‹ Le personnalisme suivi d'une étude sur la perception externe et sur la force [microform]Chapitre 145 sur 211 · Livre lU. Des lois du mouvement · texte numérisé non relu

Livre lU. Des lois du mouvement

LIDI'E DE FORCE AU POLNT DE VUE SGIENTl!- IQIE 359

la nature du corps lui-même, et s'y trouve pour nous impénétrable. Arrêtons-nous à cette dernière idée. Pourcpioi ce principe serait-il à jamais imp('nétrable? évidemment parce (pTon clierciie à en démêler la nature dans les propriétés j)assives di^s corps, les seules dont on a l'habitude de tirer leur d('finition, comme si une qualité essentiellement active ne pouvait pas caractériser les ultimes éléments de la matièi'e. 11 faut, disait Leii)ni//, « que les eiiano-ements naturels des monades vieiment d\in /jrhiripc tiilcntr, puiscjue aucune cause externe ne saurait influer dans son int(Tieur ». (Test bien certainement l'idée, que la commumcation (hi mouvement par le dehors, l'idée de la modification de l'état d'un corj)s. dans l'espace, par l'effet de la modification d'un autre corps en sa propre situation, est incompréliensible, encore bien qu'elle soit la plus nafurelh\ c'est cette idée qui arrête le savant dans la recherche de la définition de la cause. Et c'est pour cela (ju'il aj)pai*tient au psyciiologue de cliercher l'idée de cause hoi's de l'expérience externe, dans la conscience, où s'en trouve |)our nous h^ vrai ty|)c dont nous observons, dans ranimalit('', des foi'ines inférieures, que nous pouvons, par induction, transporter, en les iibaissant de deun'' en deu*ré, jus(pi'au\ êtres inor'ganiques.

La (|ueslion de la force, amenée à ce point, est du ressort des études et des inductions physiologiques, et, plus éminemment, de la crititpie pliilosopliique, juge des notions d'essence et de causalité; mais la (piestion scientifique de la caus(\ (''(^st-à-dire de rem|)loi de l'idée de cause dans les sciences j)liysi(pies, doit dès ce moment être regardée comme n'^solue. La doctrine des essences et des vertus secrètes, des causes formelles, des formes substantielles, étant définitivement répudiée, d'une part, — quoiqu'elle

\. Monadolorfic ^ xi. Le pronom possessif 5o;i, (jui s(^ lapporte sans (loiitr il principe interne es! une ineorreclion ^ninnniiticale. amenée peut-être par la pensée (le rineonimunieahilité logitiue de ees deuxformes de 1///? ; Vinterne, Vejfei'nr.

KTlDi: Sl'R [.A PKIICKI'TK^N IT l. A FORCE

ait «^'ardù de beaux restes dans nos hal)itiides de penser, et, d'une autre part, la recherche expérimentale de la cause d'un phi'noniène étant nianitestenient impossible en tout autre sens que celui-ci : la ta ihH liait /H'rrssairr rf sff//fsa/t((' f/c >v/ /j/ndtK /i<uf. ///(WS f/tfr ICusrnihlv (/l's cdH- (/ititutfi (//fh'rrffc/f/rs^ ntiflli ftli'^, rnfffftirxrs cl indvj'uùiitenl rn/rrssicf's (l(ui!< le /Kfssr^ sont supposées doimées. Il faut se souniollrc au sens phf'noménisie, ainsi di'lini, et se borncH' à 1 Clude des eoinhlious ^ciuiales et dus conditions di'terminantes. C'est la m(''th()(le (jue le lundateur du positivisme a eu le mérlle de reconnaîtr*e comme imposée à la ph\sique, en ces termes : renonciation à la recherche des causes, réduction de In science à la détermination des lois des |)hénomènes.

dette rr*^îe est une reconnaissance et une applicalion du [)rinci{)ede relativité, en même temps qu'un aveu forcT' de rimpuissance où toute investi|j,ation du domaine pliysique est de constater le siège et l'action immf'-diate d'unc^ force ou d'une cause. Mais il ne suit nullement de là, comme le positivisme d Au<j;'uste Comte, arbitrairement, le donnait à penser, qu'il ne puisse exister de vraies forces et de vraies causes dans le monde; car il est pcuniis à la mt-laphysi(|ue et à la j)s\chol()Liie d'en poser de réelles jiai'lout où Ton peut concevoir la suscitaliou d'un acte original suHisant [)our [)roduir(î un changement, sous des conditions données, .sv/y/s y/^r rrl aclr no// pi^ttr n'hi Hrccssfu/r, C vsl'à-iUrc h' xi'iil nassthlc (/f//ts ces r(tinlil n>H< .

