'environnent : Sauvez ma Clara ! Mille guinées à celui qui la sauvera ! On me regarde : quelques-uns , lentes par l'appât du gain , se hasardant d'entrer ; mais aucun d'eux n'a le courage de francbir l'escalier embrasé. Je poussais des cris de désespoir , lorsqu'un jeune homme , un Dieu , fait retentir à mes oreilles ces paroles consolantes : « Consolez-vous , Madame , je vais la sauver ou périr avec elle ». Je crus entendre la voix d'un ange descendu du ciel , et je me serais volontiers prosternée à ses pieds pour le remercier. Il prit un grand manteau dont il était enveloppé , Le trempa entièrement dans l'eau , et s'en étant recouvert , il s'élança à travers les tourbillons de flamme, qui nous dérobaient l'aspect de l'escalier , et disparut à tous les

( «6o ) •yeux. Oh ! comme je frémis à l'idée .que cet intéressant jeune homme allait peut-être se rendre victime de son généreux dévouement, sans utilité pour .le salut de Glaia ! Comme mon cœur pi! pilait , en comptant les secondes qui s'écoulèrent , jusqu'au moment où je vis Clara se retourner et disparaître de la croisée ! Les yeux fixés sur la fatale porte , je voyais avec effroi les ravages du feu s'augmenter de minute en minute, et la sortie devenir de plus en plus difficile , pour ne pas dire impossible. Enfin je crois distinguer quelque cltose au travers des flammes:

c'est lui ! je n'en poux plus douter.

-Chargé de son fardeau précieux, qu'il a couvert de son manteau mouillé, le jeune homme , mon demi-dieu, s'avance intrépidement à travers le feu; il marche d'un pa«' assuré sur les lisons ardens, se fait faire passage à travers

fa foule étonnée, et s'éloigne a 'grands pas , et sans quitter son far Jean , loin du lieu de l'incendie. Je le suis, sans .savoir encore si je dois remercier le ciel , car aucun mouvement ne me donne L'assurance que Clara existe encore ; je nu savais pourquoi il me ne l'avait pasreudue, en sortant de la maison du notaire; niais à peine avais-je fait douze ou quinze pas , que je vis avec effroi et reconnaissance., de quel nouveau danger il venait de nous sau< ver; la maison brûlée parle bas s'é— croula avec un fracas e'pouvanlable ; el nous aurions e'te' infailliblement écrasées sous les débris , sans la pré" caution que noire héros avait prise de nous faire éloigner promplement.

Il frappe à une porte , qui fut ou-*

verte aussitôt. Je suivis notre libérateur

qui, s'étant débarrassé de son manteau,

posa Ci ara sur un canapé. Elle était

sans mouvement ; et la croyant morte., je poussai des cris lamentables auxquels succédèrent bientôt les transports de la joie la plus vive , lorsque je vis lout-à-coup son sein s'agiter, ses yeux s'ouvrir, sa bouche sourire, et ses bras s'étenJre, en signe d'actions de grâces, vers son libérateur qu'elle parut reconnaître avant moi. Celui-ci la voyant revenue à la vie., se jeta à genoux à côté d'elle, et levant au ciel ses mains et ses yeux, s'écria, avec une expression qu'il serait impossible de rendre : Dieu que je suis heureux l elle respire !

Je n'essaierai pas de peindre la scène qui suivit celle-ci r des mots sans suite , des exclamations arrachées par la reconnaissance d'un côté , par la joie de l'autre ; la modestie du jeune homme qui , d'un air embarrassé et en rougissant, repoussait avec liuii-

( >C3) dite les éloges qu'il avait si bien mérités , mit le comble à notre admira»

lion pour lui. C'est au moment où l'on a failli perdre la vie , qu'on sent véritablement le bonheur de vivre. La joie d'avoir échappé , comme par miracle, au plus horrible danger , éloignait tellement toute autre idée de nous, que , jusqu'à présent , ni Clara ni moi n'avionsencore fait attention au désordre clans lequel nous étions devant ce jeune homme. Clara était presque nue , elle s'était sauvée avec un simple jupon, et après avoir rempli la maison de ses cris pour m'appeler, elle était descendue ; mais ayant vu les flammes lui disputer le passage au bas de l'escalier, et n'ayant osé les franchir, elle s'était réfugiée jusqu'au second étage ^ d'où elle avait appelé au secours par lsc croisée» « Je ne voyais plus aucun espoir de salut, dit Clara , et j'hésitais »

