‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 140 sur 211 · w. Jamos. Tlie principles ofps/jcfiolo'ji/. \). 317 sq · texte numérisé non relu

w. Jamos. Tlie principles ofps/jcfiolo'ji/. \). 317 sq

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KTL'DE SUR LA PERCEPTION ET LA FORCli:

LA PERCEI'TION I:T LA VOLONTE CHEZ \V. JAxM]:S

consentcmoiil à donner, — ou à refuser, — à un objet de croyance touchant lequel on ne pense point poiivoii* être convaincu par voie de démonstration lo<;i(iiu' ; elle en est précisément le contraire, à moins de supposer le cas singulier, à peu près chimérirpic. d'un homme (|ui résoudrait di'libérément de se domier une ci'ovance doni il se sent actuellement éloigné. 11 nous reste donc à étudier le cas de la délibi-ration et de la résolution, dans la ci'on ance librement voulue et soutenue, et tout (rid)ord à in(li(pieiles lignes principales de la belle tlK'orie de la volonté de W. James.

Le début de cette théorie est une ex])osilion de la loi qui régit les phénomènes mentaux où n'intej'vient pas la volonté. C'est au total celle que nous avons nous-mèmr donnée dans nos 7:Vsy//s de niliqnv (jnii'rair ' en la caractérisant par l'emploi du mot vrriigc. emprunté à Tordre mental troublé ou anormal, mais très correctement étendu à Tordre normal, car il n'embrasse j)as un moindre domaine que la loi de production spontanée du mouvement dans les organes à la suite d'une représentation, i)hénomène psychique.

« Toute représentation d'un mouvement provoque à quelque degré le mouvement qu'elle a pour objet; elle le provoque éminemment, toutes les fois qu'il ne se trouve pas opposition dans une re|)résentation antagoniste immédiatement présente à l'esprit.

« Le mouvement est Teiïet naturel immédiat de tout procès de sensibilité, à quelque espèce que le sentiment appartienne. Il en est ainsi dans les actions réflexes, il en est ainsi dans Texj)ression des émotions, il en est ainsi dans la vie de volonté iVobinlan/ /ifc).,. »

Suivent Texamen des doctrines, Tétude des conditions organiques des phénomène.^ \olontaires, la définition des

1. Deuxième essai, l-eédit. (I850i. p. 273 el sui\ . : i>«('Mlit i I, p :;;,j et t. IL p. 1.

cas de l'action ou spontanée, ou délibérée, en présence d'objets divers et de fins divergentes, l'intéressante discussion des raj)ports du sentiment et de la volonté dans la délibél'ation ou dans l'acte, et, après cette partie riche en déveloj)j)ements, la définition exacte de la volonté :

(( Lff nihuilr es/ mw rchtlian vnlrr l' csjH'il [ihc /JiUi(f) l'I srs if/rcs ». — Une volilion est, en efl'et, premièrement et directement à envisager dans le rapport du moi à ses propres états, non du moi à la matière extramentale, comme beaucoup de philosophes conservent la coutume de Tentendre.

« Avec la pr(''valence, une fois établie de fait, de Tidée motrice, la psychologie de la volition s'arrête. Les mouvements qui |)rocèdent de cette idée sont des phénomènes exclusivement physiologiques, et qui la suivent conformément à des lois physiologicjues, en celles des modifications nerveuses [ffptuf //te unirai vvoils) auxquelles correspond Tidée. Le vouloir iinit avec la prévalence de Tidée, et soit (jue l'acte (organicjue se |)roduise alors, ou ne se produise pas, c'est un fait complètement en dehors du vouloir luimême... En un mot la volition est un fait psychique et moral, purement et simplement, un fait qui est absolument complet dès qu'existe Tétat stable de Tidée. Quand survient le mouvement, c'est un [)héiiomène incident, surnuméraire, qui (h'peFid des ganglions d'exécution [on executive «jcut- [jlfir dont la fonction réside hors de l'esprit. »

(]ette théorie apj)elle une observation importante. Ou, connue j)sychologue, et voulant éviter la question métaphysi(jue, \\'. JanK\s s'est abstenu de toute allusion aux doctrines qui, pour trouver la citusiiUtè dans le rapport du vouloir à Torgane du mouvement, élèvent leurs pensées jusqu'à l'auteur des lois du monde (causes occasionnelles, harmonie préétablie, idées berkeleyienncs^ ; ou bien il ne pense j)as que le rapport entre les modifications de la conscience et celles du corps extramental puisse rece-

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voir une explication quelconque; et, en vérité, il s'exprime presque en des termes qui conviendraient, si son intention était de nier ce rapport indéniable dans Tordre normal des choses. Quoi qu'il en soit, nous avons à constater que sa théorie est une répudiation eidière et résolue de Tenlité cause, de la cause transitive, enfin, des forces, (huis l'acception vuli^aire où elles sont traitées d'agents reuis Iransporlables dans les cor[)s pour les mouvoir.