CHAPITHK X\l

I/IDKi: DP. CAISK Ai: POINT DE \ l K SCIKMII lOUK

Dans le langage ordinaire, on appelle une cause, et il est facile de comprendre qu'il ne saurait en être autrement.

LA CAi:SK AU POINT DK \VV. SCIKNTIFIQUi: 361

tout acte ou tout événement déterminant un changement défini, pourvu seulement qu'on voie clairement que ce changement a eu lieu //<//• rrl (irtr, que v/y/v rrl nrte ce changement n'aurait pas eu lieu. Et on n'a point en général à se préoccuper, dans ce cas, de savoir si l'acte n'a pas été nécessité par ses antécédents, ainsi qu'il nécessite lui-même ses conséquents immédiats. On sait cependant, sans pouvoir en douter, (pie le plusgrand nombre des actes ou (événements cpii se })roduisent, le plus grand de beaucoup et dans tous les genres, est l'effet nécessaire d'antécédents (pii ont été les effets nécessaires des leurs. Il y a seulement deux circonstances dans lesquelles la croyance commune des hommes est que les séries nécessaires des actes comportent des interruptions en leur continuité, et des transitions ambiguC's; et par là se pose à la métaphysique et à la psychologie la question de découvrir si ces interruptions sont quelque chose de plus que des apparences, et s'il existe réellement des forces et des causes ori^'inales, ou qui ne soient pas i/ilég?'alr///rntG\\GS-mémes des etîets. (Celles-là seules devraient porter pai* excellence le nom de causes.

Remarquons, en effet, que si les séries régressives (dans Tordre du temps) des antécédents directs ou indirects d'un piiénomène quelconque, tous nécessairement déterminés par leurs propres antécédents, forment une série complexe totale i\u\ n'admet à aucun endroit des termes nouveaux, ou relativement initiaux, nous avons, si loin c^ue notre pensée recule, des etîets partout, la cause nous fuit, nous ne trouvons à appliquer nulle })art Fidée que nous pensions en avoir. Dans cette hypothèse, ou bien nous admettrons, pour le système entier des séries, un terme initial, nous attribuerons au monde un commencement, et nous pourrons applicpier à l'origine et à l'entier développement des phénomènes l'idée de cause ; le monde aura imr ratisr ; ou bien nous regarderons les phénomènes comme formant

361» ÉTUDE SI H LA l'ERCKPTION KT ].\ FnHCI.

une série infinie flans le temps passé, et le monde devra nous paraître sn/is ((n/sr. Nous aurons alors à coniprrndre comment il est possible qu'une série interminnbh^ (dans le passé) soit unt3 série actuellement terminée (dans le présent). Mais cette question de logique n'est point ici de notre sujet.

Les deux cas où la commune croyance fait intervenir dans les phénomènes des causes (]ui ne soient pas intégralement causées, — nous disons uilrt/rdlcnicnt parce (pTil faut toujours supposer des (oiHliti(}H< //ntrra/rs^uivv'wuivs données, — sont le cas de Wncidcnl (jui survient, et le cas d'exercice du lihrv (trhiirr. On croit à l'accident, parce qu'on n'imagine pas que la nature des êtres animés, ca[)ables de mouvements spontanés incessamment multipliés et variés, puisse être a^^uj^Hie pour tout acte et à tout moment à des (Iétermination.s précises, solidaii'es de toutes les modifications concomitantes ou ant«''C(''(lentes de tous les êtres de i uni\ers, de tous cl (\r chacun, comme l'exiiicrait la loi niiithématiciue d'un inh'rdrln'tnnnsmr universel, tel (pie Tharmonie [)['éétablie de l.eibnil/. Il le faudrait pourtant, si les lois pn'diHerminantes s'élendaienl à tout et étaieni l(ndes reliées entre elles. Un cr*oit donc à rac(*ident, en toutes sortes de rencontres inopiui'es, dans lesf{U(^lles entrent pour l'achMU'sdes d(''cisions prises par des personnes, parce(pie,en dt'pit de lathéorie qui les l'xprKjue par les coïncidences imprévues de causes mutuellement ind(''pendantes, cjuoifjue séparément nécessaires, on croit natiirclh'mciU, comme à un l'ait empiricpie. à la possibilité des actes Indif/ncHh chez les personnes.