me préei piler par la fenêtre , an risque de me tuer, lorsque j'entends quelqu'un qui enlrc dans ma chambre, c'était Monsieur : suivez-moi, Mademoiselle , dil-il, vous n'av< zpas un instant à perdre ! — Ah! m'e'criai-je, sauvez ma tante ! qu'est devenue ma tante? — E !e est en sûreté', répondit-il , venez, lime prit par la main, j'hésitais, mais un regard jeté sur Monsieur me rassura. (Ici Clara rougit prodigieusement. ) Il m'enveloppa dans son manteau , poursuivit-elle , et me porta, plutôt qu'il ne me conduisit , jusqu'à l'escalier du premier , qui était déjà à moitié consumé. En voyant ces tourbillons de flamme qu'il fallait traverser, ces poutres embrasées sur lesquelles il fallait marcher, enfin, le court espace qui , dans ce fatal instant , séparait la vie de la mort , l'effroi -'empara de tous mes sens, et je perdis ealièrement connaisanee.

Ici recommença , de ma pari et de celle de ma nièce , un concert de bénedictions el d'actions de grâces , que le modeste jeune homme se lia la d'interrompre : Mesdames, dit-il, vous devez avoir besoin de repos , après une crise si épouvantable ; commandez ici comme si nous étiez chez vous. Celle maison , à la vtrile, ne m'appartient pas , c'est celle d'un ami qui est absent et qui se ferait un vrai plaisir , ainsi que son épouse, de rivaliser de soins avec moi, s'il e'tait ici ? pour effacer de votre esprit jusqu'à la moindre trace de voire frayeur. La domestique s'empressera de vous servir, el de vo'er au-devant de vos moindres volontés.... Mais, ajouiat -il en balbutiant , serais-je as ez heureux pour obtenir une grâce de vous?

— Une grâce , s'écria Clara vivement 1 Mon libérateur peul-ii craindre

( >66) d'éprouver un refus de la pari de celle qui lui doit la vie ?

— Eh bien, dit -il, voire bonté m'enhardit; vous êtes étrangères ici r l'état de dénuement où l'incendie vous a réduites exige de prompts secours ; j'ignore ce que vous avez perdu , et le temps qu'il vous faudra pour réparer voire perle , j'ose donc demander comme une faveur que vous me permettiez d'être votre caissier pendant quelque temps.

— Généreux jeune homme , répondis-je , touchée d'un tel procédé , n'ayez aucune inquiétude sur noire compte. L'impatience de ma nièceest cause que j'ai laisse nos malles à Mayence , elles arriveront demain dans la matinée ; ainsi vous voyez que notre pénurie ne sera pas longue.

— Ainsi vous me refusez , dit-il d'un air triste, et tenant sa bourse à la main ?

— Non , dit Clara , je ne refuse pas> j'ai engagé ma parole , et je la liens.

En même temps elle prit la bourse du jeune homme, dont les yeux ctineelèrenl de joie , la vida sur une table, et prenant un ducat de Hollande s * Cette pièce, dit-elle , nie suffira pour remplir le besoin le plus pressant de mon cœur; je laperceraifacilement, je la porterai aman cou, et teint que je vivrai , elle me rappellera l'image d'un homme qui, sans me connaître, a dévoué sa vie pour sauver la mienne. »

Elle prit le duc;iè et tendit la bourse au jeune homme , qui saisit la main de Clara, la porta sur ses lèvres, y imprima un baiser , et montra ensuite autant de confusion que s'il eût commis un grand crime. Pardon, pardon !

dit-il , je me suis oublié et je sens la nécessité de me retirer. Et en effet, il sortit avec tant de précipitation r

( .68) qu'aucune de nous n'eut le temps de Jui adresser un mol pour le retenir.

Dès qu'il fut sorti, la domestique entra , et nous demanda très-poliment si nous ne desirions pas nous reposer ; nous acceptâmes son offre , et elle nous conduisit dans une chambre élégante où elle nous montra deux lits jumeaux ; je la rappelai, comme elle se disposait à sortir, pour lui demander le nom du jeune homme qui nous avait introduites dans cette maison.

« Mesdames, dit-elle , je suis au désespoir de ne pouvoir vous satisfaire , il m'a expressément défendu de le nommer. » Et nous ayant souhaité une bonne nuit , elle sortit et nous laissa seules.