L'acte formel de la volonté étant le maintien (ixe et solide d'une idée (hms la conscience, il est claii' (jiie Teffort volontaire est TelVort ck' Tattention à une id<M\ (]c n'est jamais qu'à une idée qu'il j)eut a{>partenii*, en noti'e expérience, d'oj)posei' une rc^^istancv à cette voh)nl('' (rallention. « Nous atteignons donc le cujui' de notre recherche an sujet de la volition, (piand nous nous demandons par* (picl procès la [)ens('(' (Tuni^ certaine action iurive à pi(''\;doir et à demeurer ferme (huis l'esprit... LdccomitlUsrmcnl dn VOn/nir If ///ff< rofuH/dirv nf ihv li:ill irla'/i 'f i< ///as/, voliuilai'/j, es/ // f/pj///f/ffrr / nllcji/in/t /} tniohj/l ii/jj/i'dv^ pt (le le tenir (IcvttHf ies///'f/. (]'est là ci^ (jni conslilue le /iat. Ce n'est plus (pi im incident physioloj^icpic. (juand. l'objet étant ainsi objet d'attention [nlleitded h/j les conséquences moti'ices s'ensuivent.

« Cet effort volitionnel doit être soig'ueusement distingué de l'elTort musculaire, avec lequel on le coidbnd habituellement. Ce dernier consiste dans les sensations pciiphériques auxquelles j^eut donner lieu l'exei'tion nniscuhiire » — W \ James, et d'auti'es physiologistes encore, ont démontré que cet e/farl j/h/j^'niur du connnun Iangag*e est fait tout entier de sensations (i//'érentes^ semblables à toutes celles qui nous viennent du dehors, matière de perception externe, et non point effi' rentes, comme si elles constituaient le sentiment même de cet effort, avec lequel on les identifie vicieusement, de manièft^ à (aire de la Nolonlé une sorte d'agent, sensible à lui-même, et (pii [)rendrait

LA PERCEPTION ET LA VOLONTÉ CHEZ W. .lAMES

corps dans l'organe à mettre en mouvement. — « Ces sensations, quand elles sont fortes, et que le corps n'est pas en état de fraîcheur, sont pkit(M désagréables, elles arrivent même à être accompagnées d'arrêt de la respiration, congeslitui dans la tête, meurtrissure des doigts ou des orteils, douleurs aux épaules, aux articulations. Et c'est seulement en ce qu'elles sont ainsi dcVsagréables, que l'espi'it a son elToft volilionnel à faire en se tenant ferme à la représentation stable de leur réalité, et donnant ainsi lieu à leui* continuation [consequenlhj hruf/'/tn/ 'il nhaiil .W\\\s (|u'ilssoi(Mit ainsi rendus ivels par l'ai-ti vite muscuhûre, c'est une puie accidentelle circonstance, l.e soldat qui demeure à son poste, exposé aux balles, attend également de son inactivité musculaire de désagréables sensations ; cepen- * dant l'action de sa volonté, soutenant cette attente, est identi(pie à celle que l'ecjuiert un pénible eifort musculaire. Ce qui, dans les deux cas, est dur, c'est de faire face à une Idée eoii/n/e réelle,,^

« Le j)oint immédiat de rapj)licalion de l'effort volilionnel est donc exclusivement placé dans le monde mental. Le drame est tout entier mental, hi difficulté est mentale, a tout son objet dans notre pensée. Si je peux me servir' du mcjt /</cc, sans recoui'ir ;uix su*»'i»'estions associalionistes, ou aux fables herljar'tieinies, c'est (pi'il s'agit d'une id(''e à la«pielle la volonté s'appli(|ue elle-même, une idée (jui, si nous la laissons aller, glissera, s'effacera, mais que nous ne voulons pas laisser aller. (Consentir à la pr(''scnce sans partage de l'idée dans l'espi'it, c'est l'accomplissement uni(jue de lelfort. L'unique fonction de l'effort est d'obtenir dans l'esprit ce sentiment de consentement, et, pour y parvenir, il n'y a qu'un moyen : il faut enq^êcher l'ifh'M» de s'échapper, il faut la tenir ferme devant Tespi'it jusfju'à ce qu'elle le remplisse. Ce plein de resj)rit, formé par une idée et par les idées associées qui l'accompagnent, est proprement le consentement à l'idée et au

