LES FORCES VIVES, L'ÉNERGIE
effets sensibles delà lumière, de la chaleur ou de rélectricité. La loi ne donne par elle-même aucune garantie sur la distribution des deux ordres de phénomènes. La constance de la somme Aq^^ forces, les unes en acte, et dont les effets sont sensibles, les auti*es en puissance, est seule assurée.
Il faut se rappeler ici que la science n'a jamais en vue que des effets de mouvc^nent, dans la défiintion des actions des forces. En tant qu'actions réelles, ou forces proprement dites, ces forces sont toujours en acte, sensibles ou non qu'elles soient pour nous dans leurs effets. Elles ne tombent elles-mêmes en aucun cas, sous nos sens. Ce sont ces effets, (pii ne sont (ju'en puissance à l'égard de ceHains phénomènes, alors que d'autres effets que nous n'observons pas, ou que nous éprouvons en d'autres manières, sous d'autres formes, sont produits. La force physique réelle, ou énergie, ne se sé[)are pas en deux natures, et ce sont toujours des mouvements qu'elle a pour effets.
Ce grand j)rincij)e du mécanisme universel n'a pas seulement été fornuih' par Leibniz, qui déduisit des découvertes de ( ialilée, et fit valoir contre Descai'tes, la distinction de la r/s nnttrir et de la ([uanlUa^ mol us S et substitua à la thèse de la conservation de la quantité de mouvement celle de la constance de la somme des [(wrcs moffru/i/cs, « autre loi de la nature, (jue je tiens, dit-il, la plus universelle et la plus inviolal)le, savoir, (juU tj a toujours une jKir/aih' ri/uul't(ui entre la cause jdelne et rc/fet entier... Et quoique cet axiome soit tout à fait métaphysique, il ne laisse pas d'être des plus utiles qu'on puisse emplover en physique, et // donne nun/en de réduire les forces à un eulrnl de (/êomêt rie ». Leibniz a fait de plus cette grande observation, jetée en peu de mots, selon sa coutume, et dont le rapport à la question réelle de la force n'a peutêtre pas encore été suffisamment relevé -.
1. Leil)niz. livecis deinonatnUio erroris inemorabilis, olc. Opp. Dutens. \. m. p. 180.
•J. /r/., }lthl.. p. iOl) : Rrpli(picMlt' M. Leibniz à M. rahl)'- de Coiiti.
ÉTUI)!-: sri{ LA l'KRGEl'TlON ET LA KORCL