‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 115 sur 211 · QQ · texte numérisé non relu

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KTLDE SUR LA PERCEPTION ET LA FORCE

RKID. RROWN ET IIAMILTON

sent à merveille, et (\u\m peut répoiulrc à ridentité qu'allèg-ue Hamilton |)ar une autre ideutitr plus logique : croire que Ton connaît l existence du monde externe, ce ne peut jamais rtre rien de plus que de croire à son existence, et à rrxccllence des raisons (jue Ton se reconnaît pour V croire. Mais c'est toujours croire; et (piruit aux raisons de croire, il est de fait (pie d'autres pliiloso[)lîes ne les jugent pas rationnellement dirimantes. C'est encore une croyance qui est appelle à les appréciera

La (piestion, assez claire dans ces termes, prend encore un aspect plus probant, quand on substitue, pour la traiter, ridée ou crovance du monde matériel à l'idée on .-royancc universelle, et infiniment [)lus simple, du monde extérieur, considéré à part (\c toute acception philoso[)hifpie de sa nature. La confusion de l'existence de la nature avec Texistence de la matière, définie par les qualités primaires, était favorisée par le système de Beikeley ; on en a profité pour assimiler la perception de la réalité externe, qu'il fallait rétablir, avec la perce})tion de la matière de Démocrite, et de ses qualités (moins les atomes seulement, «pii sont imperceptibles). Les abstractions les plus vulgaires des pi'opriétés des corps inoiganiques devaient ainsi passer pourlesobjets d'une fidèle intuition, sur la foi du sens conunun.

Vuiluiltun est, en effet, le vrai mot de la jtrfcc/ihofi 'nnmrdialc, qui, prise à la lettre, unirait deux idées contradictoires. Hamilton s'en est servi comme caractéristique de sa doctrine propi'e et de celle de lleid, à (|ui il a reproclié, non sans sévérité. (V n'y avoir j)as songe- bii-mème, outre la faute qu'il a aussi relevée chez lui, sur ce (ju on doit entendre en philosophie par la coit<clvnct\ Ce sont

1. Nous croyons i)oiivoir ivcluire n ce^s Irrnu's la jvfulalioii mimititnise de la thèse cic llamilUtii \n\v --i Mill (Voy. lie'ul el Broim dans les Frd f/menta de philosophie par \V. lla/nilton. \r[n\. \Vi\v L. Vv'ism. \). \o9), ci >tiiarl Mill, La philosopliie de llamillon. tiad. dt' E. Cazi'ik's, p. 187 sq.). Gesl lidée de croyance, comme dominant t(»ul le débat, qui nous semble devoir être dégagée mieux (jue ne la su faire Mill.

deux erreurs graves: « une erreur défait, en distinguant la conscience comme une faculté spéciale, et une erreur d'omission, en ne distinguant pas la connaissance intuitive delà représentative (distinction sans laquelle sa pliilosophie jiarticulière n'est rien). Elles ont contribué à rendre sa doctrine des facultés individuelles prolixe, vacillante, indécise, et r|uel(juefois même contrachc foire ».

Que, dans ]'ol)jel de l'intuition, Hamilton confondit la inalirvc avec Ir uiondv vxlvrleui^ cela n'est d'ailleurs point douteux : « Si, dil-il. le scepticisme auquel aboutit la philosophie du D'' Hrown », — par la proposition que Irspril nr raHitaft rien (/ne ses jn'ojtrr^ rfafs^ — « se réduisait à la négation de la matière, le résultat serait matériellement peu imj)ortant. La réalité transcendante d'un monde extérieur, considérée absolument, est pour nous parfaitement indifl'érente. Ce n'est pas l'idéalisme luimême qu'il nous faut déplorer, mais le mensonge de la conscience qu'il implicpie. La conscience une fois convaincue de fausseté, un al)solu scepticisme à l'égard de la nature de ni>tre être moral en est le triste, mais seul raisonnal>le résultat... '. »

Ces derniers mots de Hamilton rappellent une sentence de notre illustre l»oyer Collard: « On ne fait j)as au scepticisme sa part; dès qu'il a pénétré dans l'entendement, il lenvaiiit fout entier. » C'est aussi la « réalité de la connaissance » que Royer Collard entendait démontrer dans son cours. Mais l'apiiorisme, à l'examen, se trouve n'avoir pas de sens; car on n'oserait pas lui prêter celui-ci : qu'il n(^ faut lien examiner ni mettre en doute de ce qui passe conmiunément pour une connaissance réelle. Il en est de même de cette « conscience convaincue de fausseté »

1 lieid el lirowii. dans les F/ af/inetds de philosophie par W. llamillon, trad. jiar L. Peisse. j). tJi-TT- et '."il. — llamillon réiablil par une ample discussi(>n. contre Reid. le sens ])syclioI<»gi(iue de la conscience et la définition de la mémoire en tant (pie connaissance immédiate tlu jirésent seulement.

ETUDE SUR LA PIIHCEPTION ET LA FORCE

dont Ilnmillon redoute les suites funestes. Si la conscience paraît éprouver ce malheur, c'est qu'elle n'est pas vraiment la conscience, ou (ju'elle a pris quelque autre témoignage pour le sien; et, s'il faut renoncer à la critique de ses apparents témoignages, alors c'est la négation de la philosopliie.

CIIAPITHE X

HAMlLTdX ET IIERHEUxT SI>KN(.Eli

Après Ilamilton, si nous ne prenons la |)hilosophie de la Grande-Bretagne que chez ses plus éminenfs représenlanis, au XIX- siècle, nous voyons l'école emj)iii.sli', (ju'on peut dire régnante, et débarrassée des anciens princij)es d'ordre moral, dont les écossais avaient fait di^s applications trop [)eu scientifiques, trop peu métaphysiques aussi, nous la voyons partagée entre d(Mix directions dont nous désignerons Tune comme réaliste, matériahste, et l'autre comme plus essentiellement psychologique, associationisie et id(«aliste. A la première se rattache la question de révolution delà nuilii'rc, dont nous n'aurons à nous occuper que dans ses rapports avec la notion de fnrc(\ et ce sera dans une autre partie de notre étude. Ici, nous avons affaire à la perception externe telle qu'elle est expliquée dans l'hypothèse réaliste de II. S()encer.

Sj)encer, disciple de Ilamilton en métaphysi(pie — à Fexclusion de la théologie ce[)endant, dont il relègue l'objet dans la région du pur inconnaissable, — admet comme lui le principe de relativité, et, comme lui encore, il ne laisse pas d'admettre l'existence et la démonstration de l'Absolu. Stuart Mill a fait ressortir surabondamment les

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