THÉORIE DE LA SPATIALITE DE W. JAMES
idées sensibles, telles qu'elles se présentent [)our Timmatériallsme de Berkeley, si ce n'était que nous aurions à substituer aux idées-signes, que Dieu, leur auteur selon Bei'keley, nous donnerait à percevoir, les réelles modifications propres des êtres élémentaires dont les rapports avec nos représentations et nos concepts mentaux, en vertu de rharmonie pnvtablie (*t suivant les lois de la nature, causent nos perceptions.
CIIAIMTUE XVll
TIIÉOIUE DE EA SPATIAEITÉ DE W. JAMES
La théorie de la perception externe, avec laquelle nous terminerons cette l)rôvc revue historique, est extrêmement remarcjuable par une doctrine dvhxjfcrrrf/lio/f f/r la i-rdlltr, traitée distinctement de celle de Textériorité et de Tespace. Les psychologues empiristes, qui, d'après leurs principes, devraient s'interdir-e la confusion, si naturelle qu'elle soit, de ces deux choses : les sensations par lescjuelles l'extériorité se fait reconnaître à la conscience, et la donnée extérieure assurée des objets dont il s'aj^'it d'expli(|uer la perception, raisonnent presque toujours, au contrair'(\ comme si toute la question était de découvrir les moyens j)ar lesquels s'eiïectue une opération dont la réalité ni l'objet ne pourraient être mis en doute, (^'est une soi'te de pétition de principe, à laquelle il s'en ajoute une autre, un paralogisme |)lus formel cette fois, que nous avons relevé dans les pages précédentes : supposer, au fond, pour les expli(pier, la conscience prrsvntc à l'esprit des notions mêmes dont on prétend dévoiler la (jntnalnui, ipil s'opérerait en lui par des apports extérieurs. M. W. James, en son livre : des Principes fie psijcholof/ie, traite la ques-
lion de la reconnaissance de la réalité, indépendamment des problèmes complexes, si controversés, de la perception. C'est dire (|ue la solution qu'il en donne est essentiellenK^nt morale. Mais nous ne pensons pas ({uil en puisse exister une physiqu(î, nu physiologique.
Nous ne saurions étendre jusqu'au principe de sa théorie de la perception de l'espace l'entière adhésion que nous donnons à la théorie de la perception de la réalité de \\'. James, dont nous allons exposer les points j)rincij)aux. Mais sur ce point réservé même, nous nous demandons s'il n'enti'e pas plutôt un gros mal-entendu qu'une dissidence profonde dans la ré[)ugnance que montre W. James j)our la doctrine kantienne de ïrspacc, fonnv dr Ifi scnsihUih' c.r/rrnr, qui est la notre.
11 s'au'it ici de l'idée fondamentale, non des détails et du développement considérable accordé parle psychologue à la discussion des |)oints litigieux de la double perception, tactile et visuelle. Ils seraient hors de notre sujet.
Dès le début, la définition kantienne nous paraît s'adapter |)lus logi(iuement au point de vue même où se place W. James, (jue ne font les termes dont il use pour cx|)li(|uer le sentiment ('lémentaire et primitif de la s[)atialité. (( La cpiahlé de grandeur [fltc (jKaliff/ of rohuninousncss) existe, dit-il, en toutes nos sensations, exactement comme Tintensité >». 11 serait plus conforme aux habitudes logiques de l'esprit de considérer l'idée vague de grandeur comme attribuable à toute qualité, que d'appeler la grandeur une qualité. Quoi (ju'il en soit, la thèse qui suit cette première constatation est une définition de l'espace : « Cette extension [ihU e.Llcnslhj) discernable en toutes nos sensations, quoique plus développée en (juelquesunes qu'en d'autres, cAldiScnsallon orujliuiuc de f espace, de laquelle toute connaissance exacte, concernant l'espace, que nous puissions obtenir postérieurement, est formée par les procédés de distinction, d'association et de sélection ».
KTUDE SUR LA PERCEPTION ET LA FORCE
Confonnémcnt à cette reconnaissance de fjiu'lque chose de tel qu'une vag'ue extension donnée par la sensibilité ù ses objets (juels qu'ils soient, ^V. James admet, chez le petit enfant, la sensation de la vasf/tcss nf rj/msif//^ sans direction, (Uvision ni i^randeur précises. N'est-ce point lu formuler, quoicpie en d'autres termes , l'existence de l'intuition spatiale comme forme et condition de la sensibilité, au premier moment d'exercice de cette fonction en une sensation formelle? La doctrine kantienne n'est nullement une doctrine d'innéité, dans le sens de préexistence en acte. L'expérience est une condition des perceptions, de son côlé, comme les formes et les concepts du leur. Ccsi un point sur lequel les objections des empiristes tondient à faux , de même que celles (ju'ils aiment aussi à mettre en avant, quand ils prodi<^'uent les explications physiologiques en des sujets où elles n'éclairent en rien la j)sychologie. 11 est certain (jue VnrKj'tnc ch'rhralc est r'e(juise pour l(^s fondions des sens et pour celles de Tentendement, ainsi que l'est la virtualité mentale pour (pie les modifications du cerveau, en raj)j)ort avec des mouvements externes, correspondent à des sensations et à des pensées. Ce sont de part et d'autre des conditions nécessaires.
« L'ambiguïté de beaucoup de sensations optiques dans l'appréciation du lieu, de la grandeur, dt» la forme, etc., a fait croire à plusieurs, dit ^^^ James, (jue de tels attributs ne j)ouvaient pas être un résultat de la sensation, mais dépendaient de quelque haut pouvoir d'intuition, de svnthèse, ou comme on aimera mieux dire. Mais le fait qu'une sensation présente peut toujours devenir le signe d'un représenté qu'on juge plus réel, explique sulïisamment tous les phénomènes sans qu'on ait besoin de supposer que la quahté d'étendue [qiudihj of exlensitij) est créée à l'aide d'expériences inextensives(/«o;i e.ifenstve expériences; par une î-dcullé siirsensitivc [siipersensational] de l'esprit ».