Le cas du libre arbitre est, en un sens, le contraire du cas de rindilTérence: il lui est seml»lai)le par ïi/fé/)n'(:lsi//ilitr de l'événement. Il j)rend place, en ellel, dans le sentiment que l'on a quand on enti'een délibération sur Iti r/fosr à faire, avant de pi*endre un j)arti, ou après l'avoir jjris, de pouvoir ou d'avoir pu prendre le parti contraire, encore

L\ CAfSE AU POINT DE VUE SCIENTIFIQUE ^63

bien que Ton sache qu'on se détermine toujours par un certain motif à prendre le parti que l'on prend.

Si ces deux cas répondent à la vérité des choses, comme il est vrai (ju'ils r(''pondent au sentiment le plus spontané des hommes, il y a des forces et des causes dans la nature, et il y a force et cause conscientes dans l'esprit humain. Le métaj)hysicien ti'ouvera les premières en dépassant par la sjjéculalion à la fois l'ordi'e entier des j)h(''nomènes soumis à l'observation scientifi(jue et à la mesure, et les systèmes d'êtres fictifs, tels quQ /ioi/ffs f/fa/rrirls et ato/jics, que la mécanique rationnelle, d'un coté, la chimie, de l'autre, (h'finissent en vue de théories abstraites. Il envisagera la réalité ultime des éléments des corps en des êtres simples capables de perception et d'action, sous l'empire d'une loi d'harmonie qui relie comme causes et effets leurs modifications spontanées mutuelles. Dès que cette première conception est établie, quelle que soit la conviction du métaphysicien sur la j)uissance des lois et sui* la portée des déterminations nécessaires dans tous les rapports des phénomènes, il bu est licite d'admetti*e des /vv//V>/^s- d'mdi'lrrmfnis)H(\ j)our ainsi parler, dans la vie des éléments inorgani(jiies, et de là dans la vie des organes, partout où les sciences doivent reconnaître que la mesure, toujours cl inrrthddnncN/ diijiro.i ijHdlirc des rapports, laisse des intervalK^s disponibles pour la production de l'accident vital, ou écart de la loi mathématique. Ces intervalles ne sont rien de moins que des espaces, relativement immenses, où se meuvent les êti'cs élémentaires si l'unité de mesure est prise dans l'ordre de leurs propres dimensions.

C'est parce que les forces élémentaires, au sein des composés que leur action forme dans les organismes, sont toujours internes, et non transitives, à l'égard de leurs effets, que ce nom de force leur appartient légitimement. La puissance et la force réelles sont les propriétés des êtres qui en ont le sentiment, tel que le comporte leur degré d'éléva-

KTrni': si f{ i-\ perckption et la fouce

lion de conscience; tandis que la drfinilion de la force, au point de vue déterministe absolu, ou de la srqiicncr invaridhlc, comme à celui de la mécanique abstraite, est une définition vide, et n'exprime que le rapport de Tanlécédent au conséquent dans Tordre du temps. La force réelle est Tacte suscitateur du mouvement, puis des |)liénomènes vitaux, de ceux de la pensée, et éminemment du gouvernement de la pensée, à mesure que la puissance de l'être

auu'mente.

Quand les actes se multi[)lient en se composant, et se coordonnent en cette immense complexité que nous présente le moindre des corps, nous ne pouvons pas plus les rapporter comme effets aux ap^ents individuels, que nous ne pouvons isoler ces derniers, causes réelles des actions cependant. C'est alors que nous envisageons les causes scientifiquement, dans les conditions nécessaires et sullisantes, et observables, de la production des effets. Nous observons, au contraire, immédiatement l<i ( (nf<r, dans la pensée en tant que directrice de ses propres modifications, et créatrice de leurs rapports successifs, tels (ju'ils sont, alors qu'elle peut les rendre dilîérents. Nous reconnaissons, dans la volonté, la force, à ce degré éminenl où nous en j)renons la con.-.cnjjice par la délibération de nos actes internes, et nous la regardons comme la cause de nos mouvements volontaires, parce qu'ils lui font suite dans Tordre normal de la nature. C'est un jmint qui a été discuté plus haut.

La reconnaissance de la force en tant que libre arbitre n'est plus celle de ce domaine indéterminé deTaccident |)ar lequel les sciences sont limitées, faute de pouvoir étendre la mesure mathématicjue au delà de la simi)le approximation, dans la recherche eldans la vérification des lois naturelles; elle doit être l'aveu d'un autre domaine essentiellement impénétral)le à la prévision exacte, et rebelle à la mesure, cjui embrasse les phénomènes les plus importants

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