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lait qirdle représente. Si Tidée est celle d'un mouvement de notre corps, ou Timplique, nous appelons ce consentement laborieusement gagni' une volilion motrice. Car la Nature alors nous seconde immédiatement, et fail suite par un changement extérieur à notre décision volontaire interne. C'est ce rprelle ne fait pour nous en aucun ;\utre cas. Quelle misère que cette nature ne se soit pas montrée plus généreuse, et n'ait pas fait un monde où d'auti'cs j)arties encore auraient été immédiatement sujettes à notre volonté I » ^

W. James, en ce dernier passage, se résout à parler de la communication entre Vaclc vidanlairc et Yaclv ort/d' iiifjffc, comme d'une institution naturell<% (4 non connue d'un accident, et nous ne voyons point alors en (juoi sa théorie s'éloigne de la doctrine de Vltarnnuùc in'n''laltli(\ ou peut en (hlï'érer, si ce \\v>{ {{u'elle ne lient point que le prn'labl'tsscineNt soit un innlrlcnulnisutc. (^'est ainsi que nous aussi, c'est-à-dire avec une semblnl»le réserve, nous tenons la doctrine leibnitieime pour l'expression correcte, philosopliique et scientifique de la vérilt'. toucliant le premier, le fondamental problème de Tordri; de causalité dans le monde. De même (pie, d'un côté, nous constatons physiologicjuement Tindt^pendance de 1 oiganisme, dont les déterminations peuvent ne point sui\ re la volonté motrice cpii compte sur lui pour l'acte physique du mouvement, ainsi, de l'autre, nous reconnaissons, psychologiquement, à la volonté, le libre arbitre, c'est-à-dire le pouvoir original de mettre l'organe en demeure d'agir.

1. W. Janirs. Tlie pr'uiciples of psycliolof/fj, I. II. j». ali'J-ÔGO.

DIGRESSION SUR LA LUiERTi: DE VOULOIR

CHAIMTUE XIX

DICRESSION SUR LA LIREinÉ DU VOl LOlU

La question du libre arbitre doit paraître suffisamment résolue [)ar l'afïirmative, dans les termes de la belle ana- Ivse, dont nous avons du nous borner à indiquer quelques traits saillants, à laquelle \\\ James a soumis l'acte de la volonté. 11 n'a |)as cru cej)endant devoir en traiter complètement dans sa })sychologie, et nous du moins nous sortirions, en la traitant, du sujet que nous nous sommes prescrit ici. Il la i)Ose en ces termes exacts :

« Dans notre expérience de Yr/for/, telle que nous l'avons décrite, nous avons le sentiment de pouvoir faire plus ou n)oins (we /col fts if tvr mi (/lit iinikc mote or less) que nous ne faisons efîectivement à chaque moment. En est-il ainsi réellement ? notre efToi t n'est-il pas une fonction déterminée de toutes nos données ? » La question est débattue entre l'esprit scientifique, demandant à s'appliquer en toutes choses à un svstème de relations fixes, et l'idée naturelle de la possibilité, qui ])ourrait être une illusion mentale. « Ma croyance propre sur ce sujet, dit W. James, est que la question est insoluble sur des fondements strictement psychologiques... La [)révision scientifique, alors môme que l'efTort serait entièrement prédestiné, ne découvrira jamais la manière dont une émergence individuelle se d<''cide. Le champ de la science n'est qu'une partie d'un champ |)lus vaste, imj)énétrable pour elle... Le calcul du rapport des antécédents à l'acte conséquent, pour constater qu'aucun élément non imj)liqué par les premiers n'a pu s'introduire dans le dernier, est au-dessus de toute méthode accessible à l'esprit humain... ^lais si l'amour du parti pris |)révaut sur le goût de laisser les questions ouvertes, ou si, comme l'a dit un philosophe français de génie,

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