‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 12 sur 211 · LA PERSONNALITÉ DIVINE CRÉATRICE · texte numérisé non relu

LA PERSONNALITÉ DIVINE CRÉATRICE

dont il a et dont il avait tout ta riieure le sentiment. Pour la pensée, c'est là ce que c'est que d'e.ristrr : et c'est Tidentité du moi, et c'est sa permanence. L'Iiomme ne pourrait pas avoir ce sentiment actuel, s'il n'avait le souvenir du sentiment qui a précédé celui-là, et des autres, ant('Tieurs, qui se distinguent les uns des autres par les variations des rapports du sujet aux objets. La conscience et lîi mémoire sont inséparables, parce que la conscience ne saurait s'enfermer dans l'instant sans par là mémn '^'évanouir. La prévision entre également dans la conscience, à cause des lins dont la poursuite est attachée aux modifications ol)jeclives de la pensée. Cette extension et ce j)r*olono'ement dons les deux dimensions du temps sont, pour la pensée, considérée d'abord en son sentiment phénoménal actuel, l'agrancHssement auquel s'applique la notion intégrale de la persomialit(''. L'idée de la continuation do rette synthèse vivante au delà du lemj)s de rexpérience mortelle est celle qu^ ouvre la voie à la croyance en l'immortîdilé personnelle Et c'est juste autant (jue pensait pouvoir en gai-anlir Descartes qui, api'ès avoir posé l'être abstrait de la « chose qui pense », avouait ne pouvoir rien enseigner sur la vie future, qui reste une espérance. Le réalisme de la substance lui était donc inutile.

La personne humaine étant bornée en connaissance, et dans tous ses pouvoirs, dans l'accès de toutes les fins qu'elle peut se proposer, l'idée élevée et parfaite de la personnalité doit se prendre en la personne supivme dont l'intelligence embrasserait toute la sphère de 1 intelligible, dont la puissance s'étendrait sur tout le possible et sur la totalité de l'être, et dont los fins, relatives aii monde, seraient celles de son œuvre, la création. La crovancr à un tel être est essentiellement la croxnnce en nofrr objrt extérieur, au dessus toutes les existences individuelles que nous envisageons hors de nous ; car l'idée de cn^ation imphquant Texistence du monde hors du créateur, il faut

bien que nous posions réciproquement le Créateur comme extérieur au monde. Et c'est cà lui que notre pensée doit remonter comme à la cause première, de la façon dont TentiMulait Descartes; car c'est de la personne et de ses attributs comme être pensant, à meilleur droit que de toute cause définie j)ar un terme abstrait, qu'on peut dire avec Descartes : « Encore qu'il puisse ari'iver qu'une idée donne la naissance à une autre idée, cela ne peut pas toutefois être à l'infini ; mais il faut à la fin parvenir à une première id('e, dont la cause soit comme un j)ati'on ou un original, dans le(piel touti^ la réalité ou perfection soit contenue IbrmelleFnent et en effet, (jui se rencontre seulement objectivement ou |)ar représentation dans ces idées » {Mrdil. mrtaph., lll, 18 .

Ces idccs'rrpresrn/a/io/ts sont celles des attributs de la personnalité, ou elles en déj)en(lent. C'est donc dans l'esprit du Créateur qu'elles (>\istent formellement et dans leur j)lénitude. En aucuri temps la croyance aux dieux (ou aux êtres invisibles aucpiel ce nom s'est applicjué, élevés ou bas qu'ils fussent en leurs conce|)ts) n'a jamais été ni pu être autre chose que (h^s j)ersonnifieations de qualités ou di' j)Ouvoirs dont h s idéi s se tiraient de la connaissance des facultés des personnes. A mesure que l'idée de personnalité a grandi, ou s'est épurée, l'idée de Dieu est devenue celle de la personne à facultés accomplies, qui est la véritable. l]lle a été seuh^nent affaiblie et combattue par les doctrines de l'Infini el de l'Absolu, qui tendent toutes à remplacer la divinité par des abstractions.

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