LA CALSE AU POINT DE VUE SCIENTIFIQUE
de la vie humaine, ceux qui dépendent des actions, des pensées et des croyances des individus, et s'étendent aux fins de Tavcnir [)ar les suites possibles des libres déterminations de l'esprit dans son harmonie et dans ses conflits. Toute philoso|)hie qui n'admet point ce domaine, ou toute science qui ne se limite point afin de le réserver, sont des systèmes auxquels leurs auteurs donnent, contre leur gré, un fond(Miîent iiautement hypothétique, soit qu'ils prétendent les établir à l'aide des sciences, en rejetant tout ce qu'ils jugent n'étie pas positivement scientifique, soit, au contraire, (ju'ils les présentent comme la science me^.,v:, la sci(;nce intégralement constituée, parvenue à son accom- [)lissement.
L'hy|)othèse du positivisme est double : elle est d'abord un déterminisme absolu, qui ne pense pas même avoir à se démontrer, et qui, chez Auguste Comte, a été porté jusqu'à la négation du calcul des [)robabilités, calcul mathématique dans le domaine de Taecident; elle est ensuite un parfait empirisme, acceptant pour les réalités les seules données de la sensation : d'où toutes les hypothèses requises à Tefîet de remplacer par des négations sans preuve, ou par des fins de non-recevoir, les vérités qui n'ont pas pour origine l'expérience des sens. Le positivisme se trouve être ainsi la philosophie (pii pose le moins de ces vérités, autrefois dites positives, et fait le plus d'hypothèses pour les rejeter.
I/ne philosophie qui, comparée à la précédente, est un i)ositivisme imsllif, est la doctrine spéculative qui se prend elle-même pour le résultat de l'expérience accumulée au cours de l'évolution, et qui, se fiant à Thyi)othèse d'une matière ou force universelle, génératrice de la vie et de Tesprit, et en vertu du postulai de l'invariable séquence des pliénomènes, grâce à beaucoup de [)étitions de principe, construit l'édifice de la Science.
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