LA TI1I-0RI1-: DE LA PERCEPTION DE RROWN
aient succédé. Reid, il est vrai, ne voit pas avec faveur la spéculation théologique sur l'éternité nanc slans, mais alors à quoi pense-t-il, quand il dit* que la mémoire est une fticulté non moins inexplicable que la prescience des futurs contingents? N'est-ce pas regarder leurs objets respectifs comme tout pareils [)oui' l'existence?
CHAriTRi: vil!
THÉCIUIE DE LA PEKCEPTION DE BKOWX
Disciple et successeur de Dugald Slewart à Edimbourg, Thomas Brown rejeta et combattit vivement les thèses de sa pliilosophie, c'est-à-dire de la philosophie de Reid, et, avant tout, l'argument qui déniait toute méthode rationnelle, sous l'apparence de ne faire rien de j)lusque de dénoncer la doctiine des idées i-eprésentatives comme responsable de la conclusion scepli^iue des analyses psychologiques de Hume. Brown réhiblit le véiitable sens attaché aux idées dans la philosophie moderne, et formula ncltement le principe de la primauté et de la soliladv lo(jique de l'esprit, tel que l'avait [)0sé le co(/ilo, point initial de la méthode de Descaites :
« L'idée, (ju'elle soit perception, souvenir ou conception, n'est jamais autre chose que Yesprii a/f'ecté (fa/œ certaine inanière, ou, ce qui revient au même, Vesprit existant dans un certain état. L'idée n'est distincte ni séparable de l'espi'it en aucun sens ; elle est positivement l'esprit lui-même, lequel, même dans sa croyance aux choses
1. Lasai sur les facilites inlellecluelles, Essai HT, chai), i-ii. Renol'vieu. — Le Personnalisme. 18
ÉTUDE SUR LA PERCi-PTION ET LA FORGE
extrrieures, ne fait que reconnaître une des nombreuses formes de sa propre existence^, »
Brown, se tonclaiit sur ce que la perception ne peu! jamais être qu'une idée en ce sens, un état de res[)ril, concluait que, parmi ces états dont nous avons conscience, et dont nous ne pouvons faii'e plus, pour ce qulls sont, que d'avoir conscience, « il y en a quelques-uns qu'il nous est absolument impossible de ne pas rapporter à des causes extérieures et indépendantes de nous : et /a crofjance à un ■ ensemhle it^'tres extérieurs est elle-mnne un de ces étais de i esprit ». Brown était, d'après celte déclaration, de l'opinion que llamilton s'est plu à appeler un idralisme cosmot lié tique (par op[)Osition aux psychologues qui admettent la perception connue une prise de connaissance immédiate de l'objet en ses qualités proi)res). Il soutenait que Hume lui-même avait admis cette croyance comme invincible, —- ce qui est exact, mais ne contredisait pas à son scepticisme de théorie, — et que lleid ne pouvait pas en avoir eu, au fond, une différente, j)uisqu'il avait parlé, lui aussi, de l'impuissance de la logique à la détruire, sans prétendre pour cela ([u'elle put être établie par le raisonnement, ou seulement justifiée par la ressemblance de son objet avec les sensations qui la suggèrent. Et ceci aussi était exact, mais lleid avait lait tous ses efforts pour mettre au compte de la nature la suggestion immédiate, dite invincible, des notions de certaines qualités qui, d après lui, auraient appartenu à la matière en soi. C'est cette innnédiateté qu'il a bien i)u prendre pour un F'apport de la connaissance à l'objet saisi, alors qu'elle ne i)eut être qu'un rapport de la conscience à la suggestion, la suggestion n étant elle-même que l'effet d'un préjugé, d'une habitude d'esprit. Brown, sur qui n'opérait pas cette suggestion de ({ua-
1. Leçons sur la philosophie de l'esprit humain (Leçon XXV) citation prise des extraits traduits et publiés i)ar Louis l'eisse dans ses Frofjments de ^V. llamilton.