CAUSE PREMIERE ET VOLONTE
hypostases, s ils veulent que rinconditionné soit le principe de quekiue chose.
Le rapport fondamental m^ peut être log'iquenK^nt, pour notre intelliL»'enee, que celui que constitue par elle-niùme la consciiMice, puisque celui-là est supposé pai* notre représentation des objets quelcoufpies et du monde. Le philosophe réaliste, ne le présupposant pas, est ol)ligé de l'expliquer, de le déduire. Ce cercle vicieux ne se i)eut éviter qu'en posant la première réalité dans la relation première qui est la conscience.
Le princip(* loo-icpic de relativité est respeeti' par celte doctrin<', (jue nous nommons le persomialisme ; car la conscience est {)ar elle-même un rapport ; elle est, dans la pensée que, par elle, nous prenons d'elle, g'énérale et rationnelle, aussi bien qu'individuelle et empiii(pie ; et elle est le rapport du sujet à l'objet, universellement. Hors de ridée de ce rapport, l'idée de conscience s'évanouit.
Et selon qu'on suppose la conscience rt'duite à la plus simple expression des raj)[)orts(|ui s'unissent pour la constitution syntliéti(jue du rapport fondamental : — perception, prise de connaissance des objets extéi'ieui'>, communication avec des consciences autres (pi'elle-méme, — appétition, sentiments et désirs relatifs à cette connaissance et à cette communication, — énerj^'ie, action modificatrice de ces rappoi'ts objectifs et sul)jectifs, dans la mesure et à diffén^nts degrés d'une puissance individuelle limitée; — ou qu'on envisage la conscience comme élevée à la perfection des attributs définis par ces ditîérents rapports, et parvenue à l'entièn^ adérpiation de l'intelligence, du désir et de la volonté avec leurs objets et leurs fins ; — selon qu'on se forme l'idée générale de Fùtre réel à l'un ou à l'autre de ces deux points de vue, on a ou le concept de
la simple monade, être élémentaire de tous les ôtres de la nature, organisés ou inorganisés qu'ils soient, ou le concept suprême du créateur de la nature, providence du monde.
CilAlMTUE 111
LA CAUSE PKEMIi'lKE COMME VolJlMl': ET PERSONNALITÉ LA CONSCIENCE. LE MONDE EXTÉRIEUR
Nous avons posé l'hvpolhèse d'un acte premier, c<jmmençant les phénomènes. Ln tel acte est l'acte d'une volonté. (]ar nous n'avons aucune idée d'un pouvoir de suscitation de phénomènes qui ne soit la volonté, quand nous en clierchons un au delà du simple fait de succession et d'enchaînement des phénomènes de notre expérience ol)jective.
Poser la volonté première comme une entité pure, absolue, sans rintelligeiice et sans la conscience, telle que Ta conçue Schopenliauei*, ce serait imiter ces penseurs réalistes (ju'on a vu de tout temj)S prendre |)our principes du monde des concepts : l'Infini, la Substance, le Nombre, l'Un, ridéi', l'Atome, la Force, Tlnconditionné, l'inconnaissal)le. Mais toutes ces abstractions, ces modes univer-;els de penser imj)li(|uent rintelligence, impliquent la conscience. La volonté elle-même est, sans la conscience, un terme abstrait, aucpiel on donne le sens de force productive inter'ue, engendrant l'intelligence et la conscience : mythologie pure.
La volonté créatrice du monde doit être unie à la pensée, à l'intelligence, et à ce troisième principe d'action qui est le dé^ii', ou l'amour, alin de former une synthèse mentale semblable à la synthèse qui est notre être propre, la personne humaine, en la conscience qu'elle a de soi.
12 LA CONSCïENCi:. L'OBJKT I:T LE SUJET, LA PENSEE
Là conscience de soi se définit par le rapport d'un suj(>t à un objet. Le terme représentatif, ou sujet, en ce ra()purt, et le terme représenté, ou (►bjet, sont inséparal)les, c'està-dire indéfinihs(d)les autrement que par la relation de l'un à Taulre. Et il n\st pas possible de sortir de eelte loi, notre pensée n'y échappe pas, quand elle poseTobjet comme autre que le sujet, et extérieur au sujet; ce ne peut jamais être que par un acte de conscience, qui est une pensée, que Fobjet est ainsi repn'senté hors du sujet.
Une pensée est un acte particulier de détermination de la relation générale de sujet à objet qui constitue la conscience. Ouand lobjet est représenté comme extérieur au sujet, encore qu'il lui soit, d'autre part, intérieur et inliérent comme représentation donn(''e, cette connaissance de la chose, la pensée qui la pose, sont des actes de croyance, soit spontanée, soit réfléchie, tout autant qu'aucuii doute n'intervient. La connaissance et la chose connue, celle-ci en tant qu'externe, ne se peuvent rencontrer et joindre de telle façon que la première vérifie Texislence de la seconde.
Toute pensée est donc la repivsentation d'un rap|)ort qui lui-même en embrasse d'autres. La conscience est ellemême une relation, la relation essentielle et première du sujet à l'objet; l'objet, externe qu'il soit, aussi bien qu'interne, est un rapport à la conscience, et les objets en leur variété ne se définissent que par les rapports sous lesquels la sensibilité et l'entendement nous les représentent (V).
L'objet constitué extérieurement par une croyance naturelle est posé comme constituant un sujet pour luimême; mais la nature de ce sujet, aux yeux du penseur qui ne cède pas aux premières tentations naturelles d'affirmer, reste à découvrir et à définir, car cette nature doit