Nous nous couchâmes , mais notre esprit était trop plein des événemcns de la journée , nos sens trop agités , pour pouvoir nous livrer au -sommeil.

( 'Go) Nous passâmes plus de trois heures à nous cnl retenir de l'héroïsme de ce jeune homme ; Cla^a surtout ne pouvait tarir sur son compte, et il lui lardait que le jour fut arrivé, pour le voir revenir et apprendre son nom de lui-même. Lorsque je lui racontai que j'avais promis mille guinées à celui qui la sauverait , elle me demanda si je complais offrir celte somme à son libérateur , et si je croyais qu'il l'accepterait? Si sa physionomie ne me trompe pas, dit-elle, je crois, MHady, que sa délicatesse s'offenserait de recevoir un Ici salaire d'un si belle action : quant à moi , j'aimerais mieux passer pour une ingrate que de le lui proposer.

— Eh bien, Clara, comment croyezvous donc que nous puissions ou que nous devions nous acqui lier envers iui? Milord, votre père, serait le premier

à nous blâmer s'il savait que nous n'avons pas recompensé généreusement, et d'une manière digne de lui , l'homme qui a sauvé la vie de sa fille chérie.

— Je suis parfaitement de votre avis. Miladyjune Anglaise telle que moi n'a qu'une manière de récom»

penser un lel dévouement.

— Et quelle est - elle , ma chère Clara ?

— Àh , Milady , si vous ne me devinez pas , je dois laisser au lemps et à une plus ample connaissance de cet intéressant jeune homme , le soin de vous l'apprendre. Pour l'instant, permettez-moi de garder mon secret.

Pauvre Clara ! ton secret n'en est pas un pour moi; les regards si tendres , que lu attachais sur ce jeune homme , ta voix qui tremble quand tu parles <le lui, l'envie que tu as d'en parler.

C'7>) toujours, tout m'indique qu'il a fait sur ton cœur une impression plus forle que celle de la reconnaissance.

Heureusement que le jeune homme a pris sur lui de couper le mal dans sa racine : vainement nous l'avons attendu hier toute la journée ; il n'est pas venu.

Nous avons envoyé la domestique dès le matin au bureau des voilures; elle est revenue avec nos malles. Alors le premier soin de Clara a été de se parer comme pour une fête. Sur quelques plaisanteries que je lui ai faites, elle a rougi, et m'a répondu, assez gauchement, queson intention était moins de se parer que de donner de l'air à ses vêtemens , qui pouvaient se gâter en restant siloug-temp enfermés.

Ma toilette ayant été prête longtemps avant la sienne, je sortis pour prendre chez le magistrat les mesures

C *72 ) nécessaires pour découvrir le fils de la malheureuse Adèle, et en même îemps pour chercher un logement, ne voulant pas être plus long-temps à charge à des personnes que je ne connaissais pas. J'en trouvai un à l'hôtel de l'Empereur des Romains, et je viens retrouver Clara, pour nous y faire conduire ayee nos effets. Je la trouvai de très-mauvaise humeur; et sur quelques observations que je lui fis, elle me dit qu'elle s'était beaucoup ennuyée pendant mon absence. Je compris bien la cause de son dépit; mais je n'en fis rien paraître. Lorsque je parlai de changer de logement , elle demeura aussi interdite que si je lui eusse annoncé un grand malheur.

— Mon Dieu , ma tante , ce chan*.

gernent de demeure est'- il donc si pressé ?

— Je ne crois pns , ma chère Clara, que vous jugiez ni convenable, ni décent, de prolonger votre séjour chez des personnes que vous ne con-* naissez pas.

— Mais ce jeune homme réviendra sans doute, et s'il ne nous trouve plus ici, ne sera-t-il pas en droit de croire que nous l'évitons pour nous débarrasser du faideau de la reconnaissance ?

— Votre réflexion est juste , ma chère ; aussi mon intention n'esl-elle pas de nous soustraire aux visites de ce jeune homme : nous laisserons ici notre adresse , et nous le recevrons aussi bien dans notre hôtel que dans cette maison.

Clara n'ayant rien à répliquer à Cela, me suivit sans rien dire, et bientôt nous fumes installées dans notre nou-*

feau logement. On fait mille conjectures sur l'incendie de cette nuit (i). .

(i) Les détails de Milady se trouvant dans la lettre suivante , nous les avons suppriaiés,. pour éviter les répétitions inutiles.

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