‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 117 sur 211 · HAMILTON ET HERBERT SPENCER · texte numérisé non relu

HAMILTON ET HERBERT SPENCER

c'est celle dont l'objet afiirmé imj)liquc contradiction dans ses rapports. 11 n'y a pas logiquement d'autre empêchement dirimant à une possibilité d'aiïirmer, que celui-là, parce qu'on s'y verrait en dernière analyse obligé d'afïirmer et de nier la même chose, en même temps, sous le même raj)port. comme le dit la formule consacrée du principe de contradiction.

Oi' qujuid on considère les antinomies, celles de Hamilton comme celles de Kant, on s'aperroit toujours que, entre les propositions qui s'excluent l'une l'autre fia thèse et l'antithèse de ces antinomies; il y en a une qui, bien examinée, implique conti*adiction dans ses propres termes ; l'autre non ; celle-ci donc étant la néi^-ation de l'autre doit à la fois nous la faire rejeter (selon le pi'incipe de contradiction), et demeurer seule vraie (selon le principe de l'alterna livt';.

H. Spencer admet, comme Hamilton, le principe de relativité, et, comme Hamilton, l'existence de l'Absolu, mais non |)as du jurmc absolu, ni pour les mêmes raisons. Celui de Hamilton, est l'absolu d'une doctrine que nous avons nommée ailleurs le panthéisme théologique ^ Pour y accorder sa foi, Hamilton se donne à opter entre des propositions qu'il juge également inconcevables, et il choisit mal, suivant ce que nous venons d'cxphquer; car ce sont cellesqui sontcontradictoires dansleurs proprestermes, qu'il regarde comme vraies. L'Absolu de H. Spencer est autre chose, nous pouvons l'appeler l'Absolu abstrait, une idée pure; car ce philosophe en prétend démontrer l'existence par l'existence du Relatif, qui en serait, suivant lui, le corrélatif ; or ce raisonnement est une application de la méthode réaliste, à l'aide de laquelle on démontrerait tout aussi bien l'existence du non-être par l'existence de l'être, les idées étant inséparables de leurs contraires. Le Relatif est, comme

1. Illstolve et aoUd'ion des problèmes mélaphysiques (F. Alcan éciit). p. IGO.

288 ÉTUDE SUR LA PERCEPTION ET LA FORGE

l'Èlre, un ternie universel et abstrait, et leurs corrélatifs, ou contraires, n'ont qu'une sii^Miidcation loj^ique. Dans le sens le plus strict des mots, un terme universellement comprchensif ne saurait avoir de corrrlalif réel.

L'inconcevabilité de l'Absolu, pur nounirno, est une conséquence du princi[)ede relativité, mais n'em[)éche pas 11. Spencer, qui admet ce principe, de (h'clarer « que notre connaissance de rexistencc comme nouménale est d'une certitude dont pas une connaissance d'existence comme phénoménale ne peut approcher ; ou, en d'autres termes, que, jugé iKjiqufmrnt, aussi bien que jugé Instincfivemcii/, le réalisme est l'unique croyance rationnelle, et que les croyances adverses se détruisent elles-mêmes {are self-dc^tnidivr \ 11. Spencer ne songeait pas, en écrivant ces lignes extraordinaires, que, jugé niatt'riellemcnt, le fait donné de la pensée phénoménale est une condition de la possibiliti' de j)enser l'existence nouménale. Et c'est le même philosophe cpii regardait toute connaissance comme se ramenant originairement à Icxpérience ! On sait d'ailleurs que, d'une manière générale, Yinfrruc, suivant lui, |)rocède de ïc./icrne, par une sorte d'ad:\[)talion qui est le mode de formation de res[»ril. Il est permis de se demander si 11. S[)encer a jamais lu le Uiscmirs de la

méthode.

Quel est ce réalisme ilonl il dit la certitude incomparable? Ce n'est pas celui des grands réalistes, les Plotin, les Spinoza, les Hegel, qui élèvent, il est vrai, le principe de l'être et du connaître au-dessus de toute condition ou détermination, mais ne renoncent pas [)ourlant à le rendre concevable par certaines explications sur le nom et les qualités qu'ils lui prêtent et le sens où il peut être regardé comme la source des phénomènes. Ce réalisme n'est pas, quoiqu'il semble à certains égards \ouloii' [»abs.er pour l'être, le réalisme de l'école empiriste la plus commune,

Page 1