‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 107 sur 211 · L.V TllÉOlUE DE LA PERCEPTION DE REID · texte numérisé non relu

L.V TllÉOlUE DE LA PERCEPTION DE REID

commun, ou encore une crof/ance ; et cette manière de l'envisager, qui j)eut aussi se justifier par de faciles citations de ses ouvrages, serait et ne pourrait être que la vérif.Ml'1.\ s'il n'avait i)as ajouté qu'il s'agissait d'une crovaiiee invincible : affirmation peu sérieuse en Tétat de la question après Ijerkeley.

Enfin, une dcM'nière formule de la nature de la perception externe, selon Pieid, consiste à la caractériser comme une intuition direrlr d.'s qualilés primaires de la matière^ et c'est celle-là, non moins exacte que les précédentes, qui rcnul compte de rinvincii)ilité prétendue de la croyance. Elle serait assui'ément la meilleure, ou la seule bonne, si rinluilion portait avec elle la preuve de la qualité intrinsrqur (le lobjet. au lieu d'être simplement la forme sous laquelle son exl('Tiorité est représentée à l'esprit en vertu de ses lois et des lois de la nature.

L'expression la plus exacte de la théorie de Reid est celle à lacpielle on a j)rêté la moindre attention, parce qu'elle se rattache étruitemiMit à cette théorie même de Berkeley, dont il se propose de renverser la conclusion. Reid accède de la fa(;on hi i)lus formelle à la négation de tout rapport entre les sen.sations et les qualités des corps, qu'il croit être des qualités réelles de cori)s réels, et par là il se sépare absolument des psycliologues de l'école empiriste qui, presque tous, ont cherch.> dans quel élément de la perception sensible, et à l'aide de (piel raisonnement, il leur serait possible de prouver que l'objet externe nous est vraiment présent avec son étendue, son impénétrabilité, etc. 11 admet que la démonstration donnée par Berkeley et par Hume de l'imi)Ossibilité de tirer une conclusion de nos sensations à la réalité des choses extérieures est exacte, et que m le raisonnement, ni l'expérience, l'éducation et l'habitude ne sont la cause d'une conviction qui naît pourtant de ces sensations. « Ce phénomène est l'effet de notre constitution. » Nossensationssont dessignesqui nous la suggèrent.

KTUDt: SUR LA PKRGKPTION KT LA FORCi:

LA TllKORIE Dl-: LA PKRCKPTION DE REII)

C'est spécialement « une certaine sensation du toucher qui nous révèle la dureté des corps, quoiqu'elle n'ait /// ressemhiance lû connrxion nccpssairc avec cette qualitt'^ autant que nous sommes capables d'en juger... Cette sensation entraîne naturellement et nécessairement avec elle la notion et la croyance de la dureté^ qu;dité confondue jusqu'ici avec la sensation par les plus habiles observateurs de la nature humaine, quoique ces deux choses ne soient pas seulemei»t distinctes aux yeux d'une réflexion attentive, mais encore qu^m dissenihlablcs (fue la douleur (lune blessure et la jjoi/tte de Cèpée qui l'a eausre... La classe des sig'nes naturels de cette espèce est Ir jondement du sens commun^ partie de la nature humaine qui n'a jamais été bien (Hudiée^ ».

On voit ici le lien de la thèse du sens commun et de celle de la prétendue jtercejttioit immédiate^ (jui est très médiate. Ce qui est immédiat, c'est la notion que « par une sorte de suggestion soudaine, par une espèce de magie naturelle » nous obtenons de hi qualité de dureté; et c'est Il persuasion que cette qualité existr dans 1rs cor/ts : (( notion et persuasion qui nous viemient ensemble, liées à la sensation du contact, en vertu d'un pri/tcijje constitutif de la nature luanaine. Il est clair que Reid prend sur lui de confondre un premier jugement porté- spontanément, sans philosophie, sur la vraie nature des objets sensibles, avec un arrêt imposé par la constitution de Tentendement. Il veut mettre à la place de la philosophie ce sens comnnin, auteur très certain, et ni plus ni moins autorix' sur un point que sur un autre, de toutes les erreurs que les sciences ont dévoilées depuis l'c'poque où, soumis à la réflexion, les phénomènes ont cessé d'être interpréti's d'après les suggestions soudaines et cette magie naturelle des sens, auxquelles Reid invite les philosoplies à se confier.

La théorie des qualités dites secondaires n'est peut-être

liecherclies sur l'eiitenilc/nent, chap. v. sect. iv.

pas bien conséquente, chez Reid, au principe de la spontanéité de l'aperception du vrai ; car il ne conteste point la tlièse généralement admise depuis Descartes et Locke, d'après laquelle ces qualités sensibles : odeurs, goûts, sons, couleurs, le froid et le chaud supposent un sujet sentant, et, quoiqu'il admette aussi la croyance commune à quelque puissance ou vertu, dans l'objet, qui cause ces sensations, il nie (ju'elles donnent lieu à des idées qui soient des re[)résenlalions de quelque chose d'extérieur ^ Cependant le sens commun ne paraît pas bien éloigné de la pensée confuse, que, dans un objet chaud, il y a quelque chose qui ressemble à la chaleur, comme, au surplus, dans le corps dur, quelque chose qui ressemble à la dureté, mais conti'airement, cette fois, à l'opinion de Reid.

Le clioix de la dureté^ comme qualité éminemment propre à suggéi'ei* ridée du corps extérieur-, n'est pas un choix heureux, parce que- les corps, depuis les plus cohérents jusqu'aux plus fluides, var-ient dans ce rappoi't à nos sensations, juscpi'à devenir tout à fait insensibles. C'est une connaissance née de l'expérience, et non point une sensation, celte idée que les j)arties divisibles des corps tiennent |)lus ou moins, selon les cas, les unes aux autres ; elle suscite les idées d'im|)énétrabilité et de résistance : l'une, quand le fait de la divisibilité sans terme aperçu, joint à la distinction du corps occupant et du lieu occupé, donne à penser à une propriété qui rendrait le corps lui-même absolument im{)énétrable, s'il était pris dans son état d'mcomposition (particules dernières, atomes) ; — l'autre, dans la sup{)Osition que le corps n'est pas naturellement mobile mais inerte, en telle manière que les impulsions qu'il reçoit doivent trouver quehjue chose à vaincre pour qu'il se meuve. Ces vues hypothétiques qui impliquent toutes deux la notion de l'étendue sont des applications de l'idée générale àa force, que nous lirons de son siège inteUigible unique, la volonté,

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