‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 126 sur 211 · LA PERCEPTION CHEZ STUART MILL · texte numérisé non relu

LA PERCEPTION CHEZ STUART MILL

différer des objets qui forment le non-moi ; il ne peut, en dernière analyse, les regarder comme autrement constitués que par des suites de possibilités. Mais le Moi, ceslV Esp, il. Mill se voit ainsi placé dans l'alternative de croire que l'Esprit ou moi est « quelque autre chose qu'une série de sentiments qui se connaît elle-même, et qui se connaît comme passée et à venir », ou d'admettre « ce paradoxe : cpu' cpirlque chose qui, ex hypolhrsi, n'est qu'une série de sentiments peut se connaître soi-même en tant que série ». Ce paradoxe serait mieux nommé contradiction; car ce qal ne serai f qu'une série, s^il se connaissait comme série, serait f/ar/^/ar chose de p/asc^ae la série. :Mais, contradiction ou pai-adoxe, la difficulté n'est pas de nature à embarrasser un logicien bien fixé sur le principe de relativité Nous ne pouvons rien connaître, et non pas même la conscience, autrement que comme une relation. Cette relation fondamentale qui est la Conscience est la relation d'un sujet (jui se représente à soi comme un et même en regard de la variété et de la diversité de ses objets, lesquels sont ou ses i)ropres modifications, ou d'autres modes objectifs, qu'il pervoit en les jugeant autres que soi. La définition, une fois posée en ces termes, on comprend sans peine que la chose appelée |)ar Mill : quelque chose qai, ex hypolhesi, n'est qffffHC srrie (h' 67'y////y/(v//.s,soit rensemi)le et la suite indétinie des rapports qui i)euvent s'agréger dans l'avenir à la relati(»n fondamentale, et qui s'ajoutent incessamment à la miMUoire de ceux du passé ; et le sujet que Mill a|)pelle la série qui peut se connaître en tant que série, c'est la fonction vivante de mémoire et de [)révision que les langues néolatines appellent la personne.

Stuart .Mill était tout près de reconnaître la vérité qui avait si complètement échai)pé à Hume, lorsque, voyant se dissoudre, à la suite de ses analyses, lesHensde théorie que les pliilosophes avaient coutume de forger comme des entités, substances ou causes formelles, entre les phéno-

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mènes dont rosscmblage forme des corps ou des es|)i'its, il (Vrivait : « Supposons (pie les j)hrnomènes roslenl, cl sont unis dans les mmies j^roupes cl les môme.-:, écries par une autre force », — i)a!* une autre force que celle des substances communément imaî^inées pour être le lien des j)hénomènes, — « oit sans le secours (ftf/ir force (j/feleonque, umis par Pe/fe! fhme loi ». Si Stuart Mil! écrivant ces lignes eut compris la [)ortée de Tidée de loi, cl ({ue Tidée de force ne saurait la déj)asser qu'en s'élevant au raj)porl constitutif de la conscience, sous l'aspect de Taction, dans le sentiment du vouloir, il aurait pu conclure encore comme il a fait, mais avec un sens très diilerent : (jue le plus sage, en arrivant à l'inexplicabilité, terme fatal de la recherche poussée jusqu'aux faits ultimes, esf a rFaccepter le fait inexplicable sans faire une théorie de sa j)i'oduction ». Ce sens différenl. le voici : c'est (jue le fail n'est et ne peut jamais être, pour rentendement, qu'un rapport, ni son exjdication autre chose que sa ré(hiclion, avec celle des faits ^^emblables, à quehpie relation plus compréhensive.

T/i\\clusioii (hi principe de la connaissance ralionnelle, non seulement des jugements synthétiques a priori, mais encore de t«>nte proposition fondée sur des rappoi'ls généraux d'ordre logi(jue ou mathématifiue, est la cause (pii a fermé à Mill l'accès de la vraie méthode j)liénoinénisle : de celle (|ui donne à la philusopliie h; caractère scienti(i(jue, en la défmissant parla critique de la connaissance et par la recherche des lois des phénomènes de tous les orchvs l'apportésàrenten(lement.Mlll,empiriste à l'extrême, réduisait, comme Hegel, absolutiste, le principe de conti'adiction à hi reconnaissance de ce fail psychologique : qu'un elal de la conscience étant détruit par un auti*e état, on est forcé d'opter entre les deux : c'est le cas des contradictoires. Et la contradiction, selon lui, devait être directe : une pro|)osition doit affirmer identiquement ce qu'une autre proposi-

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