‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 121 sur 211 · LA PEUCEPÏIOX EXTERNE CHEZ ALEXANDRE BAIN · texte numérisé non relu

LA PEUCEPÏIOX EXTERNE CHEZ ALEXANDRE BAIN

La branche rigoureusement empiriste de la psychologie anglaise suivait, au siècle dernier, dans une sorte de paralléfisme avec l'invention et le développement de la méthode évolulioniste, les traces déjà anciennes de l'idéalisme de Berkeley et de Hume, mais en écartant jusqu'au souvenir de l'hypothèse théologique delà perception, du priniier de ces philosophes. On évitait le franc aveu de rinq)uissancc où l'on était de faire la svnthèse des éléments de l'étude de l'esprit, que l'analyse dispersait. C'est dire que l'école de Hume, c'était bien la sienne pourtant, semblait ne le guère suivre, ne le citait pas volontiers, et donnait à la |)sychologie les apparences d'une recherche de la théorie achevée de l'intelligence. La méthode de l'association des idées,

l'eprise par James Mill, et envisagée essentiellement dans la liaison qui s'établit spontanément entre les sensations que l'expérience a fait apparaître contiguës, soit dans le temps, soit dans l'espace, et puis entre leurs images, qui sont les idées, était ap|)elée à rendre compte des perceptions et des facultés au moyen de l'abstraction et de l'emploi des signes. Un service encore était demandé à l'association : celui de poser le fondement des croyances et des convictions qui passent pour des jugements nécessaires, mais qui ne seraient au fait que des associations insi'jtarablcs^ formées par les habitudes.

Sur le premier point, James Nlill tombait dans le piège facile d'inventer des explications qui ne sont comprises et ne semblent acceptables qu'à la fiiveur d'une convention non justifiée : nous voulons dire, en usant des notions que l'intelligence possède, préalablement à tout éclaircissement qu'on prétend lui donner sur leur origine, et en supposant fictivement un certain état où elle aurait dû se trouver avant de les posséder. En somme Y esprit étant partout implifiiié, dans les théories proposées, pour rendre com[)te de la formation de ses notions fondamentales, c'est une grande illusion d'imaginer ces théories capables de reconstituer ïesprit dissous par les analyses de Hume.

Sui' le second point, c'est-à-dire en ce qui touche les associations insrjjarabics, il faut peut-être chercher l'idée première chez Hai-tley, (|ui avait beaucoup moins étudié l'association au point de vue de l'explication des facultés (où ellr pi-enait pour lui l'aspect physiologique de la doctrine des esprits a/fi maux de Descartes), que dans la pensée de l'utiliser pour un but moral d'éducation de l'homme. On sait la suite donnée par l'utilitaire James Mill, et par John-Stuart Mill, plus sentimental, ainsi que plus profond, aux vues associationistes appliquées à l'œuvre du progrès de l'humanité. Nous n'avons à nous occuper que des théories de la perception. Elles ont pour commun

ETl'DE SUR LA PERCEPTION ET LA FORCE

caractère, en cette école, d'être ou de paraître aussi ainrniatives que celles dont rintention est (rétal)lir avec le j)lus de certitude et de lermeté les réalités externes, tant (ju'il ne s'agit que d y prendre Torigine des connaissances par les sensations, et la formation de rintelligence par l'association et par rex[)érience, et puis de se trouver à peu près négatives de ces mêmes réalités, quand elles nous les montrent toutes suspendues au fait empiriijiie de la représentation mentale. On ne sait s'il faut les dire fmalement négatives ou sceptiques à l'égard de l'esjjrit lui-même, pai'tout supposé, dont la nature écliap[)e aux analyses de ces psychologues, comme à celles de Hume un siècle auparavant.

Le plus précis, dans le double sens, nous paraît être Alex. Bain, et cependant il est [)eut-être moins dilïiclle chez lui que chez Stuart ^lill d'entrevoir, à la fin des analyses de psychologie pure, l'entrée d'une métaph\si(jue dont, faute d'accord (on n'en imagine aucun de |)ossible), le désaccord au moins serait le moinfh'c avec leurs conclusions psychologiques.

Alex. Bain a, selon nous, cette supériorité de vues sur beaucoup de psychologues, en ce qui louche les premiers éléments de la perception, qu'il ne sépare pas les deux sens principaux (jui y prennent part, et qu'il les envisage tous deux dans les premiers mouvements spontanés du sujet. L'étendue est, dit-il, un sentiment [fedinfj) dérivé en premier lieu du mouvement de nos organes moteurs. Ce mouvement s'associe avec le parcours, l'ajustement et les autres modifications de l'œil, et quand la notion se développe, elle est un composé de tact et de vision qui se rappellent mutuellement. « La grandeur n'est pas grandeur, si elle ne signifie l'extension et le mouvement des bras et des jambes qui serait nécessaire pour embrasser [compass] Tobjet; et la tentative, pour cela, doit en être faite. L'étendue, la grosseur, ou la grandeur doivent non scu-

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