LA THÉORIE DE LA PERCEPTION DE REID
CIIAIMTHK Vil
THÉORIE DE LA l'ERCEPTlON DE UEID
Thomas Reid qui, c'est lui-mrme qui nous Topprend, avait d'abord embrassé tout le système de Berkeley, jusqu'ù la non-cxislence de la matirrv^ et qui ne s'en éloig'na qu'en voyant les conséquences tirées par Hume de la doctrine des idres, conserva cependant toujours, et regarda comme une grande découveite du maître, la thèse, « que les qualités d'une chose inanimée, telle que la matière ne peuvent ressembler à aucune sensation, — c'est ainsi qu'il la formulait, — et qu'il est impossible de concevoir rien de semblable aux sensidions ou aux idées d'un esprit, si ce n'est les sensations ou les idées d'un autre esprit. » Or ces thèses, rapprochées de cette autre : « que nous ne pouvons concevoir que ce qui a de la ressemblance avec une sensation ou avec une idée présente à noire esprit », conduit à la conclusion forcée : « que nous ne pouvons concevoir que des sensations, des idées et des esprits ». Il faut donc nier la mineure du syllogisme, si l'on admet comme concevable l existence d'un monde matéiiel indépendant des sensations, des idées et des esprits ; il fau t nier, et Heid nie résolument la doctrine des idées, qui a. dit-il, été universellement rc^uie en pliilosophie depuis Descartes, Locke et Malebranclu\ Ces idres, doni il veut défendre l'emjjloi aux philos(i|)hes, il les (juahlie (jnelqucfois de rejtrésenlaùces, et, dans ce sens, il les fait remoider jusqu'à l'origiiie de la [)hilosoplHe. S(ui disciple Dugald Slewart, les a entendues de cette manière, c'est-à-diie définies comme des espèces^ ou images, dont notre esprit aurait la perception, et qui seraient ainsi des intermédiaires entre l'objet réel à percevoir et la perception elle-même ^