‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 129 sur 211 · LA PERCEPTION CHEZ H. TAINE · texte numérisé non relu

LA PERCEPTION CHEZ H. TAINE

entre en lutte contre l'éclectisme sur le terrain propre de la philosophie, se propose de reprendre l'esprit français au point où Rover Gollard et Victor Cousin ont essayé de le détourner de sa voie. Procédant en sens inverse de Maine de Biran, Taine apporte l'idéalisme empiriste de l'école anglaise, au lieu du réalisme de la volonté locomotrice de ce philosophe, pour définir le fondement psychologique qui mancjuait à Gondillac, et que Cabanis et Destutt de Tracy avaient dû rattacher au svstème nerveux.

Mais ce fondement psychologique est justement ce que ridéalisme empiriste n'est pas plus capable de fournir que ne l'étaient le sensationisme transformiste de Condillac ou l'idéologie à base cérébrale. Taine accepte la « nouvelle vue de la nature des corps », considérés comme des « faisceaux de pouvoirs ». Qu'est-ce pour nous qu'un tel faisceau ? la conception affirmative d'une collection de sensations musculaires et tactiles, conçues et affirmées comme possibles pour tiiai, ou pour un être semblable à moi, quand toutes leurs conditions de production, moins une, sont données, et nrcessairc quand cette dernière est remplie. « Voilà ce qui pour nous constitue l'objet ».

Ces possibihtés et ces nécessités sont, dit Taine, les pouvoirs, partant les propriétés, partant la substance même des corps : « Quand même il n'y aurait, en fait, dans le monde, aucun individu sensible, elles existeraient ». Pourquoi ? u parce que la proposition par laquelle j'affirme la possibilité et la nécessité de telles sensations, à telles conditions, est abstraite, et vaut non seulement })Our moi et tous les individus réels, mais pour tous les individus possibles ». Cette [)roposition est exactement la contradictoire de celle d'Alex. Bain, que nous avons rapportée, et qui étabUt dans une dépendance mutuelle la conscience, — une conscience pour le moins, — à laquelle le monde des possibihtés puisse se révéler, et ce monde pour lequel une conscience dont il soit l'objet est requise, afin qu'il puisse y être repré-

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