‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 133 sur 211 · DEUX POINTS DE VUE DE LA PERCEPTION · texte numérisé non relu

DEUX POINTS DE VUE DE LA PERCEPTION

La question change de face, quand il s'agit de la perception du monde extérieur en thèse générale, de l'idée de res|)ace, en ce qu'elle a de plus vraiment spécifique, et des inductions sur le fondement de la réalité, par delà les impressions qui naissent du toucher. La comiaissance de la natui'e elle-même, en ce qui est maintenant accessible aux sciences physiques, nous conduit et nous force à prendre une vue du fond des choses, pour laquelle celles des propriétés des corps qui valent aux sensations tactiles le don d'être ou de paraître ap|)i'Ocher plus que toutes autres de la constatation du réel perdent leur privilège. Notre iilobe terr(\stre doit aux conditions où le maintiennent sa température et sa pression atmosphérique moyenne, tout ce qu'il olîre de stal)le dans les états des corps et dans leur's situations respectives, i)ar conséquent tout ce qui souiïre la mesure exacte dans leurs j)ropriétés appréciables par les organes tactiles. Si, sans rien changer aux essences et qualités des éléments et à leurs rapports chimiques, on su|)pose toute cohésion détruite, les combinaisons liquidesou gazeuses étant seules conservées sous la température donnée, l'état solide se trouvera relranciié de notre expérience de la natui-e des corps. C'est une hypothèse physiquement bien simple, car il y a ap|)aremmenl des globes nombreux dans cette condition, (pii fait perdre au toucher le caractère de su[)ériorité que nous lui avons reconnue sur les autres sens. Imaginons que nous soyons [)lacés, j)ar impossible, avec nos facultés perceptives actuelles, à la surface de noti'e o-lobe, fait des mêmes éléments que nous connaissons, mais en un milieu matériel entièrement lluide et llottant, dans l'impossibilité de [)ren(h'e aucune mesure géométrique des phénoniènes terrestres, et d'apjmrler par suite aucune précision à la constatation de l'uniformité des phénomènes célestes; nous percevrions l'espace sous la forme intuitive, exclusivement, sans aucune division en étendues fixes, mais occupé par une matière sans dureté, sans impénétrabihté. mobile sous

irrUDE SUR LA PERCEPTION ET LA FORGE

DEUX POINTS DE VUE DE LA PERCEl>TION

Taction mutuelle de ses molécules, éckûiée par le soleil, et divisée suivant certaines lois en parties visibles, de couleurs variables, (jui servent à distin^'ucr les corps les uns des auti'es et par rapport au temi)s. La vision, dans cette hypothèse, serait Torg'ane [)ar excellence. Les sensations du toucher, avec les modifications dues aux densités varial)les, aux priassions et aux chocs occasionnés j)ar les masses elles vitesses des nui(le."i en mouvement, existeraient toujours pour des êtres sensibles, mais les êtres usant de Tentendement nauiaienl aucune laison de considérer de préférence le fjvand mUieu {\k}^ j)hénomènes, ainsi qu'il est nommé dans la religion [)ositivi-l-\ sous un autre asj)ect que celui du théâtre universel de la représentation des visibles. Le conc(^pt atomisticpu^ rénlisfr. ri(l(''e o'('»om(Hrique réalisée du solide élémentaii'e, avec 1 imj)énétrabililé ajoutée à retend u(î /(iction sur fiction), ce concept qui, depuis Démocrite jusqu'à Xewton, et au delà, et pour ceux des psycliologues de Técole empiriste qui ont cherché Tolyet radical de la |)ercej)tion exlei'ne dans cet "fKfraif indtnicl, a été réputé la forme du réel par excelieiice, n aurait plus aucun titre pour prévaloir sur (Fautivs notions de qualité et de relation, en tant que représentation objective ultime des êtres individuels.

La pliysiipie elle-même, en des hypothèses dont hi valeur s'accroît tous les joui's pai* de nouvelles découvertes sur la constitution moléculaiie des corps, rend inabordables à Timagination les phénomènes qu'on se représente sous la forme d'un matérialisme atomistique. L'idée de l'atome converg-e vers l'idée de foi'ce; l'idée de force vers celle d'une relation entre des alfections d'ordre mental et des mouvements, des changements dans les rapports de |)osition sous lesquels les êtres s'envisagent les uns les autres dans Tespace.

Lîq)lace écrivait, il y a plus d'un siècle : « Dans la supposition que la densité des molécules des corps sur-

passerait incomparablement celle des corps eux-mêmes, — soit des milliai'ds de fois, — on pourrait regarder comme |)Ossible que la loi de la gravitation modifiée rendît compte des actions exercées à des distances insensibles j)Our nos sens. Il faudrait connaîlrc^ les fiu'ures et les distances mutuelles pour en faire dépendre les affinités modificatrices de l'attraction universelle » ^

La physique mathémati(pie ne paraît pas plus près (pi'elle n'étîiil du temj)s de Laplace de résoudre le pi'oblèmc de ramener à la loi de l'attraction universelle les lois de la cohésion, comj)rKjuées de celles de réhislicité, force répulsive. {\c \\\ chaleui' et des ailinités électives des éléments spéciii(|ues; mais ia vue du grand géomètre relative à Fénorme dispiopoi'lion qu'on pour*rait suj)poser entre lesécartemenls ou dislances mutuelles des molécules des corps (^étendues vides de matière gravitante) et lesy>o/y?/s mafC' ric/s auxquels ces molécules sont assimilables ; cette vue qui rend l'ordre d'un comj)osé moléculaire comparable à un svsième stellaire, à une voir lactée^ s'accorde sans peine avec celles où les physiciens sont aujourd'hui conduits, en des inductions dont la source est ex[)érimentale. L'imagination est ti'ansportée par leurs hypothèses à un point d(* vue difficilement conciliable (cpioique on paraisse encore tro[) peu disposé à le reconnaître) avec celui de l'entilé substantielle appelée matière, dont l'attribut essentiel serait la dni'elé, l'impénétrabihlé et l'inertie de ses parties élémentaires ultimes.

Le pi'oblème de la vraie natui'c des éléments physiques ultimes <'t de leurs actions mutuelles n'approche pas pour cela de sa solution, mais l'explication des phénomènes par des pro[)riélés et des forces abstraites étant écartée de la question de la j)erceplion externe, et laissée à la physique mathématicjue, le champ est ouvert aux théories idéahstes ou monadistes. Xous serions conduits à la définition des

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