‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 101 sur 211 · Œiiuvros inédites, t. H. p · texte numérisé non relu

Œiiuvros inédites, t. H. p

faudrait cela î mais alors c'est T^jf///^//;' lui-même qui n'entrerait plus dans ses proj)res vues, car il aurait à séparer de la volonté la sensation musculaire et l'action dans V espace e.rferne, comme l'appelle ^L Ernest Xaville. La résistance lui est, d'autre part, indispensable j)our j)oser le terme antagoniste du moi, unique et véritable moteur.

« La force, dit en eiïet Biran, continuant, n'est déterminée ou actualisée que dans le ra[)|)ort à son terme d'application, de même que celui-ci n'est déterminé comme* résistant que dans lerappoi't à la force actuelle qui le meut ou tend à lui imprimer le mouvement. Le fait de cette tendance est ce que nous appelons effort, ou action voulue, ou volition, et je f/ls nue cet effort est le véritable f ad primitif (In sens Intime,

« En plaeant ainsi le j)iincipe de causalité, ou le fait pr'imitif dont il déi'ive immédialemeni, à la source même de toute science, et le sul)stituant à la notion de substance absolue, qui a oucpii avait servi juscju'à présent aux philosophes, nous devons donc avoir une autre philosophie, une autre analvse des sensations et des idées, un autre svstème de vénération des facultés. »

Ainsi la [)hilosoj)hie aurait à se constituer sur ce fait primitif : le rap|)ort de deux entités corrélatives : une tendance à mouvoii-et une résistance au mouvement. \j^ fait primitif de la doctrine cartésienne, dont la portée embrasse tout le domaine intérieur de la pensée, devrait se réduire à l'élémenl volilif, (|ui, non seulement ne renferme pas la pensée, mais la suppose ; et le principe universel de causalité, ori- U'ine des idées de Dieu et de création, dans la doctrine de Descartes, ne serait plus envisagé primitivement que dans le phénomène du mouvement, et impliquerait la donnée de la matièi-e inerte ou résistante. Ce spiritualisme abaissé, dont rap[)arente absoluité faisait illusion à Victor Cousin, ne pouvait, au contraire, s'expliquer ({u'en remontant à son origine, à l'empirisme idéologique. 11 n'avait pas de réponse

KTiDi-: SLR LA pi:rgi:ption ht la fouci:

possible à la criliquc néoalive du principe de causalité, fondée sur la lolale absence d'indice réel pour l'action prétendue d'un pur acte mental sur des modifications organiques, œuvre visil)le de la natuiv. ijiran pouvait répondre avec succès aux objections de Hume, quand il s'attachait à montrer dans le moi la ce conscience de lorcc ou de causalité )), lasource des applications que nous faisons du principe de causalité au dehors ^; mais il perdait cet avantag'c contre l'adversaire, en jdarant reiîoit vouhj dans Tacte locomoteur sensible, qui est un phénomène physiolo«;i(pic dont nous avons seulement la sensation externe comme nous l'avons de tout événement survenu dans le corps.

Porter l'esprit, rpprrsnild/if (fu moffrnfffjff, hors de luimême, lui faire constater son action dans le phénomène, qui est cepcndîuit. pour lui, /e rcjtrrsrufé, à l'égard ducpiel il est passif; extérioriser et réaliser à cet efl'et l'idée de force, dont on a posé l'essence toute mentale, s'imj)oser i)ar suite l'obligation de constituer au dehors une autre abstraction, l'objet inerte, pour l'opposer à la première, c'est l'entreprise désespérée du disciple de Tracx-, n'solu d'abandonner la thèse de « l'objet externe suscitant la volonté ddns la /racllo/f de Fon/anistnv )),etn'y parvenant qu'à Taidede la fiction de la volonté cause transitive et matériellement opérante pour mouvoir l'oroane. Et ce n'est autre cliose, au fond, que le parti pris de séparer la volonl(' sans al)andonner pour cela le préjug-é de l'union organique. Lw farce du vouloir et la /o/Tc du mouvoir sont réalisées et identifiées. La différence entre ce système et celui de Tracy, que Hiran avait d'abord embrassé, comme nous l'avons vu, c'est que, par le nouveau système, on échappait au déterminisme. La volonté, affranchie de l'organisme, quant à l'origine, puis adaptée à l'organisme, peut se présenter comme un lil)re arbitre. Et cette différence est grande ; mais elle se donne pour démonstrative et ne saurviit l'être.

Page 1