‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 13 sur 211 · DE LA PEILSÔNNALITÉ DIVINE CRÉATRICE · texte numérisé non relu

DE LA PEILSÔNNALITÉ DIVINE CRÉATRICE

Si le Créateur est une personne, les théologiens ont mal parlé en usant de ce terme : la nature de Dieu. Dieu n'est

•: Il

16 LA PERSONNALlTi: DIVINE CRÉATRICE

pas une nature. Pour crécT le monde, c\^st-à-diro pour donner, en un acte de volonté, lorioine à cette suite des phénomènes qui constituent la nature, pour les lier entre eux elles disposer en vue de fins déterminées, ils faut, premièremi^nt, se les représenb^ en les voulant. Cet acte d'un sujet cpii se propose un objet implicpie la conscience de soi, que nous devons nommer hullciduellr, nonobstant ici Funiversalité de C(^ quY41e embrasse. Secondement, il faut se représenter les phénomènes objets du voidoir, concevoir les rapports suivant les(piels ils se déterminent à regard les uns des autres, établir les lois générales qui de leur assemblage dans l'espace A le temps composent un monde : c'est la fonction de rint(4lig«Mice, ou entendement. Et, troisièmemi'ut, il faut ètn^ anim/- du sentiment caractéristique de l'intention; car le rapport de la [)ensée i\ sa fin réalisable suppose l'amour de l'œuvns le désir de

raccomplii'.

La personni» première, ainsi défini(\ est créatrice, A non pas seulement déniiuru'ujue, en ce qu'elU: constitue par son acte un suj(4 autre qu'elle-même, et qui reste dans sa dépendance sans être ni une partie ni un développ(>ment, soit spontané, soit volontaire, de son être pro[)re, non plus qu(^ le produit d\mc opération eiïeetuée sur des éléments donnés hors de lui. Cette dcu-nièn- hypothèse démentirait celle d'un premiiM* commencement par un acte de volonh'^ imph(]uant unité et instantanéité. On est donc tenté d'appeler la création, ainsi entendue, un mystère. Mais c'est à tort, parce qu'elle s'impose à la manière d'un fait, et que le caractère de ce fait est de ne pouvoir s'(v\pli(iuer, parce qu'il ne se déduit point d'autres faits : il écjuivaut à Vapriori de rexistenc(% nécessairement inexplicable.

On demande Texplication des uns par les autres d(»s phénomènes renfermés dans la sphère de l'expérience accessible; on demande la preuve des relations et des lois qui se rattachent à des rapports supérieurs déjà démontrés ; mais

L'ACTE PREMIER CiU^ATEUR

la création est un acte qui, par hypothèse, porte sur cet ensemble de l'expérience, renveloj)pe et le régit; il ne peut (lune en subir les cinulitions. Cet acte ne peut pas être soumis au commun contrôle de la raison, parce que c'est la raison même qui en exige l'hypothèse; elle le pose comme la limite de la connaissance* possible, le terme supérieur de toutes les relations. Xous avons montré que la loi de causalité, en tant (|ue relatiim bilatérale entre antécédents et consécjuents, était logiquement inapj)licable à la cause première, et qu'on ne pouvait sans contradiction en poursuivre à l'infini l'application en niant la cause première.

Nous disons que l'acte créateur ne doit pas se traiter de mystèns à moins que le mystère ne soit l'existence ellemême, qui certainement est inexplical)le. Si nous considérons le fait de l'existence dans l'unité et le tout de l'être indépendamm(*nt du temps, il nous est impossible de concevoir comment cet être connaîtrait la cause ou raison de son existence, car il devrait pour cela connaître quelque chose d'antérieur à lui, cpii lui donnât cette raison, ce qui est contradictoires Et si nous considérons l'existence dans la diversité des êtres du temps, individuellement conscients, objets les uns pour les autres, et connaissant, mais d'une manière* inadéquate, une nature et des lois, ces êtres se cherchent eux-mêmes et cherchent leur auteur. S'ils pensent le trouver dans une de ces choses qui tombent sous leurs sens, ou dans un de ces concepts qui leur servent à assembler et à comparer les représentations qui leur sont données, ils ne parviennent jamais à s'expliquer à leur gré la cause de toutes ces choses, et principalement celle qui les a fait être cnix-mêmes, avec leurs idées ou concepts, leurs désirs et leurs volontés, ({ui sont aussi des causes. Renouvier. — Le Personnalisme. 